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On nous en parle régulièrement, l’Angleterre veut sortir de l’Union Européenne. Le débat sur ce sujet de politique divise les avis que ce soit en terre d’Albion ou dans les autres pays d’Europe. Dans un peu moins d’un mois, le 23 juin, aura lieu un Referendum au Royaume-Uni afin de décider de leur sortie définitive ou non.

Et si l’on en parle ici, c’est bien évidemment que « Brexit » aura bien plus d’effet qu’un simple aspect économique ou politique, mais touchera différent domaine, dont celui du football.

La moitié des joueurs concernés

C’est même un choix politique particulièrement important pour le sport car la sortie du Royaume-Unis de l’UE concernerait en tout un peu plus de 300 joueurs provenant de différents championnats. Ainsi, ces centaines d’Européens non-britanniques sont dispatchés en Premier League, Championship et en Scottish Premiership (D1 écossaise), avec respectivement une répartition de 63, 180 et 53 joueurs.

Certaines équipes sont plus touchées que d’autres comme Newcastle United et Swansea qui ont plus de 10 joueurs avec ce pedigree là. Le pire est atteint avec l’équipe de Charlton Athletic, évoluant en Championship, qui pourrait voir le départ de 13 de ses sportifs. Des stars mythiques de la Premier League pourrait donc se voir refuser de continuer à jouer sur le territoire anglais comme l’Ivoirien Yaya Touré, ou l’une des sensations de cette saison 2015/2016, le français Dimitri Payet.

Les conditions actuelles pour jouer dans une équipe anglaise

Si les britanniques sortent de l’UE, cela veut dire que les footballeurs européens seront maintenant traités au même titre que ceux des autres pays du monde. Jusque-là, le droit ou non de jouer dans une équipe anglaise se faisait selon le classement FIFA de la nation dont venait le sportif, et son pourcentage de matchs joués dans son équipe nationale lors des 2 dernières années.

Le Brexit sera-t-il le plus grand tournant du football anglais ?

Il existe tout de même un recours pour ceux ne remplissant pas ces différentes conditions, et qui est souvent utilisé pour les joueurs talentueux provenant d’équipes au-delà des 50 premières places du classement FIFA, ou de ceux ayant été blessés dans les 2 dernières années et qui n’ont pas pu remplir le quota de matchs joués.

Avec ces critères-là, et les données publiées par The Guardian sur les joueurs de Premier League concernés par Brexit, on peut en déduire le graphique ci-dessous qui nous montre que toutes les équipes verront à différents degrés les effets de cette décision.

Le Brexit sera-t-il le plus grand tournant du football anglais ?

Un débat qui fait rage

S’il est maintenant évident que les répercussions seront très importantes, il existe tout de même un débat sur le fait que cela puisse devenir une bonne chose ou non pour le football anglais, et notamment la sélection nationale.

Car un système plus centré sur ses joueurs nationaux, la formation de nouveaux talents, et une mise en confiance en tant que titulaires de certains jeunes, seraient un bon moyen de mettre fin à une traversée du désert, sans trophée, de plusieurs décennies des Three Lions. Du moins cela fera bouger les habitudes trop éthnocentrées des footballeurs anglais.

Malheureusement, cela ne pourrait bien être que le seul aspect positif du Brexit.

Si les joueurs européens sont considérés demain comme les Sud-Américains, avec l’obligation d’un visa de travail, cela remettrait totalement en question le flux des joueurs.

Pensée très popularisée par une des têtes de file des « anti-Brexit » : Karren Braddy membre du parti conservateur et vice-présidente de West Ham. Celle qu’on appelle la « première dame du football » a ainsi déclaré que le Brexit « aurait des conséquences dévastatrices pour l’économie et la compétitivité du football anglais ».  En effet, un des facteurs qui rend la Premier League si attractive est la liberté de mouvement qu’elle offre à ses joueurs, en permettant à des Européens de signer dans des clubs sans avoir besoin de visa ou de permis de travail.

Le dernier argument en la défaveur d’un tel tournant est que comme l’a souligné Stefan Szymanski, professeur de sport management à l’Université du Michigan, une restriction des joueurs étrangers créera une pénurie de talents sur le marché anglais, et ne fera donc qu’intensifier les inégalités entre les différents clubs. Une Premier League « post-Brexit » ne pourrait donc jamais voir un exploit comme celui de Leicester cette saison.

Si le championnat anglais est toujours vu comme l’un des plus prestigieux au monde, notamment grâce à sa densité de joueurs étrangers, cela pourrait ne plus être le cas la saison prochaine. En cas de Brexit, et si les conditions pour jouer dans un club anglais ne changent pas, on assistera surement à un mercato estival impressionnant, où beaucoup de joueurs devront trouver un nouveau championnat où s’installer, ce qui pourrait être très profitable à la Ligue 1 par exemple. Cette situation très particulière fait qu’il est très dur pour l’instant de prévoir à quoi ressemblera la Premier League la saison prochaine, et ce referendum pourrait bien s’annoncer comme le feuilleton le plus passionnant de cet été.