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Bilan Ligue 1 2015/16 : le PSG trop fort ou la Ligue 1 trop faible ?

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Bilan Ligue 1 2015/16 : le PSG trop fort ou la Ligue 1 trop faible ?

Sans surprise, le PSG a facilement conservé son titre de champion de France. Derrière, la course à l’Europe a été indécise jusqu’au bout, tout comme la lutte pour le maintien. La Ligue 1 est un championnat résolument ouvert, en raison d’un niveau homogène rare en Europe. Que doit-on retenir de cette saison ?

Le PSG écrase tout le monde

Il faut l’avouer, la course pour le titre a été vite enterrée par un PSG très nettement au-dessus de la concurrence. On peut même avouer que certains de ses remplaçants comme Kurzawa ou Marquinhos seraient titulaires partout ailleurs en Ligue 1. Que ce grand Paris termine largement devant n’est pas une surprise, et n’est pas si inquiétant.

En revanche, on constate avec stupeur que derrière, c’est le néant. Mis à part l’OL, sur sa seconde partie de saison, aucune équipe n’a su tirer son épingle du jeu. Le championnat est tellement homogène qu’on a l’impression qu’une défaite ne fait pas forcément perdre des places, tandis qu’enchainer des places permet de faire un bond en avant. Ce n’est malheureusement pas vers le haut que le nivellement a lieu. Et si cela permet à certains jeunes joueurs de briller, on a tout de même la désagréable impression que la Ligue 1 est devenu un championnat de seconde zone. Pour le spectateur, si la qualité de jeu n’est pas toujours présente (on s’est ennuyé plus d’une fois cette saison), le suspense a le mérite de rester entier, au point de pouvoir écrire de belles histoires, comme la folle remontée lyonnaise, ou le maintien inespéré toulousain. C’est maigre, mais c’est déjà ça de pris.

Le meilleur joueur : Zlatan plus fort que le temps

Est-il vraiment en fin de carrière ? Zlatan a semblé plus fort que jamais, plus dominateur surtout. Car outre ses fabuleuses statistiques, qui se suffisent à elles-mêmes pour le couronner, le Suédois a surtout impressionné par son emprise physique et mentale sur la Ligue 1. C’est clair, les défenseurs avaient peur de lui, certains arbitres semblaient intimidés, et son empreinte restera indélébile sur ce championnat. Auteur de 38 buts en championnat, Ibrahimovic part en ayant tout écrasé sur son passage, au moins en Ligue 1. Là où Beckham avait joué la carte du lyrisme, Zlatan est sorti sans l’avis de qui que ce soit, avec ses enfants dans les bras, comme pour montrer qu’il se place au-dessus de ses adversaires, partenaires, et même de l’institution. Le joueur comme la bête médiatique manqueront à beaucoup.

https://twitter.com/ParisNoLimit/status/732951098877693952

Le coup de cœur : la dalle angevine n’est pas si laide

Angers avait tout de la victime expiatoire de cette Ligue 1. De nombreux joueurs découvraient l’élite, tandis que l’effectif avait été chamboulé à l’intersaison : on se rapprochait presque d’un profil similaire à Arles-Avignon. Mais le SCO a fait bien mieux que se maintenir, apportant une vague de fraicheur à ce championnat. Si le lyrisme a laissé place au pragmatisme, la dalle angevine a prouvé qu’un état d’esprit positif et collectif pouvait mener loin. Et on l’avoue : on a du mal à comprendre comment les mêmes personnes peuvent critiquer Angers et porter aux nues l’Atlético Madrid. Dans ce qui semble être, selon les médias, un marasme de jeu offensif, le SCO a tout de même permis au public de découvrir de bons joueurs, comme N’Doye, redoutable dans le jeu aérien, ou Ketkeophomphone, seul joueur épargné par Ben Arfa lors de sa critique du jeu angevin.

https://twitter.com/franckbarrere/status/721418786579050496

  • Les Caennais ont également été de surprenants trouble-fêtes. Et on a aimé voir les briscards Féret et Vercoutre se montrer à leur avantage.
  • Antonetti et Dupraz ont transformé leur équipe, preuve qu’un coach peut également jouer un rôle clé. A Nice, personne ne doute de l’influence de Puel, qui réalise vraiment de belles choses, avec des moyens limités.
  • Après un début de saison délicat, Lacazette a rappelé à tous qu’il restait un formidable attaquant. S’il avait joué toute la saison à son réel niveau, nul doute qu’il aurait eu sa place dans les 23 de Deschamps.
  • En NBA, Souleymane Camara remporterait sans problème le titre de meilleur sixième homme, qui désigne le remplaçant le plus déterminant de la ligue.

Le joueur qui a le plus progressé : De Préville doit rester dans l’élite

Dans un contexte particulièrement difficile, avec des coéquipiers, disons-le, qui ne sont pas au niveau, De Préville a vraiment réalisé une super saison. Le Rémois, meilleur buteur et passeur de son club, a surnagé dans un océan de détresse, entre un gardien qui fait des bourdes, des défenseurs naïfs et des attaquants maladroits. Il serait dommage qu’un tel talent ne continue pas sa route en Ligue 1, puisqu’il a beaucoup à apporter à n’importe quelle équipe de l’élite, hormis le PSG.

https://twitter.com/StadeDeReims/status/730434947308212224

  • Dans un contexte délicat également, Batshuayi a fait des miracles. Les supporters qui le sifflent réaliseront lorsqu’il partira.
  • Germain et Pléa ont pleinement profité du jeu offensif de Nice pour exprimer leur talent. Le premier nommé forme un duo parfait avec Ben Arfa, qui voit comme personne l’intelligence et la pertinence de ses déplacements.
  • Profitant de l’absence de Fékir, Ghezzal a pu se montrer à son avantage. A voir ce qui se passera lors du prochain mercato, mais le casting lyonnais devant a déjà de la gueule.
  • Ben Yedder a réussi à battre son record de buts en Ligue 1 sur une saison, tout en gardant son club de cœur en Ligue 1. Surtout, il a semblé plus vouloir jouer en équipe qu’auparavant, où ses fulgurances étaient principalement individuelles.
  • Rabiot a profité des absences dans l’entrejeu parisien pour se montrer. S’il bénéficie d’un contexte favorable, sa progression demeure réelle, et doit être soulignée. Aurier a également franchi un cap cette saison, jusqu’à ce que l’affaire Périscope le fragilise.

L’espoir : l’éclair Dembelé

Avec lui, tout va trop vite. Dembelé n’a mis que quelques mois pour devenir LA révélation de la saison en Ligue 1. Buteur, passeur, cet irrésistible dribbleur a fait oublier ses partenaires rennais aux noms pourtant bien plus ronflants. Très lucide dans sa finition malgré son jeune âge, il a déjà choisi de partir à Dortmund pour poursuivre sa formidable progression. L’avenir nous dira s’il n’est qu’un feu de pailles, mais on peut déjà affirmer qu’on a aimé son éphémère feu d’artifices sur la Ligue 1.

https://twitter.com/jplusun/status/731828202310508544

  • Ounas a réussi l’exploit de se montrer à Bordeaux, dans un contexte morose. Mais comme Aurier, on le préfère quand il oublie les réseaux sociaux.
  • Boufal doit encore penser à devenir plus efficace que spectaculaire, mais ce dribbleur fou pourrait trouver en Antonetti un guide pour franchir des étapes.
  • Contrairement à Troyes où il a débuté la saison, Cabot restera en Ligue 1. Et c’est tant mieux, tant le Lorientais prend des initiatives intéressantes.
  • Lyon continue à fabriquer des talents. Le dernier né de l’usine s’appelle Cornet. Sa vitesse et son culot font des ravages sur le côté. Le Parc OL l’a déjà adopté.
  • Arrivé incognito à l’OM, Nkoudou a fait son trou avant de s’essouffler. A lui de prouver qu’il peut tenir sur la durée, dans une équipe en manque d’inspiration.
  • Alors que ses tauliers étaient un cran en dessous de ce qu’on attendait, Monaco a su compter sur les jeunes Lemar et Bernardo Silva. Le premier a succédé au second dans la peau de la révélation monégasque qui va potentiellement rapporter gros au club.
  • Dans l’ombre de ceux de devant, Koziello et Mendy ont fait du bon travail à Nice.
  • Lafont est encore un peu tendre, mais il a déjà des réflexes impressionnants sur sa ligne. Le Toulousain a l’avenir devant lui, et peut devenir un joueur quelconque comme un excellent gardien, mais on n’avait pas vu telle précocité depuis Landreau.

La meilleure recrue : Ben Arfa, enfin une saison pleine

S’il avait déjà signé à Nice en janvier, ce n’est qu’à partir de cette saison que Ben Arfa peut défendre ses nouvelles couleurs. L’enfant terrible du football français, très attendu, a enfin réalisé une saison pleine, s’imposant comme le leader offensif d’une équipe plaisante à regarder. Auteur de 17 buts en championnat, celui qui portait le numéro 9 cette saison a régalé le public français de ses raids solitaires, gestes techniques insensés et passes inspirées. On espère qu’il choisira bien sa prochaine destination. Car si Nice n’aurait pas fait une si belle saison sans lui, il n’aurait certainement pas autant brillé sans cette équipe

  • Très connu des fans de Football Manager, Delort a enfin écumé les pelouses de Ligue 1. Son passage raté en Angleterre est un lointain souvenir pour le Caennais, qui a marqué cet exercice de son esprit combatif.
  • Briand n’a pas éclaté tous les records, mais avec 7 buts et autant de passes décisives, il a beaucoup apporté à Guingamp. En homme de goût, il a réussi à inscrire dans la même saison un retourné acrobatique et un but en talonnade. Prends ça, Zlatan.
  • Ninga avait bien commencé à Montpellier, mais s’est complètement éteint par la suite. Dommage, car l’histoire était belle jusque-là.
  • Chaque année, le PSG sort le chèque pour un gros poisson. Avec Di Maria, le club ne regrette pas son investissement. L’Argentin roule déjà sur la Ligue 1.
  • Seul au monde… Diarra a surnagé à l’OM pendant des mois, avant de s’éteindre assez logiquement. Mais son apport fait de lui une excellente recrue cette saison en Ligue 1.

Le flop : Rennes ne changera jamais

Rennes a fait dans le burlesque cette saison. On attendait Gourcuff, enfin débarrassé du contexte lyonnais qui ne lui convenait pas. Résultat : l’international français a mis plusieurs mois avant de se sentir suffisamment bien pour jouer, et n’a eu presque qu’aucune influence lors de la poignée de matches qu’il a daigné disputer. Grosicki, élément décisif, a lui été boudé par le staff, en étant sous-utilisé sans explication. Présenté comme un crack, Quintero n’a rien montré, tandis que Ntep a eu la malchance de connaitre une saison presque blanche. En coulisses, ce n’est pas beaucoup mieux. On a vu Courbis venu épauler Montanier… avant de le remplacer quelques jours plus tard. Du grand n’importe quoi conclu en apothéose par une fin de saison en eau de boudin, alors que le top 5 tendait les bras aux Bretons.

  • Marseille, Bordeaux et Nantes ont 2 points en commun. Le premier est une histoire importante à l’échelle du football français. La seconde est d’avoir proposé un jeu soporifique et indigne de leur standing. Et le pire dans tout ça est qu’on ne voit pas comment ce trio pourrait redresser la barre…
  • Contrairement à Diarra, Diaby n’aura pas réussi son pari. L’autre international français en souffrance, à la recherche d’un second souffle dans la Canebière, n’aura pris part qu’à 2 rencontres de Ligue 1…
  • On finit par un trio qui va étonner beaucoup de monde. Matuidi, s’il bénéficie d’un totem d’immunité grâce à ses glorieuses prestations passées, a réalisé une saison bien en deça de ses habitudes. Si on regarde objectivement un poste où une recrue pourrait apporter un plus par rapport au titulaire en place, il pourrait être en danger. Verratti et Pastore ont eux été trop souvent blessés cette saison. L’Italien jouit d’une telle popularité qu’il a même été élu dans l’équipe-type du championnat, en jouant moins de 20 matches. Du grand n’importe quoi (même s’il n’en est évidemment pas responsable)…

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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