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Affaire Mounier : la défaite de la raison

France AS Saint-Etienne

Affaire Mounier : la défaite de la raison

Débarqué à Saint-Etienne en prêt en provenance de Bologne, avait posé pour la photo officielle le 27 janvier, sourire aux lèvres et maillot vert à la main. A peine trois jours plus tard, il repart en Italie, après avoir été menacé par certains supporters.

L’histoire d’une discorde

Si l’affaire Mounier éclate aujourd’hui, ses origines sont à trouver il y a quelques années. Anthony Mounier est coupable d’avoir été formé à Lyon. Inadmissible pour les supporters stéphanois. Pourtant, dans l’histoire, 41 joueurs ont porté les deux maillots. Aujourd’hui dans le groupe des Verts, Jérémy Clément a longtemps joué pour l’OL, sans parler du coach Christophe Galtier, lui aussi passé par Lyon en 2008. Alors, qu’est-ce qui est exactement reproché à Mounier ? C’est surtout son attitude envers le club de la Loire. En 2012, après avoir inscrit un but au Chaudron avec Nice, il a cette petite phrase qui fait tiquer le peuple vert : « On les baise les Verts, on les baise ! »

Évidemment, ce n’était pas de la plus haute intelligence. Mounier avait alors 25 ans. Lors de sa présentation officielle il y a quelques jours, le joueur s’est déclaré « prêt à venir [s]’expliquer devant les supporteurs pour partir sur de bonnes bases », reconnaissant avoir commis des erreurs de jeunesse. Une main tendue en signe d’apaisement destinée à calmer le jeu. Un geste raisonnable.

Les limites de la passion

L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais les supporters stéphanois ont décidé d’avoir la dent dure jusqu’au bout. Le football est affaire de passion, et l’amour du maillot est érigé, à juste titre, en principe noble. Mamadou Sakho n’ira sans doute jamais jouer à Marseille. On ne verra probablement pas Loïc Perrin porter un jour le maillot de l’Olympique Lyonnais. C’est tout à leur honneur, et c’est ce genre de décisions que l’on aime dans le football, celles qui renforcent le sentiment d’appartenance des supporters à un club. On peut alors comprendre qu’un transfert chez l’ennemi soit vécu comme une trahison.

Mais alors, où sont les limites de cette passion ? Certains supporters stéphanois nous ont donné des pistes de réflexion. Avant même l’annonce de l’arrivée de Mounier, les Green Angels ont dégainé les premiers, avec cette banderole : « Mounier, nos couleurs ne seront jamais les tiennes ! ». Un premier tir qui a ouvert la brèche à d’autres agissements beaucoup plus lourds. Le joueur aurait ainsi reçu des menaces de mort proférées via les réseaux sociaux, mais aussi directement sur son propre téléphone.

Dans ce climat délétère, Anthony Mounier aurait refusé de reprendre l’avion avec le groupe suite au déplacement à Toulouse le week-end dernier, craignant pour sa sécurité. Nous ne parlons pourtant que de football. Voilà donc comment la raison s’effondre devant l’émotion dans ce qu’elle peut avoir de plus bas, et comment certains individus viennent ternir l’image du supporterisme français.

Quelles conséquences ?

Suite à ce type d’incidents, le moins que l’on est en droit d’attendre est que des mesures soient prises. Il en va de la responsabilité d’un club. Pourtant, les dirigeants stéphanois ont préféré botter en touche. Loin, jusqu’en Italie, à Bergame exactement, où Mounier a été renvoyé en prêt. Trois jours chaotiques qui se terminent par le silence. A peine a-t-on pu lire ce communiqué affirmant que « toute l’équipe et les membres du staff ont parfaitement accueilli le joueur qui les remercie et leur souhaite le meilleur pour cette fin de saison » pour mettre fin aux rumeurs selon lesquelles Mounier aurait été mal accueilli par le vestiaire vert. Là n’était pourtant pas le plus important.

Le derby de dimanche s’annonce bouillant. Sans doute plus que d’habitude. Mais avant même que le coup d’envoi n’ait été donné, le bon sens a déjà perdu le match.

Supporter de Bordeaux, même depuis le départ de Cheick Diabaté, je reste avant tout amateur de beau jeu où qu'il se trouve. Comme tous les joueurs de district, je suis persuadé d'avoir été à deux doigts de passer pro, mais que je n'ai pas eu de chance.

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