Comment le RC Lens, club historique du championnat de France, s’est retrouvé à jouer le maintien en Ligue 2 au moment de célébrer une partie de son histoire alors qu’il prétendait encore aux places européennes quelques années auparavant ?

Il y a 30 ans sortait Les Corons, l’hymne de Pierre Bachelet à la gloire des régions minières du Nord de la France. Les supporters Sang et Or, pour beaucoup d’anciens mineurs ou descendants de mineurs se reconnaissent rapidement dans cette chanson et l’intègrent à leur répertoire. Ainsi, elle est traditionnellement reprise par tout le Stade Félix-Bollaert au retour des vestiaires de leurs protégés depuis la disparition de son auteur en 2005 et est devenue en quelque sorte l’emblème du club.

Malheureusement, à l’heure de célébrer ce 30ème anniversaire, le club coaché par vient de terminer à une timide 12ème place en Ligue 2 à seulement 6 points du FC Metz, 18ème.  Il y a 14 ans pourtant, ces deux clubs luttaient pour le titre à l’échelon supérieur jusqu’à la dernière journée de championnat qui voyait Lens ramener un match nul d’Auxerre et ainsi écrire la plus belle page de son histoire une semaine après avoir échoué en finale de la Coupe de France face au PSG de Ricardo. Didier Deschamps soulèvera la Coupe du Monde 2 mois plus tard. Une autre époque…

L’année suivante, les Lensois remportent la Coupe de la Ligue avant de s’incliner en demi-finale de la coupe de l’UEFA en 2000 face à Arsenal. Lens figure régulièrement en première partie de tableau de Ligue 1 jusqu’en 2007. Après une belle saison, Francis Gillot démissionne et le président choisit Guy Roux pour lui succéder. Celui-ci retrouve le banc 2 ans après avoir quitté celui d’Auxerre.

Même si quitte le club, la campagne de recrutement promet pourtant une belle saison. Cet été, B. Kalou, Akalé, Mangane, Aubey, Sablé, Pieroni et Runje notamment débarquent au centre d’entraînement de la Gaillette et le RCL fait figure d’outsider pour le titre avec Guy Roux aux manettes. Mais après 8 journées, les Sangs et Or ne comptent qu’une victoire à leur compteur et le technicien quitte le club par la petite porte. Papin le remplace mais ne parviendra pas à redresser la barre et n’empêchera pas la relégation en Ligue 2 malgré un budget conséquent. Cette année aura un impact considérable sur l’avenir de Lens. Le club remonte l’année suivante mais peine à se maintenir et redescend après 2 saisons.

Fin juillet, les lensois vont entamer leur 2ème saison consécutive en Ligue 2, incapables de remonter dès la première année. Cette reprise se fera sans Gervais Martel, le président historique, contraint de quitter son club de toujours sous le poids des dettes. Il œuvre pourtant jusqu’à la fin pour réunir les 9 millions d’euros nécessaires afin de racheter les parts détenus par le Crédit Agricole Nord de France, actionnaire majoritaire du club nordiste. Il n’y parviendra pas à temps… Confronté à la gestion de plus en plus difficile d’un club à structures surdimensionnées pour la Ligue 2, celui qui sera resté à son poste pendant 24 ans passe donc la main tout en restant actionnaire minoritaire de son club de cœur. Selon ses proches, il serait aujourd’hui ruiné après avoir investi dans le club en fonds propres. Quand la passion dépasse la raison…

Dans une ambiance lourde, la banque nomme pour le remplacer. Souvent présenté comme le pompier de service des clubs en difficultés financières, ce dernier est loin d’être un inconnu dans le monde du ballon rond puisqu’il devient dirigeant d’un cinquième club Français ! Il est notamment à l’origine de la reconstruction du LOSC, le voisin nordiste devenu une valeur sûre en Ligue 1 et sur la scène européenne. C’est très certainement un spécialiste pour gérer des situations délicates mais aux yeux des supporters, il n’a pas la « fibre Lensoise » comme son prédécesseur.

Dans la foulée, ce dernier nomme nouveau Directeur Sportif en remplacement de Jocelyn Blanchard. Cet ancien attaquant du club, d’origine polonaise et issu d’un milieu ouvrier s’est montré sensible à la proposition du nouveau président car il s’identifie aux valeurs du club. Dayan lui a ainsi donné les pleins pouvoirs sportifs, des débutants aux professionnels pour tenter de redonner au club les valeurs qui ont fait son succès par le passé.

Pour donner un nouvel élan au RCL, Sibierski pourra s’appuyer sur un bon centre de formation. Ce dernier vient tout juste d’être désigné 5ème de l’Hexagone dans le classement de la FFF qui vient de paraître. Pas mal pour le 12ème de Ligue 2 qui a sorti ces dernières années Varane, Kakuta, Taarabt, Nolan Roux, Monnet-Paquet ou encore Aurier. A lui et à Jean-Louis Garcia de faire confiance aux jeunes tout en les intégrant à l’équipe première et éviter qu’ils partent trop tôt. Pour cela, il faudra vite remonter en Ligue 1.

Côté finance, le budget du club a lourdement chuté depuis la dernière descente en Ligue 2. Après le passage du club devant la DNCG, Antoine Sibierski se montre tout de même confiant quant à la décision de l’organe de gestion de la Ligue : « Ce ne sera pas le grand luxe en matière de recrutement mais on devrait logiquement pouvoir faire un ou deux joueurs. Il n’y a pas en tout cas de menace directe sur la gestion lensoise du moment ». Le budget du club devrait s’élever aux alentours des 25 millions d’euros pour la saison à venir. Bien peu pour un club qui présentait un budget presque 3 fois supérieur il y a 5 ans à peine.

Et les supporters dans tout ça ? Ils sont bien évidement très impactés par le départ de Martel mais n’ont pas d’autre choix que de faire confiance à la nouvelle direction. Beaucoup sont agacés par le comportement de certains joueurs qui jouent « avec le frein à mains » selon eux et qui ne se battent pas pour obtenir la victoire. Une chose est certaine, si les joueurs reviennent à l’esprit du club et donnent tout ce qu’ils ont pour le maillot Sang et Or, ils pourront compter sur 25.000 personnes à chaque match à Bollaert. Tout le peuple du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, désormais inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, n’attend que ça pour s’enflammer, porter son équipe et l’aider à remonter la pente le plus vite possible.

Au nord cétait les Corons, la reconstruction du RC Lens

Ce public mérite un club en L1

Sam Rouet

Sam Rouet
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