Ce week-end, nous avons fait le choix de rester en Ligue 1 en observant les affiches entre Marseille et Monaco, puis Paris et Lyon. Voici nos observations sur les victoires olympiques.

Un bon attaquant à défaut d’un grand

Match observé : OM 2-1 AS Monaco

Depuis quelques matchs, l’OM oscille entre plusieurs schémas, dont le 4-4-2 losange utilisé au coup d’envoi face à l’AS Monaco. L’animation est différente de ce qu’on pourrait imaginer sur le papier, puisque dans le jeu, Benedetto a un rôle d’attaquant-organisateur, et pas de bouffeur d’espaces. Relativement lent, l’Argentin est plus utile dans ses décrochages, permettant à Thauvin et un milieu (Sanson jusqu’à sa sortie, ou Cuisance) d’attaquer l’espace dans son dos. Ce plan a marché à merveille grâce notamment aux errements défensifs du jeune carré Fofana-Tchouaméni-Badiashile-Disasi, très prometteur mais dont les erreurs dans l’axe font mal.

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Ainsi, il n’a pas fallu longtemps à Marseille pour inscrire 2 buts. Passeur décisif sur le premier, Benedetto profite de l’apathie de son vis-à-vis pour centrer tranquillement vers un Thauvin étrangement seul dans la surface. On inverse ensuite les rôles puisque le Français sert l’Argentin, également seul pour ajuster Mannone. On peut souligner une grande justesse sur ces 2 actions pour le numéro 9. Peut-on en déduire que l’OM a trouvé le système idéal pour faire briller son avant-centre ? Pas totalement. Ce résultat est trompeur puisque les Phocéens ont marqué sur leurs 2 seuls tirs cadrés : ce réalisme remarquable ne sera pas présent à chaque rencontre. Si on se penche exclusivement sur Pipa, on constate qu’il disparaît dans le match (peu aidé par la sortie de Sanson), tout en affichant ses lacunes :

  • Faible dos aux buts, il ne permet pas à son bloc de remonter en servant de point d’appui.
  • Dans les airs, il n’a pas su rivaliser avec Disasi ou Badiashile.
  • Lorsque l’OM était en attaque placée, il était trop statique pour espérer réceptionner un centre.
  • Il perd parfois trop d’énergie à réclamer des fautes.

Raillé parce qu’il n’est pas le « grand attaquant » annoncé à Marseille, Benedetto n’est pas une chèvre, mais il n’est pas un cador. Globalement, cette équipe n’est pas géniale, mais en s’appuyant sur ses individualités pour faire la différence, puis sur sa solidité pour tenir le score (bon match de Rongier et Kamara), elle arrivera à jouer le haut de tableau de ce championnat. Pour ce qui est d’être compétitif en Ligue des champions, ce sera un peu plus délicat.

Lyon rugit encore

Match observé : PSG 0-1 OL

Sur les 3 derniers matches à domicile en Ligue 1, face à Monaco, Bordeaux et donc Lyon, le PSG n’a réussi à prendre qu’un seul point. Il est évidemment trop tôt pour affirmer que se rendre au Parc des Princes est devenu une promenade de santé, mais l’attitude des champions de France intrigue, tant elle contraste à ce qu’on a vu face à Istanbul Basaksehir, quand bien même le niveau n’est pas le même. Esseulés devant, et obligés de réussir un exploit pour ne serait-ce que trouver une fenêtre de tir, et Kean ont été inoffensifs, au point que seul Florenzi a contraint Lopes à une parade durant toute la partie. Lente dès la relance, la formation parisienne semblait incapable de créer le moindre déséquilibre, et donc le moindre danger : un comble quand on voit les joueurs qui la composent.

Avant sa sortie sur blessure, Neymar a eu la tête des mauvais jours, celle où il surjoue pour montrer qu’il est plus technique, au détriment du jeu, de ses coéquipiers et du bon sens. C’est bien dommage quand on sait à quel point il peut être brillant dans un bon jour. Sa tentative de corner direct, quelques secondes après une altercation avec Dubois, et sa perte de balle juste avant la pause avec une tentative de dribble hors de propos, illustrent parfaitement ce caractère capricieux : oui aux dribbles, mais pas quand cela pénalise plus l’équipe que cela ne l’aide. Le problème est que personne ne semble vouloir lui dire… Il a donc tout loisir de vampiriser le jeu, de trop porter la balle, de la perdre, de chercher la faute histoire de montrer que « ok son équipe perd, mais on ne peut pas l’arrêter sans faire de faute », et d’en rajouter en roulade, où même sur ce domaine (ridicule), il a perdu face à Lopes, qui aurait continué à se tordre de douleur sans les panneaux publicitaires pour l’arrêter.

Plus sérieusement, il serait injuste d’imputer cette victoire lyonnaise au seul visage négatif de Neymar. Au contraire : si la star parisienne était frustrée, c’est bien parce que la domination était lyonnaise. Lyon a fait le choix de laisser le PSG relancer, pour faire mal en transition. Dès lors, si la défense francilienne a tenu sur quelques alertes, parfois plus en raison de mauvais choix des attaquants rhodaniens, l’inéluctable allait arriver avec ce but de Kadewere. Disciplinés, les Gones ont aussi  brillé sur la transition défensive : le repli allait plus vite que l’avancée adverse, ce qui fait que le PSG a systématiquement buté face à un bloc compact… et nous amène à nous poser des questions sur l’intensité mise sur leurs transitions offensives. Tout l’inverse de ce qui se passait de l’autre côté, où le milieu parisien ne revenait pas assez vite et laissait sa défense exposée.

Parmi les satisfactions lyonnaises, on peut parler notamment de Denayer et Mendes (malgré son carton rouge), mais on retiendra surtout l’énorme travail de Paqueta, qui a fait beaucoup de bien dans la conservation du ballon, et dans l’orientation du jeu. C’est une bonne nouvelle pour la Ligue 1 que l’ancien grand espoir du pays, lorsqu’il évoluait à Flamengo, ait échoué à l’AC Milan. Cela nous permet de profiter de son jeu. Garcia dispose de tellement d’options au milieu entre lui, Aouar, Mendes, mais aussi les entrants Guimaraes et Caqueret, qu’on se demande s’il n’est pas mieux fourni que Tuchel sur ce secteur de jeu, où Paredes et même Verratti se sont fait dévorés. Avec un Memphis qui combine pour lancer les flèches Toko-Ekambi et Kadewere, le plan de jeu est très simple, mais il peut fonctionner durablement en championnat.

Darinh Mongkhoun

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.