L’édito décalé

Peut-on encore parler de concurrence dans le football ?

La semaine dernière, les joueurs de Huesca (3ème division espagnole) ont explosé de joie en apprenant le tirage de Barcelone au prochain tour de la Copa del Rey. Une effusion de joie qui est belle à voir mais qui embarasse la logique sportive. Comment une équipe peut espérer remporter une confrontation aussi importante (beaucoup de clubs de petites divisions espagnoles parient sur la coupe nationale pour renflouer les caisses) en réfléchissant déjà à l’échange de maillots avec Messi et ses copains ?

Si certains joueurs auront la possibilité de se montrer dans un stade de 5500 places chauffé à blanc, on est loin des tirages qui laissaient présager une lutte acharnée pour « Goliath rendant visite à David ». Sans compter les abonnés habituels de Huesca qui porteront sans doute le maillot de Barcelone ce 3 décembre. Leur chant « Qu’est-ce que j’ai peut d’être de Barcelone et de venir à Huesca » n’y changera rien, c’est avec des yeux d’enfant qu’il verront les Catalans enchaîner les passes.

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Le désespoir de nos enfants stars

« C’était onze hommes contre onze enfants. (…) En football, ce n’est pas le tout de bien jouer au ballon. Il faut gagner des titres ». Cette citation célèbre de Patrice Evra après le succès de United contre Arsenal en demi-finale de la Ligue des Champions 2009 peut tout aussi bien s’appliquer aux Espoirs tricolores. Sur le papier, les Bleuets avaient pourtant de quoi faire rêver, autant que la génération éliminée en Norvège 5-3 il y a deux ans (quelques jours après la fameuse virée nocturne qui provoqua la suspension de M’Vila, Griezmann…) qui comprenait aussi Varane, Mangala, Corchia, Guilavogui, Cabella ou encore Lacazette.

Battus en Suède 4-1 après avoir gagné 2-0 à domicile, les Bleuets ne verront pas l’Euro 2015. Tant pis pour cette énième génération dorée composée de joueurs déjà aguerris à la L1 (Thauvin, N’tep, Imbula, Kondogbia, Umtiti, Areola…) ou même à la Liga (Laporte). Impossible de remettre en cause le talent individuel de gamins tous promis à un bel avenir, mais comment ne pas pointer du doigt leur manque de maturité, d’intelligence de jeu et de mental. Notre formation forme, a priori, de bons footballeurs mais peut-être pas des hommes bons. Celui qui symbolise cette fois les critiques, c’est Kurzawa, clairement coupable sur le premier but encaissé mais auteur de la réduction du score à 3-1 à la 87e et qui s’est permis de chambrer des adversaires, qui lui ont rendu la pareille deux minutes plus tard… Sans aller à le qualifier de « débile » comme l’a fait Raymond Domenech, expert en coaching de joueurs irréprochables, quelque chose cloche chez nos jeunes et il serait bien de leur dégonfler le melon. Histoire de ne pas gâcher la réconciliation nationale opérée par leurs aînés.

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PSG : le syndrome Montpellier 2012

Tout réussit à l’Olympique de Marseille en ce moment. Les Olympiens caracolent en tête de la Ligue 1 avec 7 points d’avance sur Paris. Un PSG déjà distancé donc alors que les grandes échéances européennes n’ont pas encore commencé. En 2012 déjà, le nouveau riche avait eu à faire à une équipe en pleine bourre : le Montpellier de René Girard, Olivier Giroud, Younes Belhanda et Henri Bedimo

A l’époque, d’aucuns pensaient que la surprenante équipe héraultaise allait flancher. Elle n’était pas taillée pour tenir la cadence et résister à la pression. Et pourtant, Montpellier a tenu pendant que le PSG ne sortait même pas des poules de l’Europa League et n’avait plus que la L1 à disputer.

Qui peut penser alors que cette année les Marseillais vont craquer, eux qui un effectif pour jouer l’Europe tout en n’ayant que la Ligue 1 à assurer ? Visiblement, les Parisiens commencent à murmurer que l’écart de sept points commence à leur donner des sueurs froides. Et ils ont bien raison, alors qu’ils sont plus ambitieux que jamais à l’échelle européenne, car battre deux fois Marseille ne leur serait même pas suffisant si les deux équipes conservent le même rythme.

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On se fait la belle ?

Un non-match ou une défaite écrasante, cela arrive malheureusement à de nombreux clubs. Dans notre Ligue 1 2014/15, Reims ou Rennes, défaits 0-4 et 0-3 par Marseille et Toulouse lors de la dernière journée, aimeraient probablement avoir le droit de rejouer la partie.

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Les Portugais et les Russes sont plus forts que nous

10-0, c’était le score du match France-Azerbaïdjan en septembre 1995. 19 ans après, Saint-Etienne arrache un nul 0-0 grâce à un très bon Stéphane Ruffier chez le Qarabag Agdam. Christophe Galtier avait pourtant aligné la meilleure équipe possible. Il n’y a donc plus de petites équipes en Europe ou est-ce la France qui stagne, voire régresse ?

L’important n’est pas de participer mais de ne pas perdre. Telle pourrait être la devise des entraîneurs de Ligue 1. Notamment celle de René Girard qui a bâti une équipe solide et solidaire à Lille, une formation suffisamment forte pour s’installer sur le podium du championnat. Au niveau européen, cela ne suffit pas car les adversaires sont aussi solides et rigoureux tout en ayant un niveau technique largement supérieur. Cela s’était vu logiquement contre Porto, un habitué des joutes en Ligue des Champions, et peut-être de manière un peu plus surprenante contre Krasnodar.

Le point commun entre les Russes et les Portugais ? Avoir des internationaux du pays et des sud-américains virevoltants capables de jouer vite, de combiner, d’éliminer. Pour inverser la tendance ou au moins freiner la décadence des résultats des clubs français en Europe, la L1 manque peut-être plus d’idées que de pétrole. Plus que le manque d’envie de bien faire, nos clubs doivent essayer de perdre la peur de mal faire, se libérer et essayer de former/recruter des profils plus techniques.

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Le football est-il si prévisible ?

Paris, Lille et l’OM sur le podium de L1, voici les prévisions de l’Observatoire du football, un groupe de recherche faisant partie du Centre International d’Etude du Sport basé en Suisse. S’appuyant sur différentes données comme le statut des joueurs, la cohésion de l’effectif et l’ambition des clubs, il annonce aussi les futurs rélégables : Nice, Caen et Lens en France. Que faut-il penser de ces analyses qui sacrent également Chelsea, le Barça et la Roma dans leurs championnats respectifs ?

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La fin du mercato, c’est pas trop tôt !

Enfin, la période estival des transferts est terminée. Après quatre journées de championnat en France et les barrages de Coupe d’Europe, les effectifs vont enfin se stabiliser… pour quatre mois, jusqu’au mercato hivernal.

Durant cet été où les agents s’en mettent plein les poches et où les joueurs changent de club de cœur à chaque nouveau 0 sur le chèque, les coachs tremblent de perdre leur star ou piaffent d’impatience de piquer celle du rival. Et dans ce torrent de chiffres (plus de 3 milliards d’euros pour 1164 transactions) où la hype et l’appât du gain prennent le pas sur la logique sportive, quelques clubs ont fait très forts.

Citons le dernier à avoir marqué l’ultime journée : Manchester United qui s’est fait prêter Falcao tout en prêtant son supersub Hernandez au Real et en vendant son jeune international, formé au club, Welbeck au rival d’Arsenal. Un raisonnement implacable, comme celui du Real Madrid qui vend un de ses meilleurs joueurs de la saison (Angel Di Maria… à MU) pour recruter la hype du Mondial, James Rodriguez. Et il y a ceux aussi qui en profitent pour faire la grande braderie à l’image de Monaco chez qui tout devait disparaître ou encore de Lyon qui a été moins performant en perdant seulement deux joueurs importants (Gomis et Briand), sans même faire semblant d’essayer de recruter pour les remplacer.

On en viendrait presque à souhaiter que plus de clubs se retrouvent dans le cas de Lens, dans l’impossibilité de recruter, pour donner un peu plus de stabilité au paysage footballistique.

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Didier Deschamps et le gala mérité des mondialistes

Quand Didier Deschamps a annoncé la liste des joueurs sélectionnés pour les rencontres face à l’Espagne (4 septembre au Stade de France) et la Serbie (7 septembre à Belgrade), ma première réaction a été :  » Quoi ! Encore Patrice Evra alors que son niveau est déjà discutable et qu’il aura 35 ans en 2016 ? Steve Mandanda sélectionné malgré son opération portes ouvertes dans le but marseillais ? Et que font ces joueurs remplaçants en club (Bacary Sagna, Mamadou Sakho) ou qui n’ont pas repris la compétition (Paul Pogba)… » Puis Didier Deschamps s’est exprimé. Il a reconduit son groupe des Mondialistes, sans Mickaël Landreau (retraité) et Olivier Giroud (blessé), logiquement remplacés par Mandanda et Alexandre Lacazette qui étaient dans les 30 pré-convoqués.

Alors on peut voir le verre de la Coupe du Monde à moitié plein (défaite en quarts contre les Champions du Monde) ou à moitié vide (service minimum en battant des adversaires moyens), toujours est-il qu’il est impossible de nier que ce séjour brésilien a fait du bien au football français. C’est donc logique de permettre à ce groupe de communier avec son public pour acter la réconciliation à la maison. Avec des matchs amicaux jusqu’à l’Euro 2016, Didier Deschamps aura tout le temps de peaufiner son groupe. Mais par contre, il sert à quoi le deuxième match en Serbie ?

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OL, ASSE : l’Europa League ne les intéresse pas

Une compétition qui rapporte peu (le vainqueur gagne autant que les pires équipes de la phase de groupe de la Ligue des Champions) et qui coûte beaucoup d’énergie avec ces matchs exotiques le jeudi soir. Voilà ce que pensent sans doute la plupart des clubs français de l’Europa League. Au diable le prestige européen et le parfum de joutes de haut niveau pour lesquelles il faut souvent attendre et atteindre les huitièmes, voire les quarts de finale. Saint-Etienne s’est incliné 1-0 chez Karabükspor en barrage, ce qui n’est pas dramatique en soit mais les Stéphanois s’étaient aussi inclinés 4-3 à Ejsberg l’an dernier… avant de perdre à nouveau à Geoffroy-Guichard au retour. Les Verts ont été éliminés comme Nice contre l’Apollon Nicosie la même année et peut-être comme Lyon cette saison. Les Lyonnais ont été surpris à la maison (1-2) par une modeste équipe roumaine (FC Astra). Le plus inquiétant pour ces deux rivaux, c’est d’avoir perdu avec la meilleure équipe possible. Allez, et même s’ils renversent la vapeur au retour, feront-ils mieux que Bordeaux (2013/14), Marseille (2012/13) et Paris (2011/12) qui n’ont pas daigné franchir les groupes ? Sur les quatre dernières saisons, les performances de Lille (16e de finale contre le PSV) et de Paris (1/8e contre Benfica) en 2011, de Bordeaux (1/8e contre Benfica) en 2013 et de Lyon en (1/4 contre la Juventus) en 2014 font presque figure d’exceptions.

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