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À la découverte des clubs du sud du Chili

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À la découverte des clubs du sud du Chili

Nous voici de retour une nouvelle (et dernière) étape des clubs de l’élite chilienne. Après avoir parlé des clubs de la capitale, du nord et du centre du pays, c’est maintenant le tour du sud du pays. Encore une fois, vous verrez que les noms des différents clubs n’a souvent pas de référence géographique directe avec la ville où la région où ils sont implantés. 

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O’Higgins : ce nom étrange pour un club de foot n’est autre que celui d’un héros de la guerre d’indépendance du pays. Le club est situé dans la ville de Rancagua, pas très loin au sud de Santiago. La ville se situe dans la région du Libérateur Bernardo O’Higgins. C’est le résultat de la fusion en 1955 de trois équipes, une équipe liée à la mine (comme à l’origine de beaucoup de clubs chiliens), une à un institut lié à l’ordre religieux des maristes et l’autre à une entreprise commerciale locale. Le logo amalgame les couleurs des trois clubs (blanc, vert, jaune) ce qui donne lieu à un drôle de mélange pour un logo surplombé d’un aigle noir, symbolisant un phénix, symbole de la ville de Rancagua. Le club utilise un maillot de couleur céleste car il s’était vu refuser le droit de jouer en rouge, bleu, blanc, trop proche des couleurs du drapeau du  Chili. Le bleu ciel qui était la couleur du maillot du champion du monde en titre de l’époque (l’Uruguay) a finalement été choisi. Ils ont un petit stade (qui a accueilli certains matchs de Copa America en 2015) d’une capacité de 15600 mais un des plus modernes d’Amérique Latine qui appartient à Codelco, la grande entreprise minière d’Etat du Chili. Ils ont un complexe sportif tout neuf, un des plus moderne d’Amérique Latine, inauguré en 2014. Le club est salué comme un club moderne, bien organisé, structuré et à la hauteur des installations d’un club européen selon les observateurs du football. L’entreprise est aussi financée par l’entreprise Codelco (comme Cobreloa et Cobresal), mais en moindre mesure, il a avait été question que l’équipe change de nom dans les années 80 pour s’appeler Cobresur, mais cela a finalement été écarté. La Clasico du club se joue contre Cobreloa, et il est surnommé le Clasico du Cuivre du à l’extraction du cuivre dans leur région respective. On surnomme le club El Capo de Provicincia, autrement dit le Chef de Province, car il est un des clubs les plus importants en dehors des clubs de la capitale. Le club a été entrainé par l’éphémère défenseur argentin de Marseille au début des années 2000, Eduardo Berizzo, et qui fait le bonheur du Celta Vigo en Espagne depuis 2014. et qui est promis à un grand avenir d’entraineur. Il a été aussi entrainé il y a plus longtemps de cela par Manuel Pellegrini avant qu’il ne poursuive sa carrière en Europe et maintenant en Chine. Le club a une section de basket assez indépendante mais pas de section féminine de football à ce jour. Pour l’anecdote, le centre d’entrainement a peu-être un des plus beaux nom au monde, il s’appelle le Monastère Céleste, quel joli nom !

HuaÀ la découverte des clubs du sud du Chilichipato : c’est (encore) un club minier, mais cette fois-ci lié à l’acier. Le club a été fondé en 1947 pour offrir du divertissement et une manière de pratiquer du sport aux employés de l’acier, très nombreux dans la région. Le nom Huachipato vient du nom de l’usine d’acier du coin, lui-même qui vient de la langue des Mapuches (le mapudungún), la population indienne du Sud du Chili et qui signifie « piège à oiseaux » car l’usine se situe sur une zone très humide et marécageuse. L’écusson du club est en lien avec l’industrie de l’acier également. Les couleurs du logo ont les significations suivantes : les trois couleurs représentent les trois éléments nécessaires à la production du métal, le jaune pour le charbon incandescent, l’orange-rouge pour le minerai ferreux, et le bleu pour l’acier et le fer. L’intérieur de l’écusson est une référence directe au logo de l’US Steel, Ce logo, appelé Steelmark est le même que celui de l’équipe de football américain des Pittsburgh, la capitale étatsunienne de l’acier. L’équipe est d’ailleurs surnommée les Steelers, tout comme Huachipato (los « Acereros », les Aciéristes). Certains utilisent le terme de Siderurgicos pour les nommer, ou parfois on appelle le club l’Usina. Le club est de la ville de Talcahuano, à peine quelques kilomètres au nord de Concepcion.

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Le logo des US Steelers, l’équipe de football américain de Pittsburgh, très ressemblant à celui du Huachipato.

C’est la première équipe du Sud du Chili à être championne du pays, en 1974, et toujours la seule à ce jour, ce qui le vaut un autre surnom, celui de Champion du Sud. Le club est reconnu comme un club formateur, avec pour exemple actuellement 15 joueurs de l’effectif formés au club. C’est le seul club de province à être propriétaire de son stade, qui s’appelle Las Higueras, les Figuiers en VF. C’est un très gros club multisport, il y plein de sections, surtout amateur, allant même jusqu’aux échecs. Il existe tout de même un autre club populaire à Talcahuano, le Naval Deportes fondé en 1972 militant en deuxième division actuellement. Huachipato prévoit à court terme d’ouvrir une section féminine comme risque de l’exiger très prochainement l’ANFP pour tout les clubs de football professionnel.

Club Ñublense : ce club modeste mais quasi-ceÀ la découverte des clubs du sud du Chilintenaire a été fondé par un professeur du lycée de garçons de Chillan. Il s’est même appelé à un moment Liceo-Ñublense. Chillan est dans la région du Bio-Bio (qui n’est pas celle du Colo-Colo comme l’on pourrait le croire au vu du nom). C’est une région avec une diversité naturelle ainsi qu’une des plus grande réserve d’eau reconnues dans le monde entier. En 1983, du a des soucis extra-sportifs et sportifs et a une grande dette contractée, l’équipe est descendue jusqu’en 3e division, ce qui l’obligea à changer de nom pour Ñuble Unido. Ce n’est que deux ans plus tard que le club prendra son nom actuel de Ñublense, une fois ses dettes remboursées. C’est un club avec pas mal de supporters pour une ville de province, remplissant souvent jusqu’à 10000 des 12000 places de son stade, reconstruit à neuf pour la coupe du monde féminine des moins de 20 ans de 2008. Les principaux surnoms que l’on donne à l’équipe sont la Longaniza mecanica (La saucisse mécanique en VF), Ñublenchester, un dérivé de leur autre surnom, les Diables Rouges à cause de la couleur rouge vif de leur maillot. Il n’y a à l’heure actuelle pas de section de football féminin.

À la découverte des clubs du sud du ChiliUniversidad de Concepción : c’est un club très jeune, né en 1994, à peine plus de 20 ans. La plupart des joueurs sont donc plus vieux que le club dans lequel ils jouent. Il est lié à l’Université de Concepción. Le club a réussi en à peine 10 ans d’existence à se qualifier pour la Copa Libertadores de 2004. Le club s’est inspiré directement des clubs universitaires états-uniens, en mélangeant par exemple des joueurs professionnels et de simples étudiants lorsque le club évoluait encore en Segunda B. Ce club est de la ville de Concepción, au sud du Chili. Il évolue dans le très beau Stade Municipal de la Maire Ester Roa. Concepción est la troisième ville du pays, mais l’Universidad de Concepción n’en est pas le club historique, d’ailleurs plutôt mal-aimé par les habitants de la ville et ce malgré sa présence en Première Division chilienne.

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Le stade tout neuf de la ville de Concepcion.

Il existe deux autres clubs bien plus historiques dans la ville, dont le Deportes Concepcion. Le club est d’ailleurs en pleine tourmente et est menacée de disparitions du à la nouvelle politique nationale de faire des clubs professionnels des sociétés anonymes. Cette nouvelle politique et très critiquée et combattue par les supporters de tout le pays, qui disent que le football populaire est menacé au profit de capitaux privés dont le seul but serait de faire de l’argent au détriment d’une politique inclusive et transparente de la gestion des clubs. Le club se défend actuellement au tribunal et reçoit beaucoup de soutien de la part des supporters de beaucoup d’autres clubs du Chili, allant au-delà de leur rivalité sportive. C’est un bel exemple de mobilisation populaire pour conserver le patrimoine footballistique de la population.

Mais on pourrait dire que le vrai club historique de Concepción est le Fernandez Vial (drôle de nom pour un club de foot encore une fois), ancien club du syndicat des cheminots, végétant aujourd’hui au 4ème échelon national et fondé en 1903, donc plus que centenaire. Il a même pendant une saison disputé aucun championnat mais continuait à mobiliser les foules lors de matchs amicaux. Lors d’une manifestation de soutien dans le stade Municipal, il a réussi à réunir 14.000 personnes. Un ami chilien m’a d’ailleurs récemment confié qu’au marché de Concepción c’est encore aujourd’hui de loin le maillot le plus porté.

Le tour des principaux clubs de l’élite chilienne se clôt ainsi avec les clubs du Sud du pays. En espérant que cela vous apporter de nouvelles perspectives sur la manière dont vivent les Chiliens leur football. A bientôt pour de nouvelles aventures !

Assoiffé de foot depuis tout petit (en fait depuis le penalty raté de Roberto Baggio en finale de la World Cup 94), il se construit sa culture foot à travers ses voyages. Que ce soit par la Pologne, d’où il tire une partie des ses origines, mais surtout après avoir vécu le football en Amérique Latine. Il se passionne pour les passionnés du foot où qu’ils soient dans le monde. Il est président depuis 2012 d’un club de football multiculturel à Marseille.

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