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Christian Jeanpierre : « Je suis un amateur, celui qui aime aimer »

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Christian Jeanpierre : « Je suis un amateur, celui qui aime aimer »

C’est lors de la présentation de son livre « 48 2/3 » (ce qui correspond à sa pointure pour ceux qui se le demandent) aux éditions Les Arènes que j’ai pu partager un instant avec , commentateur sportif de TF1 qu’on ne présente plus. Comme écrit dans notre article, il fait part des rencontres marquantes de « CJP », et des destins exceptionnels de ces personnalités qui nous offrent des leçons de vie dont il faut s’inspirer. De son propre aveu, il ne sort un livre « qu’une fois tous les 50 ans, donc à priori ce sera le seul !« . Rencontre avec cet « amateur, celui qui aime aimer. » 

Pourquoi avoir écrit ce livre maintenant, à ce moment de votre carrière ?

Christian Jeanpierre : Une discussion avec Arsène Wenger. Je partage plein de choses avec Arsène, quand on est dans les avions etc, et je lui ai dit « voilà, j’ai rencontré plein de gens étonnants… » et Arsène m’a dit que c’était une super idée. « Vas-y en toute confiance« . Je me suis lancé avec Arsène, on a fait des heures d’entretiens, et une fois que j’avais un premier chapitre avec Arsène, je me suis dit que je pouvais vraiment tenir une série. Et l’éditeur, Laurent Beccaria via Les Arènes, m’a conforté dans ce sentiment là. Et l’aventure est née de cette histoire avec Arsène. Parce que la vie, ce sont les rencontres. Et la richesse de nos vies, c’est vraiment d’aller vers les autres. On n’a pas des vies cabossées, on n’a pas des vies extraordinaires. En revanche, on croise des gens hors du commun et l’idée c’est de partager ces rencontres hors du commun.

Justement, vous racontez les autres quand certains journalistes sportifs parlent plutôt d’eux ou de leurs réflexions. Pourquoi est-ce que vous vous avez préféré parler des autres plutôt que de votre propre carrière ?

Parce que la richesse c’est les autres ! Parce que je pense justement que ma richesse, c’est d’avoir accès à ces gens là. Quand tu lis la vie du Comte de Bouderbala ou de Kad Merad, c’est des films à Hollywood qui pourraient être adaptés. Et ça le sera peut-être un jour. C’est des vrais parcours de vie et je suis vraiment touché par la manière dont ils ont raconté leurs histoires. L’idée, c’était de les mettre en avant, c’était de bien faire comprendre que nous, là-dedans, on est juste des passeurs d’émotions mais que c’était leurs vies qui étaient importantes.

Ça montre aussi que vous êtes très ouverts et que vous ne vous prenez pas pour une superstar.

Oui, ça c’est la base. Ça c’est le conseil que je te donne. Deviens pas fou parce que c’est trop con, parce que tu passes à côté de belles choses. Tu vois le discours d’Anne-Dauphine ce soir, quand tu liras son passage, c’est d’une puissance phénoménale. Arsène l’a lu il m’a dit « c’est très fort« . Franchement il faut garder les pieds sur terre parce que … d’abord parce qu’on est que de passage, dans nos métiers comme sur la Terre. Ça peut aller très vite, malheureusement les événements récents l’ont prouvé… Moi, je suis issu d’une famille nombreuse et l’idée, c’est le partage.

Vous êtes plutôt discret en dehors des plateaux. C’est quoi votre vie au quotidien ?

C’est une vie qui démarre super tôt ! Je suis vraiment du matin. Tu vois ce bouquin je l’ai vraiment écrit à 5h du mat’. Généralement, je fais du sport le matin très tôt quand tout le monde dort. J’ai besoin de courir le matin ou de faire du sport, et ça me permet de visualiser plein de trucs. J’ai mes petites habitudes maintenant et quand je cours je vois plein de trucs. Donc du sport tous les matins, ça c’est le truc de base. Et après c’est des vies pleines parce que le combat de Téléfoot qu’on mène cette année est un combat ardu. Il y avait encore 1,6 millions de personnes à 11h50 dimanche dernier mais pour arriver à ce résultat là, alors qu’on a plus les droits, c’est une remise en cause permanente. C’est une vie pleine mais c’est une vie de passion, c’est pas du boulot. Et avec un peu de temps pour les gamins et quand j’ai le temps je fais de la musique (il est batteur, ndlr).

J’ai pu lire « Vert de rage » de Jean-Michel Larqué, il parle de Thierry Roland avec beaucoup d’affection. C’est quelqu’un d’important pour vous.

Thierry c’est celui qui m’a accueilli à Téléfoot. Mon premier plateau il me dit: (imitant) « Ah, Christian Jeanpierre, bonjour ! Ça fait beaucoup de prénoms pour un seul homme ! ». Il s’appelait Thierry Roland ! C’est mon premier plateau à Téléfoot et il m’a toujours filé plein de conseils, il a toujours été super cool, il savait que j’aimais le foot, que j’aimais le rugby et je lui dois beaucoup. Je dois beaucoup aussi à la génération Pierre Albaladejo.

Vous êtes amené à côtoyer beaucoup de footballeurs. Est-ce que les stéréotypes qu’on a d’eux sont plutôt exacts ou au contraire ils ont plutôt bien les pieds sur terre?

Je suis toujours très triste quand je vois les histoires qui sortent, malheureusement. L’affaire Benzema-Valbuena elle est triste au possible. Le seul message que je voudrais faire passer, c’est que là-dedans ya des mecs vachement biens. Tu passes une soirée avec Steve Mandanda … Steve il a sa place dans toutes les équipes de rugby du monde, même chez les Blacks ou les Australiens. Ce sont des mecs en or. Raphaël Varane, Anthony Martial, Kingsley Coman… la nouvelle génération qui débarque elle est chouette et je suis toujours emmerdé quand on fracasse les footballeurs sur un fait divers. Alors évidemment, ya des mecs qui font des choses pas biens. Je suis pas en train de te dire que ce qu’il s’est passé c’est bien. Mais ya des mecs vachement biens dans le foot et je défends ces mecs là. J’ai des liens précis, j’adore Steve Mandanda, j’adore Hugo Lloris. Ya des mecs supers et j’essaye de les mettre en valeur le plus possible.

Messi, on dit « il est fermé » et tout… ok c’est pas Ronaldo. Mais c’est un mec qui voit tout.
Christian Jeanpierre

Retour au livre. Vous avez rencontré des personnes de toutes les générations et de tous horizons. C’est quoi les différences entre le football et les autres disciplines ? Entre la façon d’être d’un Messi et celle de Malek Boukerchi ?

Ils ont déjà plein de points communs. Le point commun de tous ces gens qui sont dans le livre … ce sont des artistes de la vie. Arsène Wenger, Lionel Messi, ce sont des mecs totalement hors du commun. Arsène qui peut avoir l’air austère est un mec très drôle, extrêmement généreux avec les jeunes. Tu passes une soirée avec lui, tu comprends le football différemment en une seconde et demi. Et même contact avec Messi quand il est venu chercher son Ballon d’Or à Téléfoot. J’ai passé une journée avec lui, j’avais l’impression de passer une journée avec un cadet. Et ça, tu peux pas savoir ce que ça me touche. On dit « il est fermé » et tout… ok c’est pas Ronaldo. Mais c’est un mec qui voit tout. Ces mecs là sentent les atmosphères et sont différents par ça. Mais tous les sportifs de haut niveau sont différents. Ils ont tous un truc en plus.

Ce qui frappe dans toutes ces histoires, c’est qu’ils passent tous par énormément de détermination et de travail, et c’est quelque chose qui s’est un peu perdu aujourd’hui chez les jeunes, autant dans le sport que dans la vie.

Mais ouais … Arsène Wenger m’a fait le plus beau compliment. Il m’a dit « ce bouquin doit être lu par les jeunes parce qu’il y a des leçons de vie« . Et t’as tout à fait raison, je suis content que tu le remarques. Quand tu mets bout à bout ces 12 chapitres, de gens cabossés par la vie, tu te rends compte que c’est un « road book » pour vous qui êtes jeunes. Tu vas picorer des trucs à droite à gauche … Et ça m’a fait énormément plaisir que des gens de la profession le remarquent. Parce que c’est ça ! Ce sont des leçons de vie, avec à chaque fois un truc qui me plait, c’est la mentalité du sportif de haut niveau. Quand t’es avec Arsène, c’est « plus, plus, plus ». C’est l’exigence. Et j’ai compris ça avec Arsène. Moi, j’étais un peu bordélique à 20 ans et Arsène m’a amené là-dedans. Et si tu fais un parallèle avec les footballeurs, ya les gens qui sont exigeants et ceux qui le sont un peu moins.

Ce livre il parle de grands défis. C’est quoi le grand défi de Christian Jeanpierre ?

Ah c’est une bonne question… Il y en aura. Celui que je viens de franchir c’était la Coupe du Monde de rugby. Tout le monde me disait « n’y va pas, tu vas te faire fracasser, faire le foot et le rugby c’est une catastrophe en terme d’image, avec les réseaux sociaux... » et la Coupe du Monde de rugby avec Bernard Laporte et Christian Califano est peut-être mon meilleur souvenir professionnel. Parce qu’elle a été géniale, même si il y avait pas la France. La finale qu’on a vécue a été fantastique et j’ai reçu des lettres de footballeurs, des mecs du SCO d’Angers, du Mans, des gens du Nord de la France qui ont découvert le rugby. Donc ça c’était un énorme défi parce qu’il y avait un énorme boulot. Et après on verra, il y avait la musique à l’Olympia, on l’a fait. Mais forcément quand on a la santé, qu’on a nos âges et qu’on va plutôt bien, on a envie de monter de défis. Ce sera peut-être une montagne, peut-être un truc professionnel, j’en sais rien mais il y aura un truc.

Merci à l’agence 15Love et à Christian Jeanpierre pour sa gentillesse

Fan inconditionnel de football depuis l'enfance, mon coeur bat pour le Liverpool Football Club. Supporter et non pas spectateur, le beau jeu et le mouillage de maillot sont mes priorités.

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