AvideceWopyBalab

Cette semaine, nous avons observé le derby de Rome, avec une Lazio bien aidée par le niveau de jeu de Luis Alberto et Lazzari. On a également constaté les difficultés parisiennes face au bloc d’Angers.

Le derby pour la Lazio

Match observé : Lazio 3-0 Roma

Le derby romain, très attendu en raison du jeu offensif prôné par les 2 équipes, débutait très fort avec un pressing haut des 2 formations. Les attaquants et milieux offensifs cadrent les défenseurs adverses, empêchant la relance courte, et forçant à jouer long. La Roma s’est trouvée en difficulté dans l’exercice : Villar a essayé de chercher le ballon plus bas, mais n’a pas su créer de décalages, tandis que Veretout n’arrivait pas à se démarquer derrière la ligne de pression adverse. La Lazio rendait inoffensive sa rivale, coupant toute création à la source. Sur ce match, les difficultés à la relance de Smalling, Ibanez et Mancini expliquent presque pourquoi Cristante, pourtant meilleur au milieu, est parfois utilisé derrière… Il rentrera en seconde période, mais le mal était déjà fait.

De l’autre côté, si les défenseurs de la Lazio ne sont pas des magiciens de la relance, le trio du milieu se montre bien plus disponible. Lucas Leiva, Luis Alberto et Milinkovic-Savic se baladent derrière la ligne de pression adverse, et reçoivent le ballon en ayant de l’espace pour se retourner. C’est si bien orchestré qu’on dirait que la Lazio souhaite aspirer son adversaire, là où la Roma subit le pressing. La défense rouge se montre fébrile, à l’image du pauvre Ibanez qui bafouille totalement face à un Lazzari de gala à 2 reprises, occasionnant un 2-0 logique à la pause. L’arrière-garde laziale, incluant Reina, a su trouver ses créateurs dans les pieds. Côté Roma, Pellegrini, rarement trouvé, manquait de justesse technique pour enchaîner et donner du rythme aux transitions, manquant plusieurs contrôles pourtant pas compliqués, facilitant le boulot du bloc défensif adverse, très solidaire et compact. Mkhitaryan devait chercher la balle très bas mais ne pouvait pas ensuite remonter à lui seul 60 mètres (même Messi n’y est jamais complètement arrivé en sélection), pas plus que Pedro qui a parfois tenté la même chose en seconde mi-temps. Le seul plan de la Roma semblait être de balancer sur Dzeko en espérant jouer les seconds ballons. Minimaliste et insuffisant.

La seconde période a confirmé la plus grande maîtrise technique de la Lazio, et l’impression visuelle n’a rien à voir avec les statistiques, qui laisseraient presque croire que la Roma a mieux joué, puisqu’elle termine avec 61% de possession et presque 200 passes réussies de plus. En vérité, Reina n’a eu qu’un arrêt à faire, en fin de match, tandis que s’est employé à plusieurs reprises. Lazzari, par son volume de jeu et sa vitesse, et Luis Alberto, par la qualité de ses prises de balle et la précision de ses passes, ont été bien au-dessus des autres, y compris du précieux Milinkovic-Savic ou du poison Immobile. Nul doute qu’ils seront acclamés par leurs supporters comme les rois de Rome.

Comme un mercredi pluvieux à Stoke

Match observé : Angers 0-1 PSG

En 2010, Andy Gray, commentateur anglais, donne son avis sur Messi. Il souligne alors que l’Argentin n’a jamais joué en Premier League, championnat qu’il considère évidemment comme le plus difficile en Europe. L’expression veut qu’il aurait forcément souffert « un mercredi soir pluvieux au Britannia Stadium« , antre de Stoke City, alors spécialiste du kick & rush. C’est un peu dans ce contexte qu’ont évolué les joueurs du PSG, sur la pelouse d’Angers. Le SCO ne balance pas sur Carew ou Crouch, mais sur Diony. Leur jeu est bien moins caricatural, car ils veulent quand même ressortir proprement, avec de bons joueurs comme Fulgini, Capelle et Pereira-Lage notamment, mais l’idée est là : un bloc compact qui ne laisse aucun espace.

Neymar, Di Maria, Mbappé et Kean n’ont pas existé dans ce contexte. Malgré quelques fulgurances, le Brésilien n’a pas su faire le dernier geste juste, alors qu’il arrivait souvent à se défaire de son premier adversaire direct, avant de s’empaler dans l’étau angevin. En manque de confiance, Mbappé a multiplié les pertes de balles, tandis que Di Maria était introuvable dans le demi-espace droit qu’il devait occuper. Le PSG arrivait tant bien que mal à trouver des joueurs dans le dernier tiers adverse, grâce à une construction intéressante en 3-1-4-2 avec Paredes qui recule entre Marquinhos et Diallo, et Verratti juste derrière la première ligne de pression. Mais le dernier geste n’y était pas, et les passes étaient trop lentes pour bousculer le bloc adverse.

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Si la phase de construction était bonne, le contre-pressing laborieux, en partie en raison du manque de mobilité de Verratti et Paredes, donnait des opportunités aux Angevins. Si Diony avait le niveau de Delort, Ben Yedder, ou Toko-Ekambi (pour prendre un ancien du club), il aurait su garder plus souvent le ballon, aider son équipe à monter en bloc, et se serait créé plus d’occasions franches. Il réalise quand même une jolie tête plongeante, stoppée par Navas à 0-0. On se demande parfois où en serait le PSG sans son ange-gardien…  Seule la victoire compte, et c’est là le plus important pour le champion de France en titre, sauvé par Kurzawa. Pochettino ne peut pas révolutionner l’équipe en quelques semaines, et il lui faudra du temps pour proposer beaucoup mieux que ce qu’on voit pour le moment. Manque de chance pour lui : la Ligue des champions ne va pas tarder à revenir…

Darinh Mongkhoun

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.