Bilan Premier League 2016/17 : Chelsea retrouve sa couronne

Contrairement à Guardiola ou Mourinho, Conte aura su prendre la mesure de son effectif dès sa première saison. Chelsea est logiquement sacré, dans une édition où Arsenal, Liverpool et Manchester United ont particulièrement déçu.

Conte a déjà conquis l’Angleterre

On attendait monts et merveilles de cette saison en Premier League, qui regroupait presque tous les meilleurs entraineurs du monde, de Guardiola à Conte, en passant par Mourinho, Klopp, Wenger et Pochettino. Finalement, c’est bien le coach de Chelsea qui s’est distingué, en concoctant une défense à 3 qu’il avait déjà mis en place avec la Juventus et l’Italie, et en ressuscitant , ou plus étonnant encore, un Moses qu’on n’imaginait absolument pas devenir incontournable. Champion, il aura bataillé avec Tottenham qui aura essayé de mettre la pression jusqu’au bout, là où les habituels gros calibres d’Angleterre ont vite baissé les bras.

Derrière le top 8, il s’est quasiment disputé un autre championnat, avec 15 points d’écart entre Everton et Southampton. Champion sortant, Leicester a logiquement baissé le pied, terminant à une place plus en adéquation avec son effectif. Ce déclin aura eu raison de Ranieri, descendu de son piédestal aussi vite qu’il avait été porté aux nues. Côté relégation, on reste triste pour Sunderland, en grosse partie car Defoe a encore prouvé que le temps n’avait pas d’effet sur lui. Ce cru 2016-17 sera moins marquant que le précédent, et sera normalement un avant-goût de la bataille de l’an prochain, avec des coaches qui attaqueront leur seconde année complète avec leur effectif, qu’ils devraient modeler cet été. On a hâte.

Le meilleur joueur : Kanté, little big man

On ne va aller trop loin en disant que la seule différence entre le Chelsea de l’an passé, et celui qui finit champion est Kanté. Il y a eu beaucoup de changements chez les Blues, mais cela ne suffira pas à minimiser l’impact du Tricolore. Champion avec Leicester, le milieu a récidivé dans un autre club. Infatigable travailleur dans l’entrejeu, le Français a permis aux autres de briller en les libérant d’une grosse partie des tâches défensives. Moqué suite à la déroute face à Arsenal, où l’arbitre est plus rapide que lui sur le but d’Özil, il a ensuite sorti le bleu de chauffe, pour le plus grand bonheur des Blues.

Le coup de cœur : Son, le soldat parfait de Tottenham

Peu utilisé lors de sa première saison, et même lors de la moitié de l’exercice qui vient de se terminer, Son a réussi à se faire sa place dans le onze de départ de Tottenham grâce à l’absence de Kane. Associé à l’Anglais à son retour, le Sud-Coréen a été un modèle tactiquement, répondant exactement aux attentes quel que soit le poste occupé. Surtout, le numéro 7 est à l’image des Spurs : c’est un soldat appliqué et talentueux, qui se fond dans le moule du maître Pochettino. On a hâte de le voir titulaire sur l’ensemble de la saison prochaine.

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  • Pas toujours bien entouré, Sanchez a réussi une belle saison avec Arsenal. Le Chilien ne pouvait pas tout faire seul.
  • A Chelsea, les satisfactions sont forcément nombreuses. Hazard a été étincelant, Costa a beaucoup marqué malgré ses envies d’ailleurs, Fabregas est le premier joueur de l’histoire de la Premier League à afficher 6 saisons à 10 passes décisives, et Terry a fini en beauté.
  • Townsend n’est pas le meilleur joueur du monde, mais son apport à Crystal Palace ne doit pas être sous-estimé.
  • Contrairement à Barkley, qui reste irrégulier, Lukaku est devenu une machine à marquer du championnat anglais. Le Belge doit quitter Everton pour passer un palier.
  • On le savait déjà mais on le redit, De Bruyne et Silva sont plaisants à voir jouer. Agüero a lui beaucoup marqué, malgré un statut plus discuté à Manchester City.
  • Comme souvent, De Gea a été le meilleur élément de Manchester United, ce qui n’est pas forcément bon signe…
  • Premier joueur à atteindre la barre des 50 buts de la tête en Premier League, Crouch est une icône qui nous manquera au moment de sa retraite.
  • Roi de l’offrande, Eriksen a brillé, tandis qu’Alli a confirmé sa belle saison dernière, explosant même les compteurs. La défense de Tottenham s’est également distinguée par sa solidité : la charnière centrale belge et le gardien français n’y sont pas pour rien.

Le joueur qui a le plus progressé : Pedro est redevenu lui-même

Si la MSN ne souffle plus au FC Barcelone, c’est aussi parce que les remplaçants ne parviennent pas à se montrer à la hauteur. Clairement, il leur manque un Pedro, qui n’a jamais déçu en Catalogne, et qui est redevenu lui-même après un premier exercice londonien contrasté. L’Espagnol, virevoltant, a notamment signé d’incroyables rushs, et des combinaisons avec Hazard et Costa d’une rare fluidité. Grand artisan de la saison réussie de Chelsea, il a aussi brillé par son mental, se montrant très impliqué, y compris dans les matches de coupe nationale, face à des adversaires de division inférieure. Aujourd’hui, plus aucun supporter des Blues ne se pose de questions sur le bienfondé de sa venue à Londres.

  • Titulaire cette saison, Moses a été important à Chelsea au moment où on ne l’attendait plus. Azpilicueta a lui été énorme, et titulaire à chaque journée.
  • S’il a marqué sensiblement le même nombre de buts, Firmino s’est bien affirmé dans le jeu de Liverpool. Sa complicité avec Coutinho est intéressante pour l’avenir des Reds.
  • Van Dijk ne devrait pas rester longtemps à Southampton. Le défenseur longiligne ferait beaucoup de bien à pas mal d’équipes, notamment grâce à sa relance propre.
  • Capoue n’a rien à faire à Watford. L’international français, énorme cette saison, et prolifique devant les buts, mérite sa chance dans une grosse équipe européenne.

L’espoir : Davies, comme un ouragan

Davies n’est encore qu’un gamin, et pourrait ne jamais confirmer les espoirs qu’il suscite, comme d’autres avant lui : Cleverley ou Wilshere en tête. Mais son activité incessante dans l’entrejeu d’Everton, sa capacité à être un véritable box-to-box, et sa capacité à prendre des risques sans peur des conséquences nous font rappeler un certain Nedved. S’il est bien encadré par Schneiderlin, qui pourrait le libérer encore un peu plus et lui permettre de se projeter, il pourrait confirmer de façon spectaculaire l’année prochaine. Les Scousers n’attendent que ça.

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  • Même si Iheanacho n’a pas confirmé, la jeunesse reste triomphante à Manchester City. Sané, qu’on avait élu meilleur espoir de Bundesliga, a réussi de belles choses pour une première saison à l’étranger. a également été prometteur pour un jeune qui découvre le Vieux Continent.
  • Si un cador arrive en pointe, Rashford pourrait voir son épanouissement à Manchester United ralentir. C’est dommage, car ce jeune a décidément quelque chose de spécial.

La meilleure recrue : Zlatan n’est pas mort

Comment le vétéran Ibrahimovic, habitué à désosser les faibles défenses de Ligue 1 depuis quelques saisons, allait-il pouvoir imposer sa marque en Premier League, championnat réputé le plus exigeant physiquement ? Tout simplement en étant lui-même. Zlatan a beaucoup marqué, dans une équipe de Manchester United qui ne le faisait que très peu, et a démontré sa capacité à se montrer à son avantage en Angleterre, étant même nommé parmi les candidats au titre de meilleur joueur de l’année. Sans sa grave blessure, ses stats auraient sans doute été meilleures encore. Le Suédois n’a pas gagné le championnat, ce qui constitue son troisième échec depuis… 2002, mais il n’en a pas moins réussi son pari : prouver qu’il avait le niveau pour briller en Angleterre. Belle pioche puisqu’il est arrivé gratuitement !

  • David Luiz a réussi son pari en retournant à Chelsea. Au sein d’une défense à 3, il est bien plus à l’aise. Pour sa première à Chelsea, Batshuayi apprend et progresse. Marcos Alonso lui a vite trouvé sa place.
  • Arrivé à la mi-saison, Sakho a stabilisé la défense de Crystal Palace, et surtout redonné du crédit à son image. Benteke a lui pesé en attaque, retrouvant son efficacité d’Aston Villa.
  • Schneiderlin n’a eu besoin que de quelques semaines pour devenir indispensable à Everton. Dommage qu’il ait attendu l’hiver pour changer de club.
  • Wijnaldum n’avait rien à faire avec Newcastle en seconde division, et l’a bien montré avec Liverpool. De son côté, Mané a été le grain de folie des Reds, plus imprévisible encore que Coutinho.
  • Gabbiadini a compris que pour se faire aimer, il fallait marquer. Alors il l’a fait très vite avec Southampton, avant de se blesser. Sans cet élan coupé, il aurait pu faire encore plus forte impression.
  • Avec 15 buts en championnat, Llorente a réussi sa première saison avec Swansea.

Le flop : Arsenal quitte le top 4

Quand on a dans ses rangs des joueurs du calibre d’Özil ou Sanchez, et qu’on évolue dans un écrin aussi beau et moderne que l’Emirates, on se doit de jouer la Ligue des champions. Cela ne sera pas le cas d’Arsenal, qui a échoué aux portes du Big Four, laissant même son rival Tottenham enfin terminer la saison devant. Emballants en début d’exercice, avec pour point d’orgue le récital face à Chelsea, les Gunners sont ensuite retombés dans leurs travers, et ont affiché des limites criantes, au point que les supporters ont de plus en plus demandé à Wenger de démissionner. Sans banc performant, sans idée quand Cazorla n’est pas présent, sans numéro 9 d’envergure, et avec trop d’absents pour blessure, Arsenal a vécu une saison qui ressemblait aux dernières, mais en pire. Et on ne voit pas de lendemains qui chantent pour le moment…

  • Excellent la saison dernière, Özil a déçu. Giroud a perdu son statut de titulaire, tandis que Xhaka n’a pas réussi à amener sa patte dans l’entrejeu des Gunners.
  • On n’attendait pas un doublé du champion sortant Leicester, mais on attendait mieux des cadres comme Vardy ou Mahrez, étrangement meilleurs dès le départ de Ranieri. On a aussi regretté la sous-utilisation de Slimani, pourtant efficace.
  • Mandanda a passé la saison sur le banc, sans pouvoir inquiéter Hennessey au poste de gardien de Crystal Palace. Il se murmure qu’il pourrait retourner à l’OM.
  • Annoncé parfois comme le futur taulier de la défense italienne, Ranocchia joue à Hull City… où il n’est même pas impérial.
  • Sturridge est un des attaquants les plus talentueux du championnat. On veut le voir briller à Liverpool, mais les saisons se suivent, et il continue à squatter notre rubrique des flops…
  • Tadic (Southampton) et Arnautovic (Stoke City) ont deux points communs : ce sont des joueurs géniaux, capables du meilleur mais aussi du pire, avec des prestations fantomatiques.
  • Avec tout l’amour que lui ont donné les fans de West Ham, on imaginait Payet au moins finir la saison…
  • Nolito et Gündogan n’ont pas amené ce qu’on attendait d’eux à Manchester City. Si le second a l’excuse des blessures, cela n’atténue pas la déception globale.
  • Old Trafford a endormi les fans, sans les faire rêver, avec un jeu ennuyeux au possible. Dans le marasme ambiant, Martial et Shaw ont régressé malgré leur jeune âge.

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