Nous sommes tous des Samir Nasri

Nous sommes tous des Samir Nasri

Aujourd’hui, le peuple français réclame des têtes. Entre joueurs et entraîneur, les boucs-émissaires sont déjà désignés. Reste à savoir qui passera à l’échafaud en premier. Entre tristesse et objectivité, un joueur attire particulièrement les foudres de la nation, .

Retour sur une performance suffisante

Les bleus, auteurs d’une compétition en demi-teinte, regagnent donc le territoire français après n’avoir enquillé qu’une victoire sur quatre possibles (nécessaires ?).

L’objectif fixé par la Fédération Française de Football était d’atteindre au minimum les quarts de finales. Si chacun d’entre nous pensait logique de faire preuve d’un peu de raison deux années après Knysna, nous espérions intimement voir les bleus atteindre le dernier carré. Et nous étions en droit d’y croire vu les résultats encourageants de à la tête de l’équipe de France. (23 matchs sans défaite)

Mais nous avions oublié nos démons

Lors du premier match face à l’Angleterre, Samir Nasri célèbre son but en demandant expressément aux journalistes de se montrer un peu plus réservés. Une victoire, pas si aisée, face à l’Ukraine aura suffit aux journalistes pour faire d’une équipe en transition un véritable favori pour la victoire finale. Ces trois points en forme d’arbre enchanté cachant une forêt ambiante pesante au sein du groupe auront étés cruciaux pour satisfaire la Fédération puisque la qualification en quarts sera adjugée. Les bleus n’arrivant pas au bout d’une équipe de Suède pas si démobilisée par leur élimination. Une suffisance qui coûtera cher à l’équipe de France puisqu’elle la contraindra à s’avouer vaincue avant même d’avoir affronté l’Espagne. Mais, soyons honnêtes, la note aurait été nettement plus salée face à la force discrète de l’Italie.

Lors de la débandade française face à la Roja (à prononcer ‘Ro-ja’, et non ‘Ro-Ra’ par Christian Jean-Pierre), certains joueurs de l’équipe de France auront une fois encore sali leur image. L’un pour avoir insulté l’arbitre, l’autre pour avoir esquivé la poignée de main de Laurent Blanc… Mais ne nous y trompons pas, il s’agît bien de l’image du joueur et non de l’image de l’équipe de France. Les fans français savent faire la part des choses et continueront à soutenir les bleus dès le prochain match amical. Ils espèrent juste que des sanctions auront étés prises, et que les mauvais garçons seront bannis. (Nasri, Ben Arfa, Menez pour ne pas les citer).

Les bleus se seront montrés incapables de fournir des résultats, et encore moins de l’intérêt pendant les matchs. Certains joueurs se sont même inspirés de leurs performances sur le terrain pour adapter leurs comportements en-dehors. C’est ainsi que Samir Nasri s’est retrouvé à insulter de nouveau la presse, mais avec un brin plus de virulence cette fois-ci. Il a en effet proposé à un journaliste de copuler avec sa maman, ce qui est fortement déconseillé par ailleurs.

De son coté, Yann M’Vila, très déçu de se faire sortir du terrain, ignore la poignée de main du joueur qui le remplace ainsi que celle du sélectionneur qui lui a pourtant donné les clés d’un secteur de jeu essentiel. Rappelons qu’à l’époque, Laurent Blanc n’avait que l’embarras du choix pour choisir le milieu récupérateur titulaire de l’équipe de France. Par exemple, Lassana Diarra était encore performant.

Mais pourquoi ces  joueurs qui ont tout pour être heureux se retrouvent-ils à commettre l’irréparable ?

Sans doute est-ce un problème générationnel. Etant moi-même de l’âge des fauteurs de trouble, je partage cette impulsivité sur un terrain, je réagis au quart de tour face à la critique. Aussi aie-je des difficultés à répondre à l’autorité. Saurais-je me tenir si quelques zéros s’ajoutaient à ma fiche de paie ? Nul ne le sait. Ceux qui prétendent que ces enfants gâtés n’ont pas à agir de la sorte parce qu’ils sont riches sont des footix.

Oui, nous autres de la génération 86-87 sommes tous des Samir Nasri, nous agissons avant de réfléchir. Oui nous sommes des Jérémy Menez, nous insultons l’arbitre lorsqu’il se trompe. Oui, nous sommes des Hatem Ben Arfa, nous ne comprenons pas pourquoi le sélectionneur ne nous titularise pas alors que le monde nous encense. Oui, nous sommes des Franck Ribéry… Non, peut-être pas quand même. Faut pas déconner. Chaque équipe a ses mauvaises têtes, qu’il s’agisse de club ou de pays, nous pouvons citer au moins un joueur perturbateur, insolent, agaçant ou irrespectueux. L’Angleterre a son formidable râleur Wayne Rooney. Les portugais disposent du maître de l’arrogance et l’Italie n’est pas en reste avec Mario Balotelli.

De retour au Bourget, seuls quelques bleus daigneront serrer les pinces des biens courageux supporters qui auront fait le déplacement sous des trombes d’eau. Adil Rami, Franck Ribéry, Alou Diarra et, surprise, Yann M’Vila auront salué ces insatiables fans.

L’équipe de France victime de son statut de reflet du sport le plus populaire de son pays a bien du mal à nous refaire vibrer. Mais, ce n’est qu’une question de temps et de cycle. Inclinons nous devant le dernier carré de la compétition, et avouons-nous vaincus face à ces équipes bien plus collectivement talentueuses que nous en ce moment.

Alors patientons quelques temps, préparons ce Mondial. N’excusons pas les écarts. Mais les comprendre et les bannir, peut-être. En attendant, l’équipe de PKFoot vous invite à nous proposer un onze de l’équipe de France en ôtant Nasri, Menez, Ben Arfa, M’Vila, Evra. Bon courage.

Nous sommes tous des Samir Nasri

La route vers la potence est longue

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