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Dragons Célestes, Coréens, Renards du désert et Cuivre : à quoi ressemblent les clubs du nord du Chili ?

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Dragons Célestes, Coréens, Renards du désert et Cuivre : à quoi ressemblent les clubs du nord du Chili ?

Après avoir vu en détail les clubs basés à Santiago, voici la suite du tour des clubs de l’élite du football avec cette fois-ci au programme les clubs de la partie nord du Chili.

Partie 2 : les clubs du nord du Chili

San MarcDragons Célestes, Coréens, Renards du désert et Cuivre : à quoi ressemblent les clubs du nord du Chili ?os de Arica : même si le club n’a pas été fondé sous ce nom, mais en tant que Norte-Arica en 1978, ce club de la ville d’Arica, tout au nord du Chili, s’appelle bien désormais San Marcos de Arica. En 2005 le club a connu une grave crise sportive et est descendu jusqu’en 3ème division, et comme la majorité des clubs de cette catégorie étaient situés soit au sud ou au centre du pays, et vu qu’Arica est la ville la plus au nord du pays, les déplacements se faisaient difficiles. Cette situation amena les dirigeants du club à demander à intégrer le championnat péruvien de fait de la proximité géographique de la ville avec le Pérou (même pas une vingtaine de kilomètres de la frontière), au milieu des années 2000. Du fait de sa situation sportive et de problèmes avec la fédération chilienne, le club avait entamé des réelles négociations pour intégrer la Première Division du Pérou, (alors que Chiliens et Péruviens n’entretiennent pas toujours des relations amicales, parfois hostiles), qui n’auront finalement pas abouties, le club s’étant finalement rétracté. Cette situation a néanmoins amené des négociations avec la fédération chilienne pour créer une zone nord de la troisième division du football du pays pour faciliter la participation de plusieurs équipes de différentes régions du pays. Dans la foulée, le club a changé (une énième fois) de nom, prenant le nom de San Marcos de Arica en hommage à Marc l’Evangéliste qui était le nom de la ville à sa fondation car elle a été fondée un 25 avril, jour de la…. Saint Marc bien évidemment. Le surnom du club est « El Santo », le Saint, qui fait allusion à son nom. L’écusson représente « El Morro de Arica », qui est une montagne surplombant la ville et en est le principal symbole. Depuis 2011 les dirigeants ont incorporé le drapeau inca multicolore sur la partie inférieure de leur maillot, ce qui est une revendication forte de la culture altiplanique de la ville. Il y a à priori une équipe féminine, ou du moins il y en avait une au moins jusqu’en 2013.

Dans les années 2000, Le club chilien San Marcos de Arica avait entamé des négociations pour rejoindre le championnat péruvien.

Dragons Célestes, Coréens, Renards du désert et Cuivre : à quoi ressemblent les clubs du nord du Chili ?Club de Deportes Iquique : Club de la ville d’Iquique, peuplée de 166 000 habitants, au sud d’Arica. Le club est né en 1978. Le club a un surnom très modeste, les Dragons Célestes. Le stade dans lequel le club évolue s’appelle lui aussi très modestement « Terre de Champions » Ramon Estay Saavedra (le nom d’un entraineur mythique du club). Il y évolue depuis 1993. Le Clasico du coin se joue contre San Marcos, le Clasico du Nord (du Grand Nord pourrait-on dire). Un de ces derniers Clasico a d’ailleurs été émaillé d’incidents racistes envers un joueur vénézuélien du San Marcos. Pour l’anecdote qui ne sert à rien mais reste une anecdote, le club est protagoniste du premier match de l’histoire du championnat joué entièrement sous la neige, en 2010 contre la Universidad Catolica. En 2000, suite à tombée en 3ème division, synonyme de football amateur, le club a frôlé la disparition à cause des dettes accumulées envers la ligue et a du changé de nom et est devenu le Municipal Iquique. Ce n’est qu’en 2007, suite à une montée et des résultats sportifs satisfaisants que le club a pu renégocier et éponger ses dettes (ou plutôt la municipalité) et récupérer son nom. Le logo originellement inspiré de la bataille Navale d’Iquique du 21 mai 1879 contre le Pérou, qui est jour férié dans tous le pays et est aussi un jour important dans la politique chilienne car le président présente au parlement son bilan annuel ce jour-là. Ensuite un dragon a été rajouté en référence à la dune qui surplombe la ville et qui donne le surnom au club. Le club n’a pas de section féminine à ce jour.

Dragons Célestes, Coréens, Renards du désert et Cuivre : à quoi ressemblent les clubs du nord du Chili ?Cobreloa : le club est basé à Calama, une ville minière et a été fondé en 1977. Avant que le club ne soit officiellement crée, il existait deux clubs amateurs, Club Sport Condor et Deportes el Loa. Suite à la fusion de ces deux clubs, le nom définitif découle l’union des mots « Cobre », le cuivre et Loa qui est le fleuve (ou plutôt la rivière) qui traverse la ville. Le club est très lié à la mine de cuivre de Chuquicamata, la mine à ciel ouvert la plus grande du monde. Le club est très étroitement lié a l’entreprise minière chilienne Codelco, qui exploite la plus grande partie des mines du pays, entre autres celle de Chuquicamata. Le logo du club nait du signe du Cuivre et du symbole grec Ankh, qui signifie vie, logo assez similaire à celui de Codelco. Quant à la couleur orange de son maillot, elle prend son origine dans le fait que le club a été fondé à l’époque l’Oranje Mécanique hollandaise, mais aussi et surtout pour satisfaire l’entreprise minière Ladeco, dont la couleur prédominante était l’orange, couleur qui rappelle aussi celle du cuivre. Ce club plutôt jeune a été couronné de beaucoup de succès vu son jeune âge. Le club à peine plus vieux que son petit frère minier Cobresal, avec 39 ans seulement, mais a déjà gagné 8 titres nationaux ! Cela en fait la 4ème équipe la plus titrée du pays. A souligner que le club a réalisé l’exploit de jouer deux finales consécutives de Copa Libertadores, en 1981 et 1982 malheureusement sans en gagner une. Le surnom des supporters est sans surprise « los Mineros », les mineurs, ou aussi les Renards du désert. Cobreloa joue ses matchs au Stade Municipal « Renards du désert » qui ressemble plus à un nom de stade d’Irak ou du Maghreb. L’équipe joue le Clasico du Cuivre contre Cobreloa, autre équipe minière. Le club est descendu en deuxième division pour la première fois de sa jeune histoire en mai dernier et joue donc depuis juillet en Primera B. Le club a une section futsal, et une équipe féminine. A signaler que le réservoir de jeunes joueurs dans la ville étant limité, les équipes de jeunes jusqu’au -16 ans sont délocalisées à Santiago.

Dragons Célestes, Coréens, Renards du désert et Cuivre : à quoi ressemblent les clubs du nord du Chili ?Deportes Antofagasta : le club de la ville d’Antofagasta, la grande ville du Nord du Chili. C’est le seul club sportif professionnel de la ville à ce jour. Le premier nom fut Antofagasta Portuario, né de la fusion de deux clubs ennemis (Union Bellavista et Portuario Atacama) de la ville, dans le but de présenter un seul club pour le championnat professionnel chilien. Le site internet du club compare même cette fusion à une pièce de Shakespeare, tant les deux clubs se haïssaient et tant l’union paraissait impossible, tels les Montaigu et les Capulet. C’est le premier club de football professionnel du Nord du pays. Le premier logo du club était composé d’une ancre et d’un A et a finalement évolué pour y intégrer un Puma, la mascotte du club, ce qui lui vaut aussi un de ses surnoms. Aujourd’hui, l’écusson reprend tous les éléments symboliques du club en incorporant l’ancre, le puma et la couleur bleu ciel caractéristique du club et aussi un ballon de foot. Quand le club s’appelait encore Antofagasta Portuario, les joueurs ont obtenu le surnom de «  Coréens », de part leur total dévouement et engagement à chaque match de l’année 1966. Il est devenu en 1979 le Club Deportes Antofagasta, après avoir s’être appelé un temps Club Regional Antofagasta car il était le seul club représentatif de la région. Suite à la création du club de Cobreloa, le nom de Regional est devenu superflu et a donc disparu. Le club n’a jamais remporté de championnat, mais est quand même des clubs de province remplissant le plus son stade. Il y a une équipe féminine qui a été championne de la zone Nord en 2007 et a glané deux titres consécutifs en 2010 et 2011.

Les clubs de Cobreloa et Cobresal sont tellement petits que leurs équipes de jeunes sont basées ailleurs, notamment la capitale Santiago

Dragons Célestes, Coréens, Renards du désert et Cuivre : à quoi ressemblent les clubs du nord du Chili ?Cobresal : le tout dernier champion du Chili, sacré en mai dernier. C’est le premier titre de l’histoire de ce petit club. C’est le club d’une « ville » (les Chiliens préfèrent l’appeler campement minier) de 8 000 habitants, appelée El Salvador pour un stade de 20752 places, dont le nom est génial: « El Cobre », le Cuivre. Cela fait presque plus de trois fois la population de la ville. Il faut tout de même préciser que la ville remplit difficilement son stade et n’a jamais joué à guichets fermés, ni même rempli entièrement une seule fois le stade puisque la meilleure affluence date de 1986 avec un petit peu plus de 15 000 spectateurs. C’est le Guingamp ou Auxerre local, sauf qu’au lieu des vaches et de la campagne, la ville vit pour et part la mine de cuivre environnante. Le club est lié à l’histoire récente du Chili et de la dictature militaire de Pinochet. Il a été poussé et financé par la dictature militaire pour que les mineurs, traditionnellement contestataires et fortement syndicalisés aient du divertissement et soient moins tentés par la subversion. La ville a une forme de casque romain. La photo ci-dessous l’illustre, et on croirait y voir une ville tirée d’un film de science-fiction. Cette photo aurait pu selon moi sortir du dernier Mad Max. La ville est tellement petite et offre un réservoir de jeunes joueurs à former si faible que son centre de formation et ses équipes de jeunes sont basés à Santiago, dans le quartier de San Bernardo, tandis que la section féminine évolue dans une autre région minière, au sud de la capitale. De part la petite taille de sa localité, le club a la plus faible affluence moyenne, alors que son stade est plutôt classé dans la fourchette haute en terme de capacité. Le club a à peine 35 ans, il est né en 1979. Il y a des joueurs en activité dans le championnat chilien ayant le même âge que le club. Le surnom des joueurs est soit les « Mineros », les Légionnaires ou encore les Immortels, du fait qu’ils se soient maintenus très longtemps en première division, et ce malgré leur pauvre niveau de jeu et leurs faibles campagnes en championnat, en étant toujours là malgré les faibles résultats. Le nom du club vient du doux mélange entre Cobre et Salvador et le logo est sensiblement le même que celui de Cobreloa. Le grand Ivan Zamorano y a débuté sa carrière. Pour l’anecdote, c’est le seul club chilien encore invaincu en Copa Libertadores à ce jour, 5 nuls, 1 victoire pour sa seule participation en 1986. Ce fut justement une campagne importante pour le football car le trio d’attaque est le même qui amené à la victoire finale Colo Colo en Copa Libertadores en 1991, à ce jour la seule d’un club chilien. En 2001, l’entreprise CODELCO, qui exploite la mine pour laquelle existe El Salvador avait décidé de fermer le campement minier. L’entreprise Codelco a depuis essayé de trouver un autre lieu pour accueillir son équipe mais finalement en 2011, sous l’impulsion de la présidente du pays Bachelet, l’entreprise a dit pouvoir garder El Salvador au moins jusqu’en 2021 ce qui assure la survie du club pour quelques années supplémentaires.

Dragons Célestes, Coréens, Renards du désert et Cuivre : à quoi ressemblent les clubs du nord du Chili ?

Le campement minier El Salvador, en forme de casque romain là où joue le club de Cobresal

On se rend donc compte dans l’importance du secteur minier dans le football chilien, avec deux clubs du nord totalement liés aux mines de cuivre, la principale richesse du pays.

La prochaine partie portera sur les clubs du centre du Chili pour se terminer avec ceux du sud du pays.

Assoiffé de foot depuis tout petit (en fait depuis le penalty raté de Roberto Baggio en finale de la World Cup 94), il se construit sa culture foot à travers ses voyages. Que ce soit par la Pologne, d’où il tire une partie des ses origines, mais surtout après avoir vécu le football en Amérique Latine. Il se passionne pour les passionnés du foot où qu’ils soient dans le monde. Il est président depuis 2012 d’un club de football multiculturel à Marseille.

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