AvideceWopyBalab

Des stades à huit-clos, un championnat coupé en deux poules (avec les deux premiers qui vont en phase finale) et une équipe nationale encore décevante : voilà les ingrédients du football égyptien version 2013/14. Suite au drame de Port-Said,entre les supporters d’El Masry et d’Al Ahly, 74 morts dans une tragédie plus proche du massacre que de l’affrontement de supporters, le football égyptien est en reconstruction. La méforme des deux grands Ahly et Zamalek n’aide pas le public à se passionner pour cette usine à gaz qu’est le championnat actuel, dominé par Smouha et Petrojet en tête de chacune des poules.

Des promesses, toujours des promesses

(Ismaily,21 ans), Mohamed Ibrahim (Zamalek, 22ans) , (Mokawloon ,22 ans) ou encore Omar Gaber (Zamalek, 22 ans), voilà sûrement des noms qui ne vous disent rien. Pourtant, ils font partie en ce moment des meilleurs espoirs de la Premier League égyptienne. Ils sont également le symbole d’un championnat qui a perdu deux de ses plus grandes stars en la personne du légendaire Mohamed Abotrika et de la merveille zamalkawy Shikabala. Après des années de domination en Afrique, le football égyptien se cherche une seconde jeunesse que les deux géants cairotes ont du mal à impulser.

Al Ahly vient de se faire éliminer en Ligue des champions par les lybiens de Benghazi et, suite à son match nul 1-1 face à ENPII, reste distancée de trois points dans sa poule, avec tout de même un match en moins sur le troisième. Si d’après son ancien entraîneur portugais Manuel José, Ahly peut « devenir comme le Barca ou le Bayern », les faiblesses démontrées en LDC restent très préoccupantes pour une équipe qui est championne sans discontinuer depuis 2005.

Du coté de Zamalek, la situation en championnat est bien plus préoccupante (8ème sur 11 équipes) pendant qu’ils sont eux par contre qualifiés pour le prochain tour de ligue des champions. Malgré 2 matchs de retard, les chevaliers blanc sont plus proches de la zone rouge que des deux premières places qualificatives pour les demi finales. Entraîné depuis janvier par la star locale , l’équipe est en pleine mutation, jamais depuis qu’il a prit ses fonctions l’ancien Marseillais n’a jamais conduit la même équipe d’un match à un autre et il a même décidé de tester tous les jeunes joueurs dans une optique d’avoir l’équipe la plus compétitive la saison prochaine. Mido promet une saison 2014/2015 meilleure et le retour des zamalkawys au plus haut niveau du foot égyptien. Des paroles toujours des paroles…

Les difficultés des deux géants aux pieds d’argile éclipse la belle saison de Smouha et Petrojet, deux équipes vierges de trophées qui pourraient profiter de cette saison particulière pour gagner enfin un titre de champion. En tout cas pour ces deux équipes c’est maintenant ou jamais car l’année prochaine la saison sera bien plus compliquée. Ne négligeons pas Ismaily, le troisième grand club d’Egypte, emmené par Antwi (meilleur buteur du championnat) et qui n’a plus gagné de titre de champion depuis 2002.

L’équipe nationale, une vitrine qui ne brille plus

La sélection nationale égyptienne est à l’image de son pays : elle a connu des jours meilleurs. Championne d’Afrique en 2006, 2008, 2010, les pharaons n’ont participé ni à la CAN 2012 ni à celle de 2013. Elle reste surtout sur un traumatisme lors des barrages de qualifications pour la Coupe du monde au Brésil. Après une phase de poules où elle est sortie première de leur groupe, le sort a eu la mauvaise idée de la faire rencontrer le Ghana. Balayée au match aller en terre ghanéenne (6-1), l’Egypte n’avait plus que ses yeux pour pleurer après la très courte victoire 2-1 du match retour.

Football en Egypte : attention chantier

L’Égypte n’a plus connu la Coupe du monde depuis 1990. L’entraîneur américain Bob Bradley a du laisser sa place à Shawky Gharib, ancien assistant époque Shehata. Malgré des talents certains – comme premier représentant – cette sélection n’arrive toujours a passer ce cap qui la ferait entrer dans le ghotta des équipes mondiales. Les nombreuses querelles et instabilités à la tête de la fédération égyptienne de football n’arrangeant en rien la situation. En mars dernier encore, la FIFA a mis en garde l’État égyptien face aux tentatives du ministre des sports de dissoudre la direction de certains clubs du pays. L’ingérence gouvernemental et la FIFA ne faisant pas toujours bon ménage.

L’Egypte est donc devant un grand défi : redevenir une équipe qui compte au niveau africain et remettre sur pied un championnat qui jusqu’ici était considéré comme le meilleur du continent. Cela passe d’abord par la reconstruction du pays.