Restons connectés

Pourquoi le foot devient-il un produit de luxe ?

Angleterre

Pourquoi le foot devient-il un produit de luxe ?

Allez on enfile le bleu de travail, aujourd’hui c’est dishdasha, ghitra, Agal (la robe blanche et le turban des émirats pour rappel !). Un lingot d’or sous le bras et le plein de gasoil fraichement pompé et on part calmer cette frénésie du shopping digne d’une ado attendant l’ouverture des soldes d’été. Zoom sur un produit de luxe qui se monnaye plus qu’il ne se joue…

Jour de soldes

Fini le temps du chacun reste chez soi et les moutons seront bien égorgés (selon la tradition bien sur), un nouveau phénomène pas si neuf que ça déferle sur le vieux continent. Cette vague blanche (due à l’habit traditionnel), mais pas que,  entraine tout sur son passage : joueur, entraineur, supporter et tutti-quanti pour le bon/malheur des uns et des autres. Cette abondance de capitaux venue tout droit des puits pétroliers du moyen-orient ou du pays de l’oncle SAM principalement, est en train de noyer les marchés financiers européens et commence à prendre une ampleur démesurée provoquant de vives réactions au sein même du microcosme footballistique professionnel. Cette nouvelle tendance qui est de venir avec ses petits copains les poches remplies de billets verts ou d’or noir, est à mon gout néfaste au développement sportif des clubs concernés. Je m’explique. Acheter, composer, décomposer, recomposer, assembler, réassembler, juxtaposer des joueurs choisis « au nom » ne peut pas fonctionner, du moins sur le moyen et long terme c’est évident. Je serais moins catégorique sur le court terme car injecter en masse des capitaux et acheter à tout va cela a toujours des effets dopants sur l’équipe c’est indéniable. Mais le plus dur reste de trouver l’équilibre de celle-ci, et les résultats jusqu’à présent s’obtiennent au mérite et au talent et non pas sur présentation d’un RIB enfin pour le moment. Car on parle d’un projet sportif viable et d’une vision non pas mégalomane comme on a pu le voir avec le cas de Manchester City, mais bien une vision constructive et fédératrice entre le domaine sportif et financier comme à Liverpool ou Manchester United. Pour ces deux derniers les capitaux sont bien là mais sans démesure, sans coup d’éclat ni même de caprices mais il faut bien dire que ce genre de club mythique est difficile à chambouler de A à Z sous peine de s’attirer les foudres des fans.

Effet de mode

Pire que Paris Hilton, les fous du shopping s’en donne à cœur joie : Glazer, Gillett, Emir en tout genre (de toute façon ils portent tous la même robe) même combat, à l’assaut des clubs de foot. Pourquoi un club de foot ? Question de cœur, d’ego, de vanité ? On sait que la famille Glazer est attirée par le sport et que le rachat de Manchester viendrait du fait de l’engouement du fils Glazer pour ce club tandis que le rachat de Manchester City n’a qu’un but purement commercial pour posséder une vitrine sportive et pouvoir se targuer de posséder un club figurant dans les hautes sphères de Premiership. Raté.Et les offres de rachat de grands groupes financiers sont pour la plupart dirigés vers les clubs anglais…étrange coïncidence quand on voit que cette compétition est considérée comme le meilleur championnat européen…mais aussi le plus onéreux pour les supporters.

Petit rappel

Pourquoi le foot devient-il un produit de luxe ?

La roue de la fortune

On arrive donc à un grand carrefour de l’économie du foot professionnel : doit-on autoriser cet ultra-libéralisme sportif ? où s’arrête la barrière entre « c’est cher mais il les vaut » et « c’est une honte c’est beaucoup trop pour un seul homme » ? Comme pour tout bon affrontement qui se respecte il a fallu un déclic qui se prénomme C.Ronaldo. 94M€. Certains quotidiens se sont amusés à comparer cette somme avec des années de SMIC ou des Ferrari’s, ça fait sourire. Mais je vais peut-être en choquer plus d’un mais nous sommes en plein cœur d’une industrie, oui, mais de l’industrie du rêve. Depuis la nuit des temps « du pain et des jeux » prévalait sur tout autres concepts philosophiques. Les gens adorent cela, et payent pour cela. C’est une loi économique de base, avec tant de demande et si peu d’offre, les prix augmentent très vite voir trop vite pour certains. Conséquence première de ce transfert pharaonique, il a donné du baume au cœur aux fervents supporters du protectionnisme financier européen et surtout de la matière à polémiquer.

Pourquoi le foot devient-il un produit de luxe ?

Ma petite entreprise, connait pas la crise

Alors juste le temps pour certains d’enfiler leur tenue de combat (collant bleu, slip rouge et moustache camouflage) et les voila déjà lancé dans le combat contre l’ultra-libéralisme et pour une vie meilleure, plus saine et surtout plus juste. D’où le déballage médiatique autour du vieux serpent de mer qu’est la DNCG européenne (chère à F.Thiriez) qui ne verra jamais le jour, je peux vous le garantir. Mais ça fait déjà depuis un moment que le football pro n’est plus équitable (à voir l’endettement de tous les clubs européens et la nécessité par exemple pour Valence de vendre leurs meilleurs joueurs pour rembourser leur prêt) et le contexte actuel de crise économique dans lequel nous sommes ne fait qu’amplifier le phénomène. Lui, Florention Perez s’en fiche. Avec sa « bande de potes » et ses réseaux financiers, peut demander un prêt de 300M€ c’est comme acheter une baguette – es muy facil – Ce qui a eu le mérite de flinguer le marché des transferts mais aussi de passer un palier afin d’éclater un tabou sur les sommes qui circulent en cette période de mercato estival.Rappelons que par exemple le transfert de 67M€ de Kaka au Real sera amorti en un an puisqu’il va rapporter la coquette somme de 100M€ en marketing divers soit un amortissement total au bout de 3ans de cette frénésie d’achat compulsif. Autres conséquences directes de ces folies pécuniaires, la mise à la trappe d’une grande partie de l’effectif non pas pour leur performance, non loin de là mais parce qu’il faut simplement laisser de la place aux néo-nouveaux et dégraisser un peu la masse salariale. Ce qui fait sourire c’est qu’on parle ici de pousser vers la sortie des joueurs peu anciens c’est le cas de le dire, comme K.J.Huntelaar (sans parler de tous les battaves de l’équipe..) qui demeure selon moi un des tous meilleurs attaquants européens (prix demandé sur la liste des transferts : 13M€).

Une élite à prix d’or

Bref on risque donc de voir se creuser le fossé entre les clubs dits « riches » et tous les autres, comme une sorte de caste d’excellence dont seul les plus friqués pourront en faire partie. Malheureusement cela va entrainer une hégémonie sur le foot européen de ces monstres gavés au pétrodollar qui se comptent sur les doigts de la main. Et pendant ce temps là,il reste un territoire encore inoccupé par l’ennemi libéraliste, un pays peuplé d’irrédutibles gaulois qui n’a pas le droit d’avoir ne serait-ce qu’un centime de déficit. Ainsi le débat fait rage au sein des instances du ballon rond, la plupart des personnes interrogées se disent choquées mais entre nous, ça fait rêver…et le rêve n’a pas de prix n’est-ce pas ?

Supplément d’informations

En mars de cette année F.Thiriez a obtenu de l’UEFA la création d’un groupe d’experts chargés du contrôle des finances des clubs. Une ébauche d’une DNCG européenne selon le président de la LFP mais de manière plus réaliste, un écran de fumée pour contenter une grogne croissante contre les transactions énormes et l’endettement croissant de la plupart des clubs. Affaire à suivre.

William est un passionné de l’OM. Le terrain est aussi son quotidien puisqu’il joue aussi en compétition. Fin connaisseur des championnats français et espagnol et du foot-business, il essaye d'être au plus proche de l'actu foot jour après jour.

... à lire dans Angleterre

Populaire

Newsletter PKFoot

Une fois par semaine, le lundi midi.

Inscription confirmée

Une erreur s'est produite.

Devenez rédacteur sur le blog foot PKFoot.com
Retour