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Scènes de guerre et corruption au Tadjikistan

Vous comptiez assouvir votre passion du football au Tadjikistan ? Mauvaise idée. Le football local est laissé à l’abandon au milieu d’un pays en proie à une corruption généralisée et des règles de sécurité innexistantes. La preuve avec ce match de championnat entre le FK Istaravshan et Energetik Dushanbe.

Si les 80 premières minutes se sont bien déroulées, un but accordé par l’arbitre a rapidement mis le feu aux poudres. Ce dernier a été obligé de sortir deux cartons rouges pour renvoyer aux vestiaires des joueurs qui contestaient la validité de ce but. Roué de coups par les visiteurs, le public a ensuite envahi le terrain, bien aidé par des policiers aussi nombreux qu’efficaces. Le match a ensuite été arrêté une fois les joueurs en sécurité dans des vestiaires tout de même retournés par un public déchainé.

La fédération a rendu son verdict : le joueur du Energetik Dushande qui a agressé l’arbitre, Safarhona Mirzoyev, a été suspendu 1 an (+ amende). D’autres joueurs ont pris jusqu’à 10 matchs de suspension. Le stade a été suspendu pour 2 matchs pour manquements aux règles de sécurité. Malgré des sanctions disciplinaires courageuses les années précédentes pour des faits similaires, ils se reproduisent. C’est à se demander si cela ne profite à certaines personnes.

Le football tadjik est digne des grandes heures du football nord-coréen. Le président de la fédération tadjik n’est autre que le fils du président, Emomali Rustam, qui possède au passage le club de la capitale, le Istiqlol Dushanbe, vainqueur des deux derniers championnats. Emomali Rustam n’avait par ailleurs pas hésité à débaucher l’entraineur de son club, Pulod Qodirov, pour le poste de sélectionneur national. Autant faire local.

On comprend maintenant pourquoi beaucoup de joueurs tadjiks préfèrent s’exiler… en Iran pour poursuivre leur carrière.

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