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Nostalgie d’une D1 #5 : 1998/99

France Girondins de BordeauxOlympique de Marseille

Nostalgie d’une D1 #5 : 1998/99

Après cette mini-trève, nous repartons sur les traces du championnat LNF (feu la Ligue Nationale de Football), millésime 1998-1999. Autant dire qu’avant d’entamer cet exercice, la France se paye une bonne vieille gueule de bois. Le premier titre de champion du monde, fêté comme il se doit, fut le moment pour bon nombre de français de battre le record du nombre de tour de rond-point à 30 dans une voiture.

Il fut aussi l’occasion de faire valoir, en plus de son french kiss, sa french win auprès de l’ensemble des supporters du monde entier. Moment unique où l’on peut revêtir le maillot bleu et se balader en camping avec un petit sourire narquois, sifflotant du Gloria Gaynor.

Rappel pour les plus étourdis, Lens est le tenant du titre et participe pour la première fois de son histoire à la compétition reine, la ligue des Champions.

Mars (contre) attacks

Marseille aborde ce championnat avec la carrure d’un champion de France. Débarrassé de son étiquette de promu depuis 1 an, l’OM peut se vanter d’avoir l’un des meilleurs effectifs du championnat. Elle compte dans ses rangs 3 champions du monde (Robert Pirès, Laurent Blanc et Christophe Dugarry), des joueurs confirmés (Fabrizio Ravanelli, Jocelyn Gourvennec, Florian Maurice et Daniel Bravo) et de jeunes joueurs prometteurs (William Gallas et Peter Luccin). Dirigé par le charismatique Rolland Courbis, les olympiens retrouvent peu à peu leur lustre d’antant, après avoir connu un passage en D2 et digéré leur retour parmi l’élite.

En championnat, Marseille, dans son tout nouveau Vélodrome version courant d’air, restera invaincu tout au long de la saison. Seulement quatre petits nuls. Même Montpellier, menant 4 – 0 au terme de la première période, trouvera le moyen de se faire remonter 5 buts.

Un séisme de magnitude 20,7 frappa la région PACA tellement Rolland remonta le slip de ses joueurs à la mi-temps. A la sortie du tunnel, le coach s’avance tel un cow-boy et lâche au banc montpelliérain, avec l’accent du sud s’il vous plait : « On va vous en mettre cinq ». Suite à cette secousse, un tsunami bleu et blanc déferle sur la cage de Bruno Martini et raye définitivement Montpellier de la carte. De la 60è à la 70è, Marseille passe 4 buts à son adversaire. Stakhanov n’a qu’à bien se tenir. Laurent Blanc, à la 89è, se chargera sur penalty de faire entrer en fusion le vélodrome et précipitera l’équipe montpelliéraine en pleine dépression.

Il s’agit là sans doute de l’un des matchs les plus passionnants de l’histoire du championnat de France, même si un certain 5-5 entre les deux olympiques connus également tout son lot de rebondissements.

Second à seulement une unité du champion, les marseillais peuvent regretter leur double confrontation contre les bordelais, où ils ne réussiront à prendre qu’1 point sur 6 (avec en prime une petite correction à Lescure, 4 – 1).

Mais c’est surtout au soir de la 32è journée que le titre échappe définitivement aux olympiens. Ces derniers mènent 1 – 0 au Parc, on joue les dix dernières minutes du match. De son côté, Bordeaux ne fait que match nul à Bollaert. A ce moment précis, les sudistes comptent 4 points d’avance sur les girondins. Concours de circonstance énorme, Paris renverse la vapeur. En quelques minutes, Simone et Rodriguez exaucent le vœu de milliers de supporters parisiens. Presque au même moment, Bordeaux reprend l’avantage. De plus 4, l’avantage des marseillais est passé à moins 1. Tiens 1 point, c’est ce qui sépare les deux clubs au soir de l’ultime journée.

En coupe UEFA, Marseille revêt à nouveau ses habits de lumière et n’est pas loin d’être (encore) le premier club français à décrocher une C3. Pour arriver jusqu’à Moscou, les olympiens ont du batailler ferme pour éliminer tour à tour le Werder, Monaco, Vigo et Bologne. Laurent Blanc aurait peut-être du se faire exclure en demi-finale, car c’est lui qui se charge de lancer en profondeur Hernan Crespo pour l’ouverture du score. Et 1, et 2, et 3 zéro. Les supporters phocéens ont dû apprécier.

Du vin, des girondins et un titre nom de dieu

Sur le papier, l’équipe girondine à peut être un poil moins de gueule que sa poursuivante. Et pourtant, il ne suffit pas d’aligner les noms pour gagner un titre. La réussite de Bordeaux tient en l’extrême qualité de quelques joueurs et en la force de son collectif. Wiltord et Laslandes, respectivement premier et troisième du classement des buteurs, planteront 37 buts sur l’ensemble de la saison. Ali Benarbia, débarqué de Monaco, sera élu meilleur joueur de la D1. Même distinction pour Elie Baup, dans la catégorie entraîneur. Ajouté à cela la vista de Micoud, et la carré magique brésilien Ronaldinho/Ronaldo/Robinho/ Adriano peut aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. En plus de ces individualités, c’est tout un groupe de joueurs qui assure le succès des marines en championnat : Ramé, Pavon, Alicarte, Diabaté, Grenet, Saveljic. Comme pour mieux illustrer la force de ce collectif, c’est Pascal Feindouno qui offre le titre dans les dernières minutes de jeu face au PSG. Ses stats sont tout simplement ahurissantes : 3 matchs, 1 but. Alors à peine âgée de 18 ans, le guinéen aurait du arrêter sa carrière et déclarer : « J’arrête le football, je n’aurais marqué qu’un but dans ma vie, mais c’est le but du titre. Bon vent à tous. »

Bordeaux marque en moyenne 2 buts par match et possède la deuxième défense, derrière Marseille. Dans ces conditions, difficile d’arrêter le rouleau compresseur girondin. Enfin, avec un sponsor maillot Waiti jus de fruit (sexion d’assault ?) et Kiki Musampa dans l’effectif, difficile de ne pas se prendre d’affection pour les bordelais.

Petite désillusion malgré tout en C3, ou la bande à Baup se fera éclater par Parme lors du match retour des quarts de finale, 6 – 0. On ne peut pas tout le temps gagner 3 – 0 face aux ritals.

Marco Nonda

« Sha, Sha, Sha, Shabani Nonda. » Non le public du stade de la route de Lorient ne cherche pas à exorciser les adversaires des Rouge&Noir.

Il s’agit la du refrain à la mode chanté par tout le kop rennais à la gloire de leur attaquant vedette, Shabani Nonda.

Produit par MC Pinault, le premier album du congolais est tout simplement le tube de l’année en Bretagne. Une compil’ de 15 morceaux jouée un peu partout en France. Ses meilleurs titres ? reprise de volet et enchaînement frappe. Pour sa première saison dans l’hexagone, Shaba se hisse en troisième position des charts, a égalité avec Monsieur Laslandes. Pour illustrer cette performance, c’est un peu comme si Lokua Kanza (chanteur congolais) vendait, dès sa première année en France, autant de CD que Johnny Hallyday.

Mais attention, si Shaba cartonne autant, c’est qu’il a puisé toute son inspiration sur un grand attaquant du championnat français. Mickael Madar ? non, bien trop fou fou. Ibrahima Bakayoko ? il louperait un éléphant dans un studio étudiant. Frédéric Née ? pas assez charismatique. Le maître de Nonda n’est autre que Marco Grassi, 26 pions en deux saisons sous le maillot rennais au milieu des années 90. Le congolais n’est alors qu’un adolescent quand il tombe, par hasard, sur match du stade rennais. Alors opposé au PSG, champion de France en titre, Shabani, outre la rouste infligée aux parisiens, (4-0), est abasourdi par la prestation du Suisse, qui claque un doublé. « Je n’ai jamais vu ça. Marco avait une telle aisance sur le terrain. On aurait dit qu’il planait. » Ni une ni deux, Nonda décide de copier coller la carrière de son idole. Comme Grassi, il fait ses armes dans le championnat suisse, passe 3 saisons à Zurich, signe 2 ans à Rennes avant de s’envoler pour Monaco.

L’élève ayant dépassé le maître, Nonda décide de prendre sa carrière en main une fois arrivé sur le rocher. C’est à Monaco qu’il donnera la pleine mesure de son talent, devenant le meilleur buteur du championnat 2002-2003, avec 26 buts. Seulement voilà, l’année suivante, Pierre-Fanfan, alors défenseur du PSG, brise la carrière (et la jambe) du monégasque suite à un choc ultra violent. Quand on sait que cet incident est survenu au soir de la quatrième journée et qu’il avait déjà claqué trois buts en autant de matchs. Comment dit-on merci José-Karl en congolais ?

La suite sera un peu plus laborieuse malgré des passages à Rome, Blackburn et Galatasaray. Nonda tombera peu à peu dans l’anonymat, comme un certain… Marco Grassi à la fin de sa carrière.

Nostalgie d’une D1 #5 : 1998/99

La belle époque des jeans moule-burnes…

Photos GettyImages.fr

Eric n'a alors que 7 ans quand il découvre le Football. Il passe le plus clair de son temps à imiter ses idoles : Raï, Loko, Cavéglia. N'ayant pas le talent pour embrasser une carrière professionnelle, il décide alors d'écrire sur l'actualité du ballon rond.

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