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Plus de deux ans après le départ de et une longue période de tergiversations, les Red Devils semblent retrouver un certain équilibre, au moment d’accueillir le leader et rival City, pour un derby de Manchester qui s’annonce chaud (15h05, Canal+ Sport). Quelles différences peut-on noter par rapport à leurs deux dernières saisons moribondes ? Eléments de réponse.

Un recrutement efficace

Cet été, Manchester United a recruté cher (139M€) mais ses recrues apparaissent déjà comme des réussites. Outre le cas Martial, maintes fois évoqué dans la presse depuis son transfert pharaonique lors du dernier jour du mercato, les Depay, Darmian, Schneiderlin et Schweinsteiger, se sont rapidement adaptés à leur nouveau club et ont déjà gagné leurs galons de titulaire dans une équipe qui manquait cruellement de leaders techniques ces derniers temps.

Car depuis juillet 2013 et l’intronisation de David Moyes en remplacement de la légende Ferguson, les mercatos mancuniens rimaient plus avec fiasco qu’avec banco. On se souvient notamment du cas Falcao, errant comme une âme en peine dans le collectif des Red Devils, ainsi que d’, méconnaissable par rapport à celui que l’on avait connu lors de son séjour madrilène. Citons également, , recruté pour plus de 30 millions d’euros et qui n’a jamais réellement donné satisfaction pour l’instant ; vous avez ici trois exemples parfaits d’un United qui se cherchait depuis deux ans et autant d’entraîneurs. L’un a souffert de la comparaison avec son illustre prédécesseur, l’autre n’étant pas reconnu comme étant un entraîneur fonctionnant à l’affectif ; dur sur l’homme, Van Gaal a provoqué quelques remous la saison dernière (on pense notamment à l’épisode Valdès, ou bien la brouille avec Di Maria).

Un collectif retrouvé, un jeu plaisant

La saison 2015-2016 est donc l’occasion pour l’entraîneur batave d’afficher un classement et des ambitions plus en adéquation avec son standing ainsi que celui de son club : United est actuellement 3ème de Premier League et peut doubler City en cas de victoire ; possède six points de plus qu’à pareille époque.

Pour parvenir à ces résultats encourageants pour la suite des événements, exit la défense à 3 brouillonne que Van Gaal s’entêtait à mettre en place l’année dernière ; le milieu de terrain a été redessiné par les arrivées et la différence s’en ressent.

Equipe ennuyeuse lors des deux dernières saisons, Manchester United marque (elle a toujours scoré hormis face à Newcastle et sur la pelouse du PSV), mais surtout, encaisse bien moins de buts : hormis le trou d’air à Arsenal (3-0), c’est seulement 5 buts encaissés en 8 rencontres. L’équilibre est certes plus précaire en Ligue des Champions où les Red Devils, deuxièmes de leur groupe (4 buts encaissés, pas de cage inviolée), ont plus de mal à s’exprimer ; mais le calendrier qui les attend avec la réception du CSKA Moscou ainsi que du PSV lors de la dernière journée, joue en leur faveur.

Van Gaal, si caractéristique qu’il est, ne jouit donc pas d’états d’âme, et si son équipe-type semble s’être dégagée, il n’hésite pas à mettre sur le banc ou envoyer en tribunes tout joueur qui ne montre pas suffisamment de volonté à ses yeux, ou qui a tout simplement raté son match. Cela explique sûrement le fait que Manchester United soit l’équipe ayant utilisé le plus de joueurs en Premier League (24), élément à prendre en compte lorsque arrivera la seconde partie de saison où les organismes devront être suffisamment frais pour faire face aux différences échéances auxquelles devront faire face les Mancuniens.

Des cadres qui s’imposent à nouveau

Si Anthony Martial a monopolisé l’attention lors du 31 août, il ne faut pas oublier que ce jour-là, était au centre d’un incroyable imbroglio entre son club actuel et son futur club alors, le Real Madrid. En raison d’un fax des éléments du contrat intervenu après la date butoir (31 août, 23h59), son départ n’avait pas pu être acté. C’est la mort dans l’âme que l’on pensait retrouver le gardien espagnol dans les cages de Man U (qui aurait dû récupérer Keylor Navas dans l’opération + une trentaine de millions d’euros) ; au contraire : l’ancien portier de l’Atlético a su rebondir et retrouver une aisance et une solidité qui avait cruellement manqué à son équipe l’année dernière malgré quelques performances de haut vol.

On l’a dit, sa défense s’affirme, mais sa part de responsabilité dans les résultats actuels est également importante. Et surprise ! Le contrat de de Gea a même été prolongé seulement quelques jours après son vrai-faux départ, avec une revalorisation salariale à la clé. Business is business…

Cadre historique de l’équipe et jeune trentenaire, présent dans l’effectif depuis plus de dix ans maintenant, retrouve le leadership que l’on est en droit d’attendre de sa part. Il n’est plus seulement l’attaquant numéro 1 des mancuniens : Van Gaal en a fait le patron, celui qui peut également prendre le contrôle du jeu dans un nouveau rôle de numéro 10 que lui a concocté l’entraîneur hollandais. Wayne est désormais un capitaine incontestable et si ces statistiques ne sont plus celles que l’on a parfois connus avec lui, c’est parce qu’il a su faire preuve d’un sens du collectif que peu d’attaquants de sa classe auraient pu accepter.

On le voit bien en Ligue des Champions, Manchester n’est pas encore à la hauteur de ses illustres prédécesseurs de l’époque Ferguson. Néanmoins, le bout du tunnel semble plus proche que jamais pour des Red Devils avides de reprendre la main sur un championnat dont ils détiennent le record du nombre de titres (20). City, qui se présente en leader, est prévenu…