Allier développement et salary cap : l’exemple ASSE

A l’heure où le Real Madrid vient de renouveler le contrat de ses deux joueurs stars, G. Bale et C. Ronaldo, et leur a octroyé des salaires records, que Messi  est en passe de devenir le sportif le mieux payé de tous les temps, d’autres clubs tentent de se développer en tenant un budget strict. Parmi eux, l’AS Saint-Etienne s’efforce, envers et contre toutes les difficultés, de fixer chaque année des objectifs plus élevés.

Salaire fixe, primes variables

Si le club du Forez connut ses heures de gloires au milieu des années ’70, il s’est ensuite embourbé dans une situation plus que compliquée, arrivant tout juste à se maintenir au sein de la feue D2, durant les heures les plus sombres. A son arrivée en 2003, puis pour son intronisation officielle un an plus tard, le président Bernard Caïazzo dû, en premier lieu, renflouer les caisses d’un club proche du dépôt de bilan. Il a fallu, plusieurs années durant, trouver les solutions adéquates pour assurer la pérennité d’une des institutions phares du football français.

Mis en place en 2010, le salary cap stéphanois ne permet pas au club d’attribuer des émoluments mensuels supérieurs à 90 000€ à ses joueurs. Pour avoir une base de comparaison, en moyenne, un joueur de Ligue 1 touche 45 000€ (hors primes). A première vue, cette méthode de gestion pourrait s’avérer suicidaire tant les montants salariaux ne cessent de s’envoler au fil des ans. Négociés selon le statut des athlètes, la rémunération de base est agrémentée d’une part variable plutôt conséquente selon les performances sportives. En effet, l’essentiel de la prime de classement mise en place par la LFP est directement reversée au groupe professionnel par le tandem Caïazzo-Romeyer. Si les Verts accrochent une peu flatteuse 12ème place, les joueurs se partageraient 2,4 M€. En revanche, et c’est ce qui s’est produit l’an dernier, la 6ème position finale leur a permis de se répartir les 8,4 M€ attribués.

Un pari sur l’avenir, vraiment ?

Avec un budget annoncé à 70 M€ pour la saison actuelle, l’ASSE se classe en sixième position de ce classement. Des résultats constants, un budget en évolution linéaire, la gouvernance du duo présidentiel a tout du modèle parfait. Malgré tout, il ne faut pas être un fin spécialiste pour remarquer que le club n’arrive pas à franchir le palier qui lui permettrait d’obtenir d’aussi bons résultats financiers que sportifs. Saint-Etienne demeure un club mythique, le public joue son rôle à merveille mais, à choisir, un joueur sollicité par plusieurs écuries choisira plus souvent celle dans laquelle il sera le mieux rémunéré.

Que des joueurs potentiellement talentueux ne veuillent pas rejoindre notre championnat, nous en avons l’habitude. Mais c’est au niveau de la formation que le bas blesse pour les stéphanois. Alors que des concurrents directs comme l’OGCN ou l’ennemi héréditaire lyonnais se payent le luxe d’aligner des équipes quasiment entièrement sorties du centre, ce n’est pas – encore – le cas pour les Foréziens. Si les talents passés par l’Etrat ces 10 dernières années (Gomis, Perrin, Ghoulam, Zouma) ne s’en sortent pas trop mal, ils ne sont pas assez nombreux pour que le projet entrepris  il y a un peu plus de 6 ans soit une réelle réussite. Certes, les joueurs recrutés ne mettent pas en danger la santé financière mais ils ne sont pas des ressources à, potentiellement, faire fructifier comme un jeune formé sur place.

La politique de formation d’un club reflète en grande partie ses ambitions. Si l’ASSE veut que son projet sportif soit en réelle adéquation avec son administration économique, il va falloir faire confiance aux jeunes. Et vite.

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