Le Mans est au plus mal en Ligue 2. Premier reléguable, le club sarthois aux ambitions de montée tente de sauver une saison déjà à oublier. Malheureusement pour eux, la construction de leur nouveau stade est venu couper leur belle entreprise de stabilisation dans le professionnalisme.

Tous les clubs français qui font construire un nouveau stade connaissent un passage à vide dramatique. Le nouveau stade d’Istres n’a pas eu le temps de voir beaucoup de matchs de Ligue 1, celui d’Amiens se rappelle plutôt du National. La raison ? Le budget de la construction est assumé en partie par le club qui, même s’il espère un retour sur exploitation de sa structure, sacrifie une bonne part de son budget de fonctionnement sur l’autel du développement. En vue de l’Euro 2016 et notre profond retard sur nos voisins européens, c’est sans doute un mal pour un bien.

[pullquote]Le Mans FC expulsé de son stade ?[/pullquote]Le Mans ne pense pas forcément la même chose. Comme pour le Stade de France, le stade a été cédé sous forme de concession à Le Mans Stadium, filliale de Vinci, pour 35 ans. Ces derniers, pour se protéger d’une éventuelle perte de visibilité en cas de descente en National, ont signé un contrat stipulant un remboursement partiel de l’investissement en cas de descente en National de l’équipe résidente, Le Mans FC en l’occurence. Actuellement, la ville du Mans apporte une contribution forfaitaire annuelle de 1,35M€ à Vinci. Le constructeur demanderait alors plus de 2M€…

Vinci avait participé au financement de 50 des 102M€ du coût de la construction du stade. En étant premier reléguable, le président du Mans doit avoir quelques soucis pour trouver le sommeil.

Le groupe de construction se rémunère grâce aux recettes des évènements organisés. La chute du nombre de spectateurs qui accompagnera la descente du club serait dramatique, le Mans Football Club versant chaque année à Le Mans Stadium une redevance indexée pour partie sur la fréquentation du stade en plus de la somme fixe de 700 000€.

Le risque pour le club de football local ? Être expulsé de son propre stade pour laisser place à des évènements plus lucratifs. Initialement, Vinci avait prévu de consacrer le MMArena à 80% au football.

La ville du Mans, propriétaire du stade, refuse catégoriquement d’imaginer une issue négative, même si des rumeurs sur un retour à Léon-Bollée circulent en cas de conflit prolongé avec Vinci.

Du côté des Mutuelles du Mans Assurances, à l’origine du nom du stade via un principe de naming inédit en France, c’est le silence radio. Ils ont tout de même investi 3M€ à la construction et 1M€ par an sur 10 ans pour associer la marque.

Un rapport d’Eric Besson sur la compétitivité des clubs français en 2008 et plus particulièrement de leur stade est disponible en consultation. Elle peut vous éclairer sur la modernisation de la rentabilité des nouvelles enceintes sportives, basées sur le modèle allemand (naming, …).

L'anecdote de la mort

En 2008, l'inauguration du stade avait du être reportée à cause de problèmes de charpente en provenance de Grèce. Vinci avait déjà du remettre la main à la poche...
Sébastien Couix

Sébastien est plongé depuis plus de 20 ans dans le football, à tel point qu’il est devenu arbitre de football. Débarqué sur Panam' avec les prétentions d'un Pancrate, il préfère maintenant cracher son venin sur son blog. Vous êtes dessus !

Sébastien Couix
Angleterre
Espagne
Italie
Allemagne
France
Partager cet article par email










Submit