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Qui veut acheter un enfant footballeur pour gagner des millions ?

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Qui veut acheter un enfant footballeur pour gagner des millions ?

Pour dénoncer La traque des enfants footballeurs (Talent Sport), un journaliste chilien raconte comment il a lui-même investi sur un jeune de 11 ans.

La fin justifie-t-elle les moyens ? Juan Pablo Meneses répond oui dans son activité de “journalisme cash” comme il l’explique avec conviction : “Acheter un joueur de football pour témoigner du commerce des jeunes, ce n’est pas une grande fiction ? L’histoire des enfants footballeurs ne peut pas être réelle tant que le héros n’est pas réel. Cette contradiction accompagne ma chasse. Cette contradiction est la partie sombre de cette recherche“.

Dans son travail journalistique remarquable – Juan Pablo Meneses a toujours revendiqué ses motivations à ses interlocuteurs – l’auteur a ainsi arpenté les terrains d’Amérique du Sud pour s’offrir un petit prodige, une future star du foot qu’il arriverait ensuite à placer dans un club européen.

Dans son enquête, il a côtoyé des agents, des dirigeants, des pères de footballeurs et bien d’autres intermédiaires qui lui ont parlé des débuts de Maradona, Messi, Farfan… Juan Pablo Meneses rappelle aussi qu’une émission de télé réalité argentine a permis à un jeune (parmi 12 000) de faire un essai au Real Madrid en 2002. Il avait 16 ans à l’époque et qui aujourd’hui connaît Aimar Centano ? C’est pour essayer d’éviter cette erreur de casting, et donc réussir son investissement, que le journaliste a recherché à comprendre les critères (vitesse, comportement sur et en dehors du terrain…) qui entraînent la réussite ou l’échec des footballeurs en herbe. Son récit est passionnant, bien que parfois difficile à suivre tant les chapitres sont brefs et le nombre de protagonistes conséquent.

Il dresse quelques constats :
à 16 ans un enfant footballeur est déjà trop âgé, la tendance tend au placement de jeunes de 10-12 ans. A cet âge, un surdoué peut être vendu 5000 dollars à un club européen “bien qu’officiellement il soit invité à s’entraîner“. Les clubs décrochant un “job” aux parents…
– sur 3 milliards de dollars dans 11 500 transferts internationaux en 2012, seuls 10 % des opérations bouclées l’an passé correspondent à des accords entre clubs : “La quasi totalité des joueurs signés n’avait de contrat avec aucun club. Aucun“.

Dans ce voyage à travers l’Amérique du Sud, Juan Pablo Meneses a réussi à trouver un accord avec l’entourage du petit Milo, Chilien de Valparaiso qui, à 14 ans, n’a pas encore rejoint l’Europe en raison justement de la tourmente qui a frappé le Barça, interdit de recrutement, pour avoir recruté des mineurs. Dans son livre, il raconte la marchandisation des enfants footballeurs mais il fait aussi état de belles rencontres (personnes et institutions) dont l’éthique prend le dessus sur l’appât du gain. Depuis, le Real Madrid et l’Atletico ont aussi été sanctionnés par la FIFA…

Aucune autre équipe n’a industrialisé de manière aussi efficace la recherche d’enfants
Juan Pablo Meneses, à propos du Barça

Passionné de football, j'adore analyser et décortiquer le milieu du ballon rond (stratégie des clubs, tactiques des entraîneurs, performances des joueurs...) en essayant d'apporter un regard décalé et en provocant le débat.

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