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New-York Cosmos : Twice in a Lifetime

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New-York Cosmos : Twice in a Lifetime

Ils étaient tous là : pour le grand retour du New-York Cosmos dans le paysage footballistique américain, les légendes du football , Carlos Alberto et étaient présentes pour célébrer le reboot du Cosmos en NASL, avec au bout une victoire 2-1 face aux Strikers de Fort Lauderdale. Pour toute une génération de fan de foot, aux Etats-Unis comme ailleurs, le New-York Cosmos représente presque à lui seul une époque : celle du sport le plus populaire combiné au talent des américains pour le spectacle.

Quiconque ayant manifesté un intérêt pour le Cosmos autrefois se souvient aisément des brésiliens Pelé et Carlos Alberto, de Beckenbauer ou encore de Chinaglia, avec la Warner en toile de fond et tout ce que cela implique de strass, de paillettes, de show comme seuls les américains sont capables d’offrir. De 1971 à 1984, le club aura connu les sommets (5 titres : 72, 77, 78, 80 et 82) et la déchéance (disparition du club en 1985). Et comme dans les meilleures superproductions américaines, le club est aujourd’hui de retour, pour dominer à nouveau la planète soccer. Retour sur le come-back d’un des clubs de soccer les plus emblématiques.*

Retour à la lumière

En ce 3 aout 2013, le Cosmos est officiellement revenu à la vie en participant au Clausura 2013 de la NASL, en disposant des Strikers de Fort Lauderdale. Le passé du club derrière lui, nous n’allons pas trop revenir en détail sur l’illustre histoire du club. Il serait en effet ici bien trop long de vous raconter leur première vie tellement celle-ci fut intense, d’autant plus ce n’est pas là le but premier. Néanmoins si vous ne l’avez pas déjà vu, le superbe documentaire Once in a Lifetime, narré par Matt Dillon et sorti en 2006, retranscrit parfaitement la première histoire de ce club, entre grandeurs et décadences. Malgré cela, il faut tout de même revenir sur ce qu’il s’est passé entre 1984 et 2013. En réalité, il ne s’est tout simplement pas passé grand-chose. Après son départ de la NASL en 1984, le club a bien tenté de survivre encore un peu en évoluant en Major Indoor Soccer League lors de la saison 1984-1985, mais le mal était déjà fait et les faibles affluences ont eu raison du club après 33 matchs. La suite : une longue traversée du désert.

Les investisseurs ayant quitté le navire, seul le nom du club perdurait. Giorgio Chinaglia, légende du club, avait bien tenté de faire revivre le club en détenant la totalité de ses droits mais n’y était pas parvenu. Ce n’est qu’au rachat de ces droits par Paul Kemsley que le club annoncera officiellement un retour du club. On est alors le 1er aout 2010 et Pelé en personne profite de la Copa NYC (Cosmos Copa) pour annoncer le retour du club en MLS. S’en suit un spot sorti en 2011 d’une quinzaine de seconde avec  en vedette. Le King, assis sur un fauteuil et vêtu d’un costume avec le blason du club, clame à sa manière (c’est-à-dire avec l’accent) « we are back ! ». Et puis plus rien ! Difficile de savoir ce qu’il s’est passé durant cette période. Il y eut bien un match amical face à Manchester United, mais le mystère plane sur ce qu’il s’est passé par la suite. Finalement Paul Kemsley finira lui aussi par vendre ses parts à Seamus O’Brian, actuel propriétaire du club. Le retour du club a finalement lieu, mais celui-ci se fera en North American Soccer League.

New-York Cosmos : Twice in a Lifetime

De nouvelles fondations

Le club a aujourd’hui entamé avec brio sa nouvelle vie. Eric Cantona fait bien partie du projet en tant que Director Of Soccer, mais s’il s’agit davantage d’un rôle d’ambassadeur. Pelé est président d’honneur et le club a placé des anciens joueurs comme ambassadeurs du club. Au niveau de l’organisation générale, le propriétaire, Seamus O’Brian, et Erik Stover, manager général, veulent faire les bons choix et souhaitent mettre en place une stratégie sur le long-terme. Les dirigeants savent en effet qu’il sera difficile pour le club de retrouver du jour au lendemain son lustre passé. Par conséquent, l’ambition première du club est d’abord de construire des fondations solides à tous les étages du club.

D’un côté, le club compte sur les anciennes légendes pour apporter le soutien médiatique dont ils ont besoin, de l’autre, ils préparent l’avenir en réfléchissant à un système de formation performant ainsi qu’à un développement progressif de leurs infrastructures. Au niveau de l’effectif actuel, le club possède quelques ambitions et espère pouvoir bien figurer en NASL. Le défenseur Carlos Mendes, défenseur new-yorkais (il a évolué aux MetroStars et aux NY Red Bull) et Marcos Senna, sont les figures de proue de cette équipe.

Indéniablement, l’ambition du Cosmos aujourd’hui est de redevenir un grand nom du soccer outre-Atlantique. La signature du Champion d’Europe 2008, l’hispano-brésilien Marcos Senna, est un pas dans ce sens et le laisse penser. Il devrait être rejoint dans les années à venir par d’autres stars du même calibre à mesure que le club poursuivra son expansion. Mais le club ne brûlera pas les étapes et entend d’abord stabiliser les fondations avant de tutoyer à nouveau les sommets. Par exemple, la formation des jeunes talents fait partie des axes de développement prioritaires du club. Ne disposant pour le moment pas d’un centre de formation (il devrait voir le jour en 2014), le club s’appuie pour le moment sur des partenariats signés avec des clubs satellites. Pour favoriser l’intégration des jeunes, le club a placé à la tête de l’équipe première Giovanni Savarese, un entraîneur très impliqué dans le développement des jeunes talents. Concernant les infrastructures, les plans d’un nouveau stade dédié au Soccer sont en ce moment étudiés par la direction du club. Celui-ci pourrait voir le jour dans le Belmont. Il devrait en être de même pour un centre d’entraînement.

Un héritage à transmettre

Plus encore qu’un New-York Red Bull ou qu’un Los Angeles Galaxy aujourd’hui, le New-York Cosmos est un club avec une histoire très riche, qui aura marqué la véritable première génération de fan de soccer. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de mythe. Et comme pour tout mythe, celui-ci doit être entretenu et transmis de génération en génération. Le Docteur David Kilpatrick, nouvel historien du club engagé en novembre dernier, est l’homme chargé de lier le passé et le présent du club. Ainsi, il a récemment entamé un immense travail d’investigation en invitant les fans de la première heure à raconter leurs souvenirs, à l’affût de la moindre anecdote, lançant notamment des appels sur le site officiel du club et via les réseaux sociaux.

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Cet héritage se matérialise déjà par ce maillot blanc au col vert caractéristique

« L’objectif est d’apprendre le passé, le célébrer et le partager avec le public. Je mets à jour les souvenirs quotidiennement en fonction de ce que les fans me rapportent. On peut parler des anciens joueurs, des anciens du staff technique, mais il faut tout autant parler des fans. C’est un travail autour du mythe Cosmos, de sa mémoire. »

Ce travail de mémoire voulu par le club se retrouve aussi dans sa stratégie de communication qui fait la part belle au passé. Le club a été médiatisé grâce aux légendes du foot ayant joué pour le club et elles sont encore là aujourd’hui pour aider le club à revenir sur le devant de la scène. Ainsi, le club a multiplié les évènements avec elles ces derniers jours. Le 1er aout dernier, l’Empire State Building était illuminé aux couleurs du club pour célébrer son retour. C’est Pelé en personne qui a allumé ces couleurs. Samedi  3 aout, on pouvait retrouver Pelé, Carlos Alberto ou encore Franz Beckenbauer pour fêter le retour du club en compétition officielle. Et il ne s’agit pas là d’un simple coup médiatique.

« Il y a une culture des anciens. Le club souhaite impliquer ses légendes passées pour raviver la flamme. Le club en a besoin : Pelé est Président d’honneur du club, Shep Messing et Carlos Alberto sont des ambassadeurs du club (Il y avait aussi Giorgio Chinaglia, décédé en 2012). De nombreux anciens joueurs du club devraient nous rejoindre bientôt. » – Docteur Kilpatrick

Un retour et une question

Le retour du Cosmos en NASL et ses ambitions avouées soulèvent tout de même une question : pourquoi un retour en NASL et pas en MLS ? En août 2010, lorsque Pelé avait annoncé le retour du Cosmos, il s’agissait bien d’un retour en MLS. Paul Kemsley, propriétaire du club à l’époque souhaitait un retour dans la ligue la plus médiatisée des Etats-Unis. Mais le changement de propriétaire et l’arrivée de Seamus O’Brian entre temps aura aussi entraîné un changement de stratégie au point d’évoluer en NASL. Selon César Diaz, rédacteur en chef du site ThisIsCosmosCountry.com, il ne fait aucun doute qu’il s’agit du bon choix.

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« Personnellement, je crois que la décision du Cosmos d’évoluer en NASL est un choix intelligent. Historiquement, la NASL est le championnat où le Cosmos a obtenu tous ses succès. Et puis financièrement, rejoindre la NASL était beaucoup moins cher que de rejoindre la MLS. »

Entre les lignes, on comprend que le club n’a plus forcément les mêmes moyens que par le passé, du moins pour le moment. Car le club fait toujours partie des clubs favoris pour rejoindre la MLS à l’horizon 2020.

En attendant, il est une organisation qui bénéficie grandement de ce retour : il s’agit de la NASL. Considérée en Europe comme la 2ème division du soccer, ce n’est pas le cas en réalité, puisqu’il n’y a pas de système de promotion/relégation. Et cela signifie donc que ces deux championnats pourraient bien devenir concurrents si la NASL venait à se développer. Moins médiatisé aujourd’hui, ce championnat pourrait bien le devenir davantage avec un Cosmos compétitif. De là à voir une ambition commune au Cosmos et à la NASL de grandir ensemble il n’y a qu’un pas, qu’il n’est pas difficile d’envisager.

« L’ambition de la NASL est de devenir une ligue compétitive capable de rivaliser avec la MLS. Je pense que la NASL et le Cosmos veulent offrir un football de qualité que les fans auront envie de supporter. » – Cesar Diaz

En revenant dans le championnat de ses débuts, le club espère se développer en même temps que la NASL afin de devenir chacune des alternatives crédibles, à la MLS pour la NASL, et aux NY Red Bulls pour le Cosmos.

Une nouvelle concurrence

Thierry Henry, Tim Cahill, la marque Red Bull : la franchise numéro une de New-York actuellement, ce sont bien les Red Bull. Mais avec le retour du New-York Cosmos en NASL et l’arrivée prochaine du New-York City FC (franchise de Manchester City et du club de baseball des Yankees) en MLS, la concurrence entre les clubs de football à New-York s’annonce rude. Pour César Diaz, la concurrence est dans tous les cas une bonne chose pour le football new-yorkais, mais il n’a aucun doute sur le match rêvé par les supporters de la ville à la Grande Pomme.

« Je pense que la présence du New-York City FC est une bonne chose pour les Red Bulls, parce qu’ils ont maintenant un rival local évoluant dans la même ligue. Mais je pense que le match que tous les fans espèrent est celui entre les Red Bulls et le Cosmos. Et la seule façon que cela se produise sera au cours de la U.S Open Cup (la Coupe des Etats-Unis). »

On imagine déjà l’excitation des fans pour un match qui serait à coup sûr un évènement immense dans une ville où la passion pour le football est réelle.

Lorsque la question de la concurrence entre les clubs New-Yorkais est posée à David Kilpatrick, il n’a aucun doute sur le côté stimulant de la concurrence pour les trois clubs et est convaincu qu’il s’agit d’une bonne chose pour le football new-yorkais en général.

« Dans le football, tout tourne autour de la passion. Il y a énormément de fans de football et de pratiquants à New-York et si la qualité est au rendez-vous, il y aura de la place pour tout le monde. Quand j’étais plus jeune, au temps de la domination du Cosmos, pour parler du club on disait The Cosmos Country. Il faut savoir que le soccer aux Etats-Unis n’a pas seulement commencé en 1994 avec la World Cup. Beaucoup de jeunes garçons ou de jeunes filles jouent aujourd’hui au football est c’est en grande partie aussi grâce au Cosmos. »

Indéniablement, la présence de 3 clubs de football à New-York semble être une bonne chose, la concurrence étant perçue positivement. Le retour du Cosmos ne peut être qu’une excellente chose pour la ville de New-York et pour le soccer en général. Davantage encore que les franchises actuelles, qui s’appuient pour le moment uniquement sur la notoriété des joueurs comme Henry, Di Vaio, Nesta ou encore Beckham dans un passé très récent, le Cosmos est au fil du temps et grâce à ses légendes devenu le club le populaire de toute une génération, un club qui a aussi obtenu des succès. Son retour au premier plan et dans une ligue concurrente à la MLS, même s’il peut être perçu d’un mauvais œil par la concurrence, ne peut qu’être positif, puisqu’il permet à nouveau de jeter un coup de projecteur sur un football en pleine mutation. Chacun est conscient qu’il y a dans cette histoire non pas un mais une multitude de gagnants : la ville de New-York, qui abrite de nombreux fans de foot, les supporters du Cosmos, heureux de retrouver leur club, la NASL, qui revient au premier plan grâce à la présence du Cosmos. Mais le grand gagnant de ce come-back pourrait bien être aussi le soccer américain en général, qui continue encore sa progression et dont le potentiel semble immense.

* Je souhaite remercier le Docteur David Kilpatrick, historien du club, Nick Lavagna, président des Borough Boys, plus important groupe du supporter du club, et César Diaz, rédacteur en chef de Latino Sport et de ThisIsCosmosCountry.com, pour avoir bien voulu répondre à mes sollicitations.

Passionné de football depuis tout petit, je crois que depuis le début j’aime autant le regarder que le pratiquer. Mes premiers souvenirs télévisuels remontent à 1996 et l’Euro en Angleterre, puis bien évidemment la Coupe du Monde 98. Mon regard n’a vraiment changé qu’à partir de 2004-2005, où je me suis vraiment mis à m’intéresser au football différemment et au moment ou j’ai eu mon premier Football Manager.

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