A la sortie de la 2nde guerre mondiale, les préoccupations étaient assez éloignées du football. Le marché du bunker atomique allait connaître une croissance extraordinaire avec la Guerre Froide. Un éclair de lumière allait faire oublier tout cela. Marilyn Monroe, l’égérie du capitalisme américain, allait donner le coup d’envoi du plus capitaliste de tous les matchs amicaux entre les stars du championnat national (ASL) et l’Hapoel Tel-Aviv.

Le match s’est déroulé à l’Ebbets Field de Brooklyn (New-York) en mai 1957. De son contenu, on ne retiendra rien. Les américains ont réuni leur plus belle brochette de stars. Les israéliens remportent ce match de gala ennuyeux par un score fleuve (6-4), histoire de ne pas occulter le vrai objet de la partie : une campagne de communication pro-israélienne bien ficelée à la sortie de la crise du Canal de Suez la même année 1957. Parce que bon, c’est bien beau le football, mais la politique avant tout.

En réunissant une équipe de bric et de broc, les israéliens ne devaient pas se prendre de dérouillée tout de suite. Ainsi, leur tournée américaine finira par deux échecs « encourageants » mais « pas trop » (deux défaites 3-2 et 2-1 contre les Uhrik Truckers et le Celtic Glasgow). Les USA et Israël allaient ensuite traverser un vide footballistique de presque 40 berges et l’arrivée de Luis Fernandez à la tête de l’équipe d’Israël. Triste.

Il ne fallait pas arriver en retard au match

Les médias avaient tout prévu. Comment faire venir des pécors pour un sport que personne ne connait pour voir deux équipes qui ne savent pas enchaîner 3 jongles ? Ramener de la star. A grands coups d’affiches et de camions à glaces magnifiquement décorés, les organisateurs arrivent à tasser 40 000 personnes dans le vieillissant stade de baseball, définitivement trop grand pour le football.

Marilyn Monroe est au top de sa carrière. Elle vient de tourner « Le prince et la danseuse » (repris plus tard par le duo Gerrard / Suarez) et y va de son show habituel : tour du stade en voiture décapotable (et pas la dernière Fuego électrique hein, la bonne vieille Cadillac à 25 litres aux 100), sourire extra bright, regards en coin pour mater du joueur de football et bouquets de fleurs qui puent. Il faut se rappeler qu’en 1948, c’était la mode du soutien-gorge en forme d’entonnoir inversé. Et ça, la Marilyn, elle maîtrisait grave.

Poursuivie par les paparazzi, elle est désignée pour donner le coup d’envoi fictif. La belle dame y va d’un beau pointu, à deux doigts d’arracher la tête de Culligan (appelons-le ainsi) pour qui c’est le premier jour de travail au canard du coin. Pire, Marilyn Monroe se foule 2 orteils en shootant dans ce fichu ballon, immédiatement condamné à mort par injection létale (le ballon, pas Marilyn). Il faut avouer que le crampon de 8 centimètres pour jouer au football, c’est diablement érotique mais particulièrement dangereux.

Sébastien Couix

Sébastien est plongé depuis plus de 20 ans dans le football, à tel point qu’il est devenu arbitre de football. Débarqué sur Panam' avec les prétentions d'un Pancrate, il préfère maintenant cracher son venin sur son blog. Vous êtes dessus !

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