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Steven Thicot : « J’ai les qualités pour évoluer au plus haut niveau »

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Steven Thicot : « J’ai les qualités pour évoluer au plus haut niveau »

, capitaine de l’équipe U17 qui remporta le championnat d’Europe en 2004 aux côtés d’Hatem Ben Arfa, Karim Benzema, Jérémy Menez et Samir Nasri est actuellement à la recherche d’un challenge ambitieux. Il a nous accordé un entretien durant lequel il n’élude aucune question, évoquant les moments forts de sa carrière mes aussi ses échecs. Animé d’un fort esprit de revanche, il est prêt à tout pour prouver qu’il n’a absolument rien perdu de son football et de ses qualités.

Tout d’abord Steven comment allez-vous ?

Steven Thicot : Je me maintiens en forme actuellement dans un club britannique qui a la gentillesse de m’accueillir depuis deux semaines. Depuis le 1er Juin dernier, j’ai commencé à travailler pour répondre présent si un club venait à me solliciter. J’ai commencé cette préparation seul comme j’ai en l’habitude, puis j’ai pris l’initiative d’engager un préparateur physique personnel pendant huit semaines .De plus, j’allais régulièrement dans un club de fitness m’entretenir sur le plan athlétique, enfin, l’Entente Sannois Saint-Gratien m’a permis de m’entraîner régulièrement avec un groupe durant un bon mois.

Sur le plan physique vous êtes donc plutôt affûté ?

J’estime que je suis actuellement à 75% de mon potentiel, il me suffirait de trois semaines de préparation quotidienne avec un club pour être en pleine possession de mes moyens.

Avez-vous reçu des appels d’agents et des propositions concrètes émanant directement de clubs ?

J’ai énormément d’appels d’agents, certains semblent plutôt sérieux, d’autres en revanche vous promettent monts et merveilles mais cela ne débouche jamais sur du concret, j’ai désormais vingt-huit ans et je ne me laisse plus avoir par ce genre de discours, j’y suis rodé. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai décidé ne plus avoir d’agent et de gérer seul ma carrière. En ce qui concerne les clubs, j’ai eu des propositions mais aucune ne m’a pour le moment convaincu, soit le challenge sportif n’était absolument pas intéressant soit les propositions financières frisaient le ridicule, pourtant je ne demande vraiment pas la lune sur le plan financier. J’ai reçu des propositions du Portugal, de Chypre, de Pologne, d’Azerbaïdjan et enfin d’Iran. Cependant, pour le moment il n’a y a pas eu d’adéquation entre le projet sportif et le volet financier, par conséquent j’ai préféré décliner ces offres.

Seriez-vous prêt à faire des essais ?

Bien sur, je trouve même que c’est parfois mieux pour les joueurs d’être mis à l’essai plutôt que de signer sans ne rien connaître du club. Cela permet de juger du niveau des joueurs, de la qualité du staff et de voir les installations.

Quelle serait pour vous la destination rêvée ?

Je suis ouvert à tout tant que le challenge sportif est intéressant et que le salaire est correct, je ne ferme aucune porte. Si j’avais le choix, j’opterais pour l’Angleterre ou l’Allemagne néanmoins retourner au Portugal, jouer en MLS ou en Australie seraient des opportunités que je ne refuserais sans doute pas. Toutefois, je le répète, le challenge sportif doit être intéressant et je dois pouvoir m’y retrouver sur le plan financier.

Pouvez-vous nous parler de votre profil ?

Je suis un défenseur axial de formation, j’aime beaucoup anticiper et lire le jeu de mes adversaires, en outre je pense posséder une relance de qualité et je ne refuse pas les duels. Par ailleurs, je peux également évoluer en numéro 6 dans un schéma avec une pointe basse et je peux aussi occasionnellement dépanner au poste de latéral droit.

Vous êtes issus de la fameuse génération 87 dont vous étiez le capitaine, comment expliquez-vous que n’ayez jamais eu votre chance au FC Nantes, un club qui vous a pourtant fait signer en 2005 un contrat professionnel de trois années alors que n’aviez qu’à peine dix huit ans ?

Lorsque je n’avais que dix sept-ans le coach de l’équipe fanion, Loïc Amisse est venu me dire qu’il me ferait basculer vers le groupe professionnel et qu’il me donnerait ma chance au cours des prochaines semaines si les résultats de l’équipe première étaient négatifs. Malheureusement, le week-end suivant cette discussion, lors d’un match de CFA un joueur de Poissy m’a fracturé la malléole gauche, j’ai donc été en convalescence jusqu’à la fin de cette saison. A dix-huit ans j’ai signé mon premier contrat professionnel avec le FC Nantes, l’entraîneur de l’époque était Serge Le Dizet, les six premiers mois se sont globalement bien déroulés puisque j’étais régulièrement dans le groupe des seize joueurs. Souhaitant accumuler du temps de jeu au niveau professionnel et non plus en CFA, nous avons, ma famille et moi demandé à ce que je sois prêté pour la deuxième partie de saison. Nous avons alors essuyé un refus catégorique de la part du club, et à partir de ce moment là je n’ai plus jamais été dans le groupe pro. Deux jours avant la reprise de la saison suivante – ma deuxième saison au niveau professionnel- le club m’a informé par téléphone qu’il ne comptait plus sur moi et que j’allais faire parti d’un groupe de joueurs mis à l’écart, à dix-neuf ans se retrouver dans cette situation me paraissait ubuesque. Finalement, quelques jours plus tard j’ai été prêté une saison avec option d’achat à Sedan qui évoluait alors en L1. Le coach sedanais de l’époque Serge Romano ne m’a fait jamais confiance, et j’ai dû attendre son limogeage et l’arrivée de José Pasqualetti pour faire trois apparitions en Ligue 1. Je serais d’ailleurs éternellement reconnaissant envers cette personne de m’avoir donné ma chance. Finalement Sedan a été relégué -tout comme Nantes- et le club ardennais a décidé de ne pas lever l’option d’achat, par conséquent j’ai dû retourner au FCN pour ma dernière année de contrat. Le club m’a annoncé via mon agent Karim Djaziri qu’il ne souhaitait pas que je revienne pour la pré-saison, mais grâce aux relations qu’entretenait mon agent avec Xavier Gravelaine -alors directeur sportif- je n’ai finalement pas été mis à l’écart et grâce à ma détermination, ma soif de revanche, à mon travail et à mes qualités sportives j’ai disputé la quasi-intégralité des matchs d’avant-saison. J’ai même fait parti du groupe des titulaires lors des oppositions précédant le premier match de la saison en Ligue 2, mais, à mon grand étonnement je n’ai même pas été convoqué pour cette rencontre. Par la suite, je n’ai jamais disputé la moindre minute avec l’équipe fanion et pendant deux mois au cours de cette saison j’ai même eu interdiction de jouer avec l’équipe réserve en CFA.

Hibernians ? J’ai été abasourdi, les installations étaient absolument magnifiques !

Suite à votre fin de contrat avec le FC Nantes vous partez pour Hibernians en Écosse ?

Oui, j’ai suivi le stage UNFP destiné aux joueurs sans contrat, et au bout de quelques semaines j’ai reçu un appel d’un recruteur qui m’avait suivi lorsqu’il travaillait pour Chelsea, grâce à lui j’ai reçu cette offre d’Hibernians, un club qui évoluait en 1ère division écossaise. J’ai décidé de me rendre sur place et lorsque je suis arrivé la bas, j’ai été abasourdi, les installations étaient absolument magnifiques, j’ai donc immédiatement paraphé un contrat de trois saisons. Malgré les changements d’entraîneur réguliers, j’ai joué 40 matchs et ai gagné en crédibilité dans ce pays. Toutefois, à l’issue de ces trois saisons, je me suis senti en fin de cycle en Écosse et j’ai voulu connaître une autre expérience et découvrir un nouveau championnat. Malheureusement, à chaque fois que j’étais sur le point de rejoindre un club, un détail faisait tout capoter, au final j’ai connu une année blanche.

Suite à cette saison blanche vous allez jouer à Naval en seconde division portugaise n’est-ce pas ?

Tout à fait, j’ai fait une superbe saison dans ce club durant laquelle j’ai disputé cinquante deux matchs et marqué trois buts, l’ambiance dans l’équipe était géniale et l’entraîneur Alvaro Magalhães était un technicien de haut niveau qui avait auparavant été adjoint à Benfica.
Suite à cette saison pleine, j’ai eu l’opportunité de rejoindre l’Étoile Rouge de Belgrade, mais le comportement de certains dirigeants m’a déplu et j’ai préféré signé trois ans au Dinamo Bucarest où j’ai fait une bonne saison, et où au fil du temps je suis devenu un cadre de l’équipe, malheureusement le club ne m’a pas payé pendant une longue période et j’ai décidé de résilier mon contrat.

Retour la saison passée au Portugal à Belenenses mais cette fois en première division…

Exactement, j’ai signé un contrat d’une saison et demi à partir de janvier 2014, j’ai disputé dix rencontres dans la foulée de la signature de mon contrat dont la première face à Porto, un match que je n’oublierai pas car j’étais au marquage de Jackson Martinez. Cependant, à la fin du mois de mars l’entraîneur a été remercié et je n’entrais plus dans les plans du nouveau coach. Par conséquent, je n’ai plus disputé aucune rencontre à partir de ce moment et ce jusqu’à la fin de saison. La résiliation m’a semblé à ce moment être la seule issue possible, ce que j’ai donc fait une nouvelle fois et depuis lors je suis à la recherche d’un nouveau défi.

Vous avez évolué dans beaucoup de pays, quelles sont les spécificités de chacun de ces championnats ?

Le championnat portugais est le plus exigeant d’un point de vue technique et tactique, j’ai d’ailleurs beaucoup appris auprès d’ Alvaro Magalhães sur le plan défensif. En Écosse, c’est bien sur l’intensité durant les rencontres et les duels physiques qui sont prépondérants. Enfin, le championnat roumain et un mélange de tout ça, techniquement le niveau est assez élevé, et il faut aussi faire preuve d’intelligence tactique.

Quel est jusqu’à présent le championnat où vous avez pris le plus plaisir à jouer ?

Au Portugal sans hésiter, c’est un style de jeu qui correspond tout à fait à mon profil aussi bien sur les plans technique que tactique. D’ailleurs, si je reçois dans les semaines à venir une proposition d’un club portugais avec un projet ambitieux, je n’hésiterai pas.

Depuis votre départ du FC Nantes, dans quels domaines pensez-vous avoir le plus progressé et ceux dans lesquels aimeriez-vous encore progresser ?

En Écosse j’ai appris le combat physique, au Portugal et en Roumanie j’ai beaucoup appris sur les aspects défensif et tactique. Par ailleurs, j’ai beaucoup amélioré mon jeu de tête défensif et offensif. J’aimerais encore progresser dans la finition, car je me procure régulièrement des occasions sur coups de pieds arrêtés. De toute façon, comme je suis quelqu’un de professionnel et de perfectionniste, j’essayerai de progresser jusqu’au dernier jour de ma carrière.

Quels arguments utiliseriez-vous pour convaincre un coach de vous faire signer un contrat ?

Je lui dirais que je suis un joueur d’équipe, un leader, très exigeant envers moi-même et que je ne joue que pour la gagne.

Un retour en France vous plairez-t-il ?

Bien sûr, un bon projet en Ligue 2 me plairait, néanmoins j’ai quitté la France il y a un bon moment maintenant, et les entraîneurs me connaissent seulement de nom mais sont pour la plupart incapables de décrire mon style de jeu, mes forces et mes faiblesses.

Lorsque que vous regardez des matchs de L1, pensez-vous avoir le niveau requis pour y évoluer ?

Si je fais une préparation normale avec un club dès le mois de juin comme je l’ai fait lorsque j’étais à Nantes, je pense être capable de jouer dans beaucoup de clubs de Ligue 1. Ce n’est pas de l’arrogance que de dire cela, je suis juste conscient de mes qualités et je ne vois pas l’intérêt de me rabaisser. Lorsque je regarde les matchs de L1, je trouve que les défenseurs manquent souvent de réflexion et d’anticipation.

Vous-êtes vous fixé dans votre tête une date butoir pour trouver un club ?

Oui, je me laisse encore un mois maximum avant de signer un contrat, j’espère que d’ici là un club ambitieux et structuré aura la bonne idée de me contacter.

Le FC Nantes ne m’a jamais donné la chance de montrer de quoi j’étais capable.

Comment expliquez-vous que le capitaine de l’équipe championne d’Europe en 2004 soit actuellement sans club, et par ailleurs avez-vous toujours des contacts avec vos anciens coéquipiers ?

Si vous prenez les exemples d’Hatem (Ben Arfa), de Jéremy (Menez), de Karim (Benzema), ou bien de Samir (Nasri), ce sont des joueurs à qui l’on a donné très jeunes la possibilité de montrer de quoi ils étaient capables, en ce qui me concerne, le FC Nantes ne m’a jamais donné cette chance. Je n’ai plus de contacts réguliers avec ces quatre joueurs, mais pour autant un lien nous unit à jamais, la victoire en 2004 fut un moment très fort et inoubliable pour nous tous. Néanmoins, bien que désormais chacun gère sa carrière de son côté, je sais que si nous sommes un jour amenés à nous revoir le plaisir sera réciproque.

Steven Thicot : « J'ai les qualités pour évoluer au plus haut niveau »

Steven Thicot, capitaine de l’Equipe de France U17 en 2004

Quand vous voyez les carrières de Fabregas et Piqué que vous aviez battu en finale de championnat d’Europe, n’y a t-il pas chez vous un sentiment de gâchis et de revanche ?

Je n’ai aucune revanche personnelle à prendre vis-à-vis d’eux, par contre il est certain que j’ai certains regrets quand je me rappelle de nos confrontations et de leur carrières actuelles. Vous savez, en football tout va très vite, il n’est pas impossible que je retrouve un club avec lequel je tutoierai à nouveau les sommets, même si la probabilité s’amenuise de jour en jour. Je sais que les années passent, et qu’elles ne se rattrapent pas, mais je suis aussi conscient de mes qualités et je crois en ma bonne étoile, la roue va finir par tourner. Quoiqu’il en soit, je suis fier de ma carrière et de la capacité à me relever dont j’ai fait preuve lors des moments difficiles que j’ai dû affronter.

Vous semblez tout de même amer vis-à-vis du FC Nantes…

En effet, je ne m’en cache pas, en plus de ne m’avoir jamais donné ma chance, ce club a cherché à briser ma carrière en colportant des rumeurs infondées. Alors que j’avais déjà quitté le club, on m’a fait passer pour un jeune arrogant, méprisant et sans respect, alors que ma personnalité est exactement l’inverse de celle-ci. Depuis cette période, j’ai une réputation dans le microcosme du football français qui n’est pas très flatteuse, raison pour laquelle j’ai toujours évolué à l’étranger depuis la fin de mon contrat à Nantes. Pour autant, je ne regrette rien, car j’ai beaucoup appris grâce à ces expériences dans d’autres pays que ce soit d’un point de vue footballistique ou sur les plans linguistique et culturel.

On sait qu’en football tout va très vite, avez-vous déjà réfléchi à une reconversion après votre carrière, pensez-vous rester dans le milieu du football ?

J’y songe depuis mes quinze ans, donc ce n’est pas quelque chose qui m’effraie, j’ai toujours su que dans le football vous pouviez être au firmament très rapidement, et n’être plus rien en quelques jours. Donc, comme dans mon style de jeu j’essaye d’anticiper au maximum les événements. En ce qui concerne le milieu du football, je me vois beaucoup plus éducateur qu’entraîneur d’une équipe senior, j’aimerais aider les jeunes à éviter certains pièges et m’investir auprès des jeunes de ma ville, Pantin, je vois de moins en moins de jeunes jouer au foot et cela m’attriste.

Steven l’entretien arrive à son terme, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Trouver un challenge sportif intéressant et ambitieux et un coach désireux de m’avoir sous ses ordres. Ensuite, si j’enchaîne une ou deux saisons pleines, je n’abandonne pas l’idée de retrouver le haut niveau et surtout de m’y installer dans la durée.

Passionné par le football depuis mon plus jeune âge, je suis activement tous les championnats français de la DH à la Ligue 1, mais aussi les championnats suisse et belge. J'aime dénicher les jeunes joueurs dans les divisions inférieures.

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