Deux mois de quasi-trêve. Il fallait bien trouver le moyen de s’occuper, à défaut de compétition. En vacances à Bastia, peu de chances de voir un cheveu de la tignasse de Rothen ou de Toifilou. Il ne restait plus que la lecture pour servir de parasol, ou à défaut de divertissement.

Le titre du livre annonce la couleur. Ca ne va pas parler « permanente » et « vernis à ongles ». Avec ce livre, Mathias C. nous offre une autobiographie sur son passé de hooligan parisien : les origines, l’évènement qui a tout fait basculer, celui qui a tout fait arrêter et le constat.

Après avoir lu ce livre, je livre mon bilan : ne vous attendez pas à 250 pages de débats sportifs. Le football n’est qu’anecdote dans ce livre qui représente plutôt une critique et un constat social. Mathias, 36 ans, n’hésite pas à dresser le portrait des cités qu’il a vu changer tout comme son club de coeur. Son grand frère, déjà très impliqué dans le groupe antiskin des « Black Dragons » va faire changer le cours de sa vie : de petite main, il sera impliqué dans toutes les grandes batailles ethniques de son club, tout en étant à deux doigts d’y passer un soir de fight.

«Je ne regardais plus le match mais les tribunes à la recherche de partenaires de combat. Je voulais m’affranchir de ma peur. Et la meilleure manière, c’est de l’affronter en se confrontant à la douleur physique pour se réapproprier son corps et sa vie.»

Si le livre n’est pas particulièrement bien écrit, utilisant trop souvent le « parlé », l’auteur a le mérite de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière des problèmes hooligans en France avec notamment le coup de force tenté par le président Leproux et l’implication du club dans le drame social de la capitale. En feuilletant le pages, on sent une violence verbale crescendo et un rejet de toute forme d’autorité, aidé par les partis politiques du moment et leurs officines. La bulle du supporter parisien des années 90/2000 semble complètement isolée de la vie du parisien classique avec ses galères et ses rares moments de joie improvisés. Marseille et Tapie (que l’auteur déteste depuis le premier jour) ont une place de choix, comme la Juventus de Turin qui dominait le hooliganisme européen. Souvenez-vous du drame du Heysel…

Ce bouquin est à associer à l’excellent documentaire PARC sur l’histoire du Parc des Princes, qui ne peut s’empêcher de parler des deux virages Auteuil et Boulogne.

Présentation

« Je suis hooligan, noir et patriote. J’ajoute que j’ai fréquenté les Black Dragons, l’une des plus violentes bandes anti-skins de l’Hexagone. J’ai été en guerre très longtemps. Et cette guerre a failli me coûter la vie un soir de fight ». Le récit saisissant et fascinant de Mathias C, un ancien hooligan ! « Moi, j’aime avant tout le foot. Le Stade, c’est chez moi. Et ce stade, c’est comme le miroir d’une société aux relents nauséabonds. C’est le reflet d’un communautarisme grandissant, le laboratoire de la banlieue. Car à travers nos conflits et leurs interactions sur la vie sociétale, c’est de la France d’aujourd’hui et de demain dont il s’agit… »

Hooliblack est disponible depuis octobre dernier pour 16€ environ chez Hugo Document

Critique du livre Hooliblack de Mathias C.

 Paris Saint-Germain> Voir toute l'actualité du club
Sébastien Couix

Sébastien est plongé depuis plus de 20 ans dans le football, à tel point qu’il est devenu arbitre de football. Débarqué sur Panam' avec les prétentions d'un Pancrate, il préfère maintenant cracher son venin sur son blog. Vous êtes dessus !

Sébastien Couix
Angleterre
Espagne
Italie
Allemagne
France
Partager cet article par email










Submit