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André-Pierre Gignac : Djib’ Inside

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André-Pierre Gignac : Djib’ Inside

C’était il y a deux mois, l’OM était tenu en échec à Caen. On jouait le temps additionnel lorsqu’ gagnait de la tête un long ballon aux abords de la surface de réparation, N’koulou dans les 16 mètres remisait pour Mendy qui se retrouvait seul dans l’axe. Le latéral gauche avait alors tout le loisir d’allumer Vercoutre mais il préféra passer pour Gignac mieux placé qui ne se fit pas prier et alluma le plafond du but caennais. But, victoire, euphorie et gros hommage en après match de Dédé à Benji pour l’avoir servi.

Mardi soir, arrêts de jeu au Moustoir, l’OM n’arrive pas à forcer la décision malgré une kyrielle d’occasions franches en seconde période. 91’ : centre dans la surface mal repoussé par Koné sur Gignac seul dans l’axe aux 16 mètres. Payet, Batshuayi et Thauvin sont complètement démarqués à sa gauche prêts à enfiler le costume de sauveur mais non ! Gignac déclenche une frappe du gauche un peu molle que Lecomte parvient à repousser. Dernière occaz’ et énorme frustration pour tout le camp bleu et blanc.

Là pour planter, pas autre chose

L’attaquant, une espèce amenée à évoluer et à apprendre l’art de la déviation, de la remise, de la passe partout dans le monde sauf en ce qui concerne la branche généalogique des Bouches-du-Rhône.

Sur ce coup, APG doit probablement avoir des remords. Pas de ne pas avoir passé mais de ne pas avoir mieux frappé. Car le no9 marseillais est le digne héritier des ces attaquants old school obsédés par une seule chose : le but. Une espèce amenée à évoluer et à apprendre l’art de la déviation, de la remise, de la passe partout dans le monde sauf en ce qui concerne la branche généalogique des Bouches-du-Rhône. 13, no pasaran. Sans doute l’empreinte surpuissante qu’a laissé JPP dans le département. Car le pionnier de cette résistance au changement des années 2000 est et restera (né à Arles). Ready pour en prendre plein la gueule s’il le faut mais lui est (était ?) là pour planter, pas autre chose.

Le transfert à Liverpool, soit l’acte fondateur de la prise de position du Djib’. Benitez, alors en poste chez les Reds, aime le profil de Crouch dans l’axe et aimerait utiliser la vitesse de son félin sur le coté. Mais celui-ci râle, y va à reculons avant de se blesser et de ne jamais vraiment revenir à temps plein sur les bords de la Mersey. Le contre exemple contemporain de cette époque aurait plutôt dû l’inspirer puisqu’il s’agissait d’Henry, que Wenger avait d’abord replacé sur une aile afin de lui étoffer son bagage. Résultat ? En plus d’être régulièrement couronné meilleur buteur, le 14 d’Arsenal était également toujours très haut au classement des passeurs.

Cissé n’en a rien à faire de ça, lui c’est sprint, minasse et explosion de joie contagieuse. Une autre vision du foot qui contraste avec les froides séances photo de Titi au poteau de corner qui l’ont tant desservis. Au moins dans l’opinion publique française.

Si souvent coupables mais combien de fois sauveur ?

Si on l’a un peu mauvaise sur la Canebière après ce frustrant match nul, on a pas tardé à identifier le coupable : Gignac (originaire de Martigues, 13 donc). Vendangeur et individualiste, il est le responsable no1 pour ne pas avoir réussi à convertir ses occasions en points. Combien de fois est-ce arrivé à Cissé dans sa carrière ? Des dizaines et des dizaines de fois. Y compris sous les couleurs marseillaises.

Star à son arrivée (2006), il envoie l’élégant et altruiste Pagis sur le banc puis à Rennes lors de l’intersaison suivante. Tant qu’il marque, personne ne s’en plaint. Car un Cissé ou un Gignac en forme c’est irrésistible et ça marque de n’importe où. Par contre, dès lors que la réussite s’envole, c’est une catastrophe. Car à la différence des chirurgicales Inzaghi ou Trezeguet (espèce éteinte depuis), les 9 du 1-3 restent énormément dépendant de leur bonne étoile. La foi dans leurs qualités se renforce à chaque nouveau strike of luck qu’ils ont. Et les rend irrésistibles, presque addictifs. Ce but de Gignac face à Rennes, il y a deux ans, ou celui de Cissé face à l’OL en 2008 parlent d’eux-mêmes.

Ils vivent pour ces moments là et apportent bien plus qu’ils ne font perdre. Jamais planqués donc toujours responsables ! Des victoires comme des défaites ! Au final, leurs bilans restent nettement positifs. Spécialement à Marseille.

Conspué et tourné en dérision par toute la ville à certains moments, le nom de Djibril Cissé réveille aujourd’hui presque automatiquement un brin de nostalgie chez l’aficionado marseillais, teinté d’une bonne dose d’affection. Une histoire d’identification pour cette ville qui ne fait jamais rien dans la demi mesure. Comme eux, en bref.

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot mais surtout de ce qu'il représente partout dans le monde.

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