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Mathias Coureur : « Signer en Bulgarie a été la meilleure décision de ma carrière »

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Mathias Coureur : « Signer en Bulgarie a été la meilleure décision de ma carrière »

Mathias est le profil type du joueur aux 7 vies, celui qui possède un football loin des paillettes du football de l’Ouest, fait d’aspérités qui le rendent si attachant, mais aussi d’erreurs, de coups d’éclat et de courage.

Ce fameux courage l’a fait passer par Nantes puis Gueugnon pour filer s’éclater en Espagne et finalement en Bulgarie, où il performe chez les Cherno More de Varna. Sans compter, au milieu de tout ça, sur quelques mois plus difficiles et un retour en Martinique pour retrouver les raisons de jouer au football qui lui faisaient tant défaut ces dernières années.

La décision de venir jouer en Bulgarie il y a plus d’un an peut parraître étonnante, mais Mathias revit à Varna, où il s’impose comme l’un des chouchous de son club, surtout depuis son but en finale de la coupe nationale. Entretien.

Tu possèdes un parcours atypique dans le football. Ton passage à Nantes a été éprouvant. Leur formation vacille. Comment analyses-tu tout ça avec le recul ?

En effet on peut qualifier mon parcours d’atypique. Avec beaucoup de péripéties ! Et forcément ça me rend fier de voir où j’en suis maintenant. J’ai vacillé mais j’ai su rebondir et j’en suis très heureux ! Concernant le FC Nantes, le président Kita était venu avec l’idée de faire de Nantes un gros club français en peu de temps. Donc forcément la formation était un peu mise de côté. Mais je trouve que cela a beaucoup changé depuis. Beaucoup de joueur sortent du centre aujourd’hui !

Mon passage personnel, avec le recul, je pense que si j’avais joué plus, si on m’avait fait un peu plus confiance, j’aurais pu montrer ma valeur… Mais j’étais jeune et je n’étais certainement pas préparé mentalement à gagner tout cet argent et à ne pas jouer alors que j’avais du feu dans les jambes.

A l’époque, je me suis senti abandonné et je me suis laissé aller. Je n’étais pas encore un vrai professionnel mentalement.

Après avoir connu quelques galères, tu arrives presque à être adulé au Cherno More grâce à des matchs solides. Comment vis-tu ça ? Ton histoire t’aide à garder les pieds sur terre ?

Honnêtement, signer à Varna est pour l’instant la meilleure décision dans ma carrière ! Ça en surprendra plus d’un que je dise ça, mais c’est tellement vrai ! Aujourd’hui, je me prends plus la tête. J’ai eu tellement de désillusion que je profite du bonheur présent et je continue à apprendre et à m’enrichir des autres. Je ne retomberai pas dans mes travers, je suis trop heureux aujourd’hui.

Comment peux-tu qualifier ton parcours pro si tu ne devais utiliser que 3 mots ?

Courage / Honneur / Famille

Les « amis », tu n’en as jamais autant que lorsque tout va bien.

Tu disais chez nos amis de SoFoot avoir mal été conseillé dans ton parcours pro. Que conseilles-tu aux jeunes joueurs ?

Le seul conseil que j’ai à donner aux jeunes, c’est de s’inspirer des grands champions. Dernièrement je lisais un truc sur Kobe (Bryant). Le mec il n’en n’est pas là pour rien ! Sa vie a été rythmée par le basket, le travail et l’envie de réussir. Tout ce qui se passait à l’extérieur, ça n’avait que très peux d’importance. Il s’est même inspiré de businessmen qui ont réussi pour avoir des conseils.

Aujourd’hui je suis dans cette optique. Ne penser qu’au foot, me fixer des objectifs et les atteindre. Les « amis » tu n’en a jamais autant que lorsque tout va bien. Les femmes, n’en parlons pas. Il faut savoir bien s’entourer, c’est primordial. C’est là que la famille est un repère très important.

Tout ça je l’ai vécu donc je transmets très humblement mon expérience.

Te propose-t-on de donner ton retour d’expérience, dans des centres de formation par exemple ?

Pour le moment, non. Mais je serais heureux de le faire, à l’image du témoignage de Guillaume Borne récemment. J’ai trouvé ça très courageux.

En Martinique, il y a pas mal de talents cachés.

Où en est ton projet de « passerelle » pour les jeunes entre la Martinique et la Métropole ?

J’y pense toujours ! J’en ai parlé autour de moi et avec la ligue de la Martinique. Pour l’instant je suis surtout préoccupé par ma carrière. En Martinique, il y a pas mal de talents cachés. La distance y est pour quelque chose. J’aimerais faire quelque chose pour mon île.

Des mecs comme Piquionne ont commencé en aidant mon pote Kevin Parsemain à signer en MLS, par exemple. J’espère qui y en aura beaucoup d’autres !

Tu parlais de difficultés d’organisation dans la sélection martiniquaise. Où en est la sélection ? Sens-tu un progrès et une ambition à long terme ?

Oui il y a encore des petits problèmes d’organisation mais ça va en s’améliorant. Dernièrement j’ai déjà fait une Gold Cup lors de laquelle nous ne sommes pas passés loin en faisant un nul contre la Jamaïque, chez eux, notamment. La campagne pour les qualifications de la Gold Cup reprend bientôt, et j’espère y participer ! Cette sélection peut être ambitieuse !

Ta cote a sérieusement grimpé depuis ton arrivée en Bulgarie. Tu te vois tout reconstruire dans un autre club ou tu désires encore franchir des paliers en Bulgarie ?

Je vais dire ce que je dis à la presse ici : ici on me traite bien et j’ai la confiance du staff, du club. Que dire des supporters ? Ils sont incroyables, toujours derrière moi. J’avais déjà ressenti de l’affection dans mes clubs précédents, mais pas de façon exacerbée comme ici. Ce serait dur pour moi de jouer dans un autre club que Varna en Bulgarie. Si je dois partir un jour, c’est pour un projet longue durée et de préférence dans un autre pays.

Que connaissais-tu du football bulgare avant d’y arriver ?

Je connaissais Stoichkov, que j’ai d’ailleurs rencontré, et le bourreau des Français, Kostadinov ! (rires) J’avais aussi entendu parler des 2 clubs phares ici : le Levski Sofia et le CSKA Sofia, qu’on pourrait comparer à la rivalité Paris / Marseille.

Le Cherno More comporte une grande délégation portugaise/espagnole. Comment expliques-tu cette présence ? Comment se passe la communication dans l’équipe ?

Le coach a joué au Portugal, donc il doit avoir des connexions là-bas. Nous sommes quand même 3 francophones dans l’équipe ! Sinon, je parle couramment espagnol, donc on arrive tous à se faire comprendre. J’ai dû me mettre à l’anglais récemment. C’est pas encore le top mais je commence à me débrouiller (rires).

t’a rejoint au Cherno More. Cela te facilite la mise en place tactique et la communication sur le terrain ?

Il me facilite surtout la tâche pour marquer des buts ! (rires) Mehdi c’est un super joueur, qui n’a pas eu beaucoup de chance dans ces clubs précédents. J’espère que dans le futur il aura sa chance dans un championnat plus huppé. Cherno More lui donne l’opportunité de jouer et de montrer ses qualités. J’essaie de l’aider à travailler et lui transmettre ma petite expérience afin qu’il atteigne ses objectifs. Il réussira, c’est certain.

Ça donne quoi l’ambiance durant les matchs en Bulgarie ?

C’est simple, quand tu vas à Levski ou à Loko Plovdiv, c’est fou ! Mais l’ambiance que je préfère, c’est celle du Botev Plovdiv. Un vrai kiffe ! Nous c’est pas mal, on a une bonne base de supporters, qui nous suivent fidèlement chaque week-end. La meilleure ambiance que j’ai connu ici, c’est lors de la finale de la Coupe de Bulgarie que nous avons gagné l’an dernier. C’était dingue !

La descente administrative du CSKA Sofia est vécue comment en Bulgarie ? Cela ouvre plus de possibilités aux clubs secondaires ?

Pour te montrer à quel point cette équipe est populaire, ils sont en D3 et leurs matchs passent à la TV ! Ils jouent dans des stades remplis. C’est un très grand club, certainement le plus suivi de Bulgarie. Ce serait bien pour le football bulgare qu’ils remontent vite.  Leur absence est bien compensée par Ludogorets, qui joue régulièrement la Champion, même si cette année, la concurrence est rude pour eux.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Que du bonheur ! Que mon aventure Bulgare continue ainsi, que les filets tremblent encore et que je fasse marquer les autres. La santé pour ma famille et que tous ceux que j’aime. Et puis une petite femme en cadeau de Noel (rires)

Venez « liker » nombreux sur mes réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) et ceux de mon coéquipier Mehdi Bourabia, pour suivre nos aventures Bulgare.

Merci de vous être intéressé à moi et à mon équipe, ça fait plaisir. Longue vie à PKFoot ;)

Sébastien est plongé depuis plus de 20 ans dans le football, à tel point qu’il est devenu arbitre de football. Débarqué sur Panam' avec les prétentions d'un Pancrate, il préfère maintenant cracher son venin sur son blog. Vous êtes dessus !

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