Auteur déjà de 42 buts en 39 matchs cette saison, amenant son total de buts en professionnel à 517, présente une constance impressionnante dans ce football actuel beaucoup moins porté vers l’avant. Il est ce qu’on appelle un serial buteur, triple vainqueur du Ballon d’or, et est l’une de ces personnalités qui ne laissent pas indifférente, aussi aimé que détesté, arrogant, possédant un égo aussi grand que ses dons pour des causes humanitaires. Malgré tout, il est souvent critiqué, en conflit avec ses entraîneurs et ses coéquipiers, et cela nous amène à nous interroger sur le déroulement de sa fin de carrière avec le Real de Madrid.

Une stratégie du Real qui ne va pas dans le sens de Ronaldo…

Il faut dire les choses comme elles sont, la plus grande malchance que Ronaldo ait pu avoir, est d’être un génie dans la même période qu’un autre qui joue dans une meilleure équipe. En effet, sans Leo Messi et Barcelone, le Real Madrid serait sur le toit de l’Espagne et de l’Europe beaucoup plus régulièrement. Cette concurrence avec Barcelone alimente les discussions des journalistes et joue parfois sur les nerfs de CR7. La comparaison incessante des médias avec les joueurs du barça et Messi font parfois sortir Ronaldo de ses gongs, comme lorsqu’il explique qu’il serait champion si tous ses coéquipiers étaient à son niveau, ou qu’il n’a pas besoin d’être ami avec eux pour pouvoir bien jouer.

La mauvaise gestion du Real en matière de recrutement ne va pas en son sens. Ces dernières années, en laissant partir des joueurs comme Di Maria ou Özil qui le faisaient marquer, pour acheter des joueurs aux profils différents, le Real ne s’est pas préoccupé des demandes et envies de sa star, ce qui l’a fortement agacé et s’est ressenti sur les résultats du Réal.

Une fin d’histoire similaire à celle de Di Stefano ?

Partir sur une bonne note du Real Madrid n’est pas chose simple. Prenons par exemple la fin de carrière de la légende Di Stefano.

C’est en 1953, à 27 ans, que Di Stefano arrive à Madrid. Egalement convoité par Barcelone, le rival historique, le transfert est devenu une affaire d’Etat, où Franco favorisa l’arrivée du joueur à Madrid, club qu’il supportait ardemment. Il gagna notamment 8 titres de champion d’Espagne avec les Merengues et a reçu 2 fois le titres de meilleur joueur Européen par le magazine France Football en 1957 et 1959. Sa légende fut surtout écrite sur la scène européenne, puisqu’il a été le maître d’oeuvre de la grande équipe du Real qui gagna consécutivement cinq coupes d’Europe de 1956 à 1960. Il marqua dans chacune de ces finales, dont un triplé lors de la finale à Glasgow face à Francfort pour une belle victoire 7 buts à 3.

La finale de la coupe d’Europe de 1964 face à l’Inter de Milan et son catenaccio fut le dernier match de Di Stefano avec le Real. Malgré la défaite 3-1, Di Stefano a vivement critiqué les choix de son coach de l’époque Miguel Munoz, qui avait décidé de changer de tactique en jouant plus défensif que d’habitude. Agé de 38 ans, Alfredo en avait marre de courir dans le vide, alors qu’il ne semblait pas faire tant d’efforts que ça durant ce match dur mentalement, amenant des tensions avec son entraîneur. Il n’était plus le joueur qu’il fut, doté d’une vitesse fulgurante. La flèche blonde n’était plus que l’ombre d’elle même… Le fait qu’il ne soit plus au niveau a entraîné son éviction du Réal. Santiago Bernabeu (président de l’époque) a pris la défense de son entraîneur en disant : « Si tu veux agir comme une star tu dois savoir comment être une star. Ce n’est pas tout de dire que je suis untel ou untel, le meilleur à ce poste. Oui, et ? »

Si certains n’avaient pas compris le sous entendu, les doutes furent vite expédiés. Le match suivant la coupe d’Europe, le Real Madrid était opposé à l’Atletico Madrid, sans Di Stefano, exclu du groupe pour la première fois depuis 11 ans. Etonné de cette exclusion, ce dernier est alors allé demander le pourquoi du comment à son coach qui lui répondit : « je n’ai pas à te donner d’explication« . C’est ainsi que le grand joueur qu’est Di Stefano est parti du club, par la petite porte, pour faire deux dernières piges du coté de l’Espanyol, tout ça après un coup de sang qui n’a pas plu à l’entraîneur et au président de l’époque.

Personne ne partira aussi bien que Zidane

De nombreux joueurs légendaires se sont brûlés les ailes avant leur départ, ratant en quelque sorte leurs adieux avec Santiago Bernabeu. Nous pensons notamment à Casillas et Raul Gonzalez, deux mythes du club Madrilène qui sont partis presque incognito. Savoir se retirer est un art, dans tous les domaines, et l’une des sorties les plus réussies restera celle du plus français des Espagnols, Zinedine Zidane.

L’exemple de ses adieux est un modèle (qu’on peut notamment voir dans le documentaire « le dernier match« ) contre Villareal où tout le stade était dévoué et ému du départ Zizou qui les a remerciés avec un but. Il n’y a qu’à voir la foule qui s’est ruée lors de sa première prise de fonction en tant qu’entraîneur. Même si sa carrière d’entraîneur n’atteint pas dans le futur tous les espoirs mis sur lui, il restera à jamais dans le coeur des supporters pour son talent et sa sympathie eux. De plus, en s’imposant chez le rival Barcelonais dès son premier Clasico ce week end, il s’est attiré encore plus le respect des Madrilènes, joueurs et supporters réunis.

L’avenir de Cristiano Ronaldo au sein du club Madrilène peut dépendre de plusieurs facteurs. Le fait d’avoir Zidane en entraîneur peut laisser entendre que CR7 restera au club la saison prochaine. Zidane n’hésite pas à flatter son meilleur joueur, le soutient et le met sur un piédestal après chaque conférence de presse. Zidane fait preuve de beaucoup d’intelligence, là où Benitez remettait en cause le niveau de son joueur phare, comme Luis Enrique le fait au Barça avec Messi et Laurent Blanc à Paris avec Zlatan.

Ce scénario peut être mis à l’eau par un seul homme, Florentino Perez, qui est critiqué (souvent à juste titre) par de nombreux spécialistes du football. Le président du Real Madrid semble vouloir tout gérer, n’en fait qu’à sa tête et peut mener le Raal Madrid dans une mauvaise direction et ainsi laisser partir Cristiano Ronaldo, avec qui il a des rapports assez conflictuels, dès cet été, après une nouvelle saison sans titre. Si Florentino Perez veut se séparer de CR7, il doit le faire quand le joueur a encore une grosse valeur marchande. A 31 ans, le Portugais a déjà dépassé l’apogée de sa carrière.

Ronaldo pourrait être tenté par une nouvelle aventure, il a encore au moins 2-3 grosses saisons devant lui, donc pourquoi pas aller dans un club où il sera sur d’être la seule grande star ?

Vincent Hautenne

Drogué de sports sans remède possible, et plus particulièrement de football, que je tente de pratiquer depuis l'âge de 6 ans. Partisan d'anecdotes croustillantes sur l'opium du peuple, d'humour décalé et de voyages autour du Football, j'espère vous transmettre ma passion avec autant d'amour...