Bilan Bundesliga 2016/17 : le Bayern bat tous les records

Le Bayern Munich a une nouvelle fois fait part de sa suprématie en Allemagne, bénéficiant en plus d’un déclin de ses concurrents dont il n’avait même pas besoin. Si Lewandowski et Thiago ont été majestueux, on a également été émerveillé par un duo venu de Leipzig, étonnant promu. A Dortmund, le spectacle ne vient plus principalement de Reus ou Aubameyang, mais bien d’un jeune joueur français que rien ne semble arrêter.

Le Bayern toujours plus dans l’Histoire

On l’avoue, on s’attendait à un certain suspense en Bundesliga, même si on se doutait bien que le Bayern terminerait premier. Malheureusement, les gros bras attendus ont tous failli : quart de finaliste de la dernière Ligue des champions, Wolfsburg a vécu un cauchemar. Egalement en lice l’an passé en C1, le Bayer Leverkusen a connu un exercice contrasté, tout comme l’attendu Schalke. Au final, seul le promu Leipzig a réussi à donner un semblant de concurrence au champion en titre, mais la déception globale subsiste, surtout en ce qui concerne Dortmund.

Comme d’habitude, Hambourg s’est fait peur avant de se sauver, tandis que Mayence, équipe intéressante, a eu plus de mal à obtenir des résultats. La progression de l’année est à mettre au crédit du Werder, en position délicate en hiver avant une remontée fantastique, grâce notamment à l’apport de Delaney. Hoffenheim a également réussi une belle saison, se montrant notamment intraitable à domicile. La saison a été belle, le spectacle présent en tribunes comme sur le terrain, mais le sentiment global reste qu’il existe un championnat avec et sans le Bayern. Forcément, niveau émotion, ça limite les choses.

Le meilleur joueur : Forsberg, le dernier numéro 10 ?

Qu’est-ce qu’un bon joueur ? Si on considère que c’est quelqu’un qui joue juste, alors le meilleur en Bundesliga cette saison a été Forsberg. Quand on regarde le meneur de jeu de Leipzig, on ne peut s’empêcher de dire « bien joué », « bien vu » ou « bon choix » à chacune de ses interventions. Le Suédois a régalé ses partenaires de ses nombreux caviars, au premier rang duquel un Werner qui comme lui, n’a déjà plus rien à faire au RB. Passeur décisif, mais également buteur, ce spécialiste des coups de pieds arrêtés est un joueur dont les inspirations sont délicieuses, et on aurait beaucoup de mal à comprendre si aucun cador européen ne mettait pas les sous nécessaires pour le recruter cet été.

  • Si on partait du principe que le meilleur joueur est celui avec qui on a le plus de chances de gagner le championnat, ce serait Lewandowski. Le buteur du Bayern est le premier nom à cocher si on nous donnait l’opportunité de recruter un joueur de Bundesliga.
  • Tout au long de sa carrière, il n’a jamais trop brillé par sa régularité, et les blessures ne l’ont jamais laissé tranquille. Cela ne s’arrangera pas avec l’âge. Mais sur un match où il est inspiré, Robben est capable d’atteindre des sommets qu’il est le seul à pouvoir tutoyer en Bundesliga. Le Bayern Munich le sait parfaitement.

Le coup de cœur : une saison au paradis pour Modeste

Quand on facture 25 buts en championnat, en 34 matches joués, c’est qu’on a forcément réalisé un exercice plus que satisfaisant, même quand on s’appelle Diego Costa, Lewandowski ou Agüero. Imaginez donc le sentiment du devoir accompli que peut ressentir Modeste suite à sa saison colossale avec Cologne. Loin d’être chèvre (l’emblème du club), le Français a trouvé l’environnement parfait pour exprimer ses qualités de finisseur. Car s’il n’est pas devenu du jour au lendemain un buteur de classe mondiale, il valait sans doute mieux que ce qu’il a eu l’opportunité de montrer en Ligue 1, dans des contextes moins favorables à l’expression de son potentiel. Sa complémentarité avec l’infatigable Osako a en tout cas ravi tous les fans de duo d’attaquants, devenus trop rares avec la multiplication des schémas à une seule pointe. Cocorico et chapeau Anthony.

  • Même s’il reste très perfectible, Aubameyang a une nouvelle fois connu une saison prolifique avec Dortmund, terminant meilleur buteur de Bundesliga.
  • Dans une équipe de Wolfsburg en difficulté, Mario Gomez a retrouvé son instinct de buteur.
  • Ce n’est pas un des 3 meilleurs gardiens du championnat, mais l’agilité de Hitz est un régal pour les yeux. Le gardien d’Augsbourg est un véritable chat.
  • Excellent à Schalke, Fährmann est ignoré par son sélectionneur. Derrière l’intouchable Neuer, il n’a pourtant pas grand-chose à envier aux ter Stegen, Leno, Trapp ou Karius…
  • Donnez-lui encore une saison ou deux, et il entrainera le Bayern. Tout jeune coach, Nagelsmann a enchanté l’Allemagne avec Hoffenheim, longtemps parmi les dernières équipes invaincues en Europe.

Le joueur qui a le plus progressé : Thiago est devenu grand

Etre l’élément le plus brillant du milieu, quand on cohabite avec Xabi Alonso ou Vidal, n’est normalement pas possible. Pourtant, c’est l’exploit réalisé par Thiago cette saison. Placé plus près des buts par Ancelotti, le nouveau meneur de jeu du Bayern Munich a pu exprimer des qualités qui doivent bien manquer au FC Barcelone. L’Espagnol sait tout faire : marquer, passer, dribbler, temporiser ou accélérer le jeu. Il bénéficie d’un nouveau statut au sein du champion d’Allemagne, dont il est devenu le dépositaire du jeu. Sa complicité avec Lewandowski promet des jours heureux en Bavière.

  • Si Modeste a connu une belle saison avec Cologne, il le doit aussi à l’activité d’Osako. Le Japonais est un poison pour les défenses, et permet à Modeste de profiter de liberté dans la surface.
  • Dahoud a pris une nouvelle dimension, s’imposant comme le patron de l’entrejeu de Gladbach. Il ne devrait pas tarder à signer dans un club qui joue régulièrement la Ligue des champions.
  • Alors qu’il n’est pas novice en première division, Philipp a explosé cette saison avec Fribourg. L’attaquant brille par son intelligence dans les appels et sa lucidité, et a réellement progressé cette année.
  • Attendu pour être un homme fort du Werder, Kruse a connu un démarrage difficile avant de finir la saison en trombe. L’international allemand, très contrasté pour ses activités extra-sportives, dépasse son record de buts en une saison de Bundesliga, et prouve qu’il est avant tout un bon joueur de foot.
  • Quelconque à Leicester, Kramaric a trouvé la bonne carburation avec Hoffenheim pour qui il a réussi à inscrire 15 buts en championnat cette saison.
  • Barré à Mayence, Niederlenchner a trouvé le contexte idéal à Fribourg pour faire éclater son talent. Reste à savoir s’il confirmera, mais il a évolué à un niveau de jeu insoupçonné, mêlant justesse technique et efficacité.

L’espoir : Werner, le futur de l’Allemagne

Plus jeune joueur à inscrire un doublé en Bundesliga avec Stuttgart, Werner n’était pourtant pas promis à une telle exposition cette année. Transféré à Leipzig, le jeune attaquant a brillé de mille feux, formant un duo absolument magique avec Forsberg. Auteur de 21 buts en championnat, il se classe tout juste derrière Lewandowski, Aubameyang et Modeste. Spécialiste du jeu en profondeur, habile balle aux pieds et calme face au but, Timo est déjà vu par beaucoup comme le futur avant-centre de l’Allemagne, qui manque d’un numéro 9 de classe internationale, Gomez étant trop irrégulier, et Müller étant plus à l’aise en électron libre. On a déjà hâte de le voir en Ligue des champions, face aux meilleurs défenseurs du Vieux Continent.

  • Encore perfectible, Söyüncü nous rappelle Sergio Ramos par sa fougue et son engagement total. Rien ne dit que le stoppeur de Fribourg aura une carrière aussi belle que l’Espagnol, mais il dégage une puissance qu’on aimerait le voir exploiter à un niveau international.
  • Pestiféré à Arsenal, Gnabry a montré de belles qualités avec le Werder où sa vitesse fait des ravages. Il est logiquement devenu international allemand.
  • Alors que Weigl avait crevé l’écran l’an dernier, ce sont Pulisic et Emre Mor qui nous ont enthousiasmé cette saison. Les 2 espoirs de Dortmund peuvent vraiment devenir des joueurs intéressants.
  • Accélérateur de jeu, Amiri est la pépite d’Hoffenheim, et un international allemand en puissance. Il pourrait quitter la Bundesliga dès cet été !

La meilleure recrue : Dembélé, pas besoin de temps d’adaptation

On l’avait élu meilleur espoir de Ligue 1 la saison dernière, on a hésité à faire de même en Bundesliga mais on s’est dit que Dembélé ne devait plus être jugé en fonction de son âge… puisqu’il était déjà trop fort pour ça. Son talent lui a permis d’exploser à Dortmund, et d’en devenir un joueur majeur. Plus fiable que les fragiles Reus-Götze, plus déséquilibrant que Schürrle et Kagawa, plus mature que les jeunes Pulisic et Emre Mor, le Français a passé la saison à donner le tournis aux défenses allemandes, débordées par ce cocktail explosif de vitesse et de technique. Meilleur fournisseur de caviars d’Aubameyang, il est la recrue de l’année pour Dortmund, qui a réalisé une super affaire, déjà rentable et qui le sera encore plus si le Borussia parvient à conserver sa pépite, que le Bayern pourrait lorgner quand Ribéry ou Robben partiront à la retraite…

  • Déjà coéquipier de Boateng en sélection, Hummels s’est imposé rapidement au Bayern Munich, sans surprise. La Bavière a profité pleinement de ses merveilleuses relances, notamment celles de l’extérieur du pied.
  • Jeune, polyvalent sur l’aile gauche, Guerreiro a l’avenir devant lui. Dortmund a fait une excellente opération sur ce transfert.
  • Expérimenté, Subotic amène beaucoup de sérénité dans la défense de Cologne. L’ancien de Dortmund n’est plus aussi impérial qu’à sa grande époque, mais il reste une valeur sûre.
  • Ultra dynamique sur l’aile droite, Esswein est une bonne recrue pour le Hertha Berlin. Comme Haraguchi côté gauche, on ne comprend pas pourquoi il n’est pas toujours titulaire, tant son apport saute aux yeux.
  • Bien connu en France pour son passage en Ligue 1, Lössl continue son bonhomme de chemin à Mayence. Le Danois a réalisé une bonne saison, peu aidé par sa défense.
  • Sandro Wagner a confirmé sa bonne saison de Darmstadt à Hoffenheim, un club plus ambitieux. A lui de montrer lors de la Coupe des confédérations qu’il peut prétendre à une place dans le groupe allemand de 2018.
  • Delaney a métamorphosé le jeu du Werder, passé de janvier à la fin de la saison de la peau d’un relégable potentiel à un candidat à l’Europe.
  • Arrivé en janvier, Burgstaller a dégainé avec Schalke dès ses premières apparitions. L’Autrichien devrait faire encore mieux l’an prochain, sur une saison entière.
  • Bonne pioche de Leipzig, Keita s’est bien amusé cette saison. Transfuge interne, car il vient de Salzbourg, on ne sait pas encore s’il finira sa carrière à New York…

Le flop : le Bayer, toujours Neverkusen

Le second meilleur gardien d’Allemagne (Leno), une charnière avec un taulier du championnat (Toprak) et un grand espoir (Tah), des joueurs de grand talent (Bellarabi, Calhanoglu, Brandt) et de bons buteurs (Chicharito, Kiessling)… On a beau chercher, on ne voit pas ce qu’il manque à Leverkusen pour faire partie du top 4 allemand. Pourtant, le Bayer brille surtout pour son incroyable capacité à alterner le meilleur et le pire, avec une nette préférence cette saison pour la seconde partie. Désorganisée, souvent coupée en deux, la formation, surnommée Nerverkusen pour son absence de titres malgré des moyens intéressants, a réalisé une saison bien terne avec une 12e place indigne, à plus de 40 points du champion. Toprak va signer à Dortmund, et il ne sera sans doute pas le seul départ. Dommage, car le potentiel de cet effectif était très important, et en faisait un potentiel candidat à la place de second, derrière l’intouchable Bayern.

  • Mis en valeur par Guardiola, Coman n’aura pas connu une saison faste avec le Bayern Munich d’Ancelotti. Mais comme Renato Sanches, qu’on voulait voir plus souvent, le Français a le temps devant lui. A contrario, Müller a connu un exercice étrange, semblant à côté de ses pompes, et ne marquant que 5 buts, son plus faible total en carrière. Pire encore, son apport dans le jeu, qui compense habituellement le fait qu’il ne soit pas toujours un goleador, a été très faible. C’est assez logiquement qu’il a pris place sur le banc plus souvent qu’à l’accoutumé.
  • Götze, Reus, et dans une moindre mesure Schürrle, étaient attendus comme des tauliers à Dortmund cette saison. Mais chacun a été trahi par un corps trop fragile, et un certain manque de continuité dans la performance. Seul le second cité a vu son niveau de jeu rester très haut malgré cette incapacité à enchainer les matches.
  • Abonné absent en raison de blessures, Muto ne se sera que trop peu exprimé avec Mayence. Dommage, car le Japonais a le niveau pour marquer 10-15 buts chaque saison en Bundesliga.
  • Max Meyer, joyau le plus prometteur de Schalke, a vécu une année en deçà des attentes. Dommage, car il a un potentiel de folie.
  • Attendu pour être un homme fort de Wolfsburg, Didavi s’est plus distingué par ses coiffures originales que par son apport sur le terrain.

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