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Le point JEU #6 : Renato, Atlético Madrid, et l’ascension de Thuram

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Le point JEU #6 : Renato, Atlético Madrid, et l’ascension de Thuram

Cette semaine, on a vu un début de confirmation de la montée en puissance de Renato Sanches, au sein d’un LOSC qui a une belle marge de progression. On déplore aussi le manque de solutions à l’Atlético, et on salue le bon début de saison de Thuram en Bundesliga. On applaudit aussi les héros du week-end : Son, Suarez, Rashford, Joaquin et Vardy.

Le Losc et ses affreux JoJo

Match observé : Lyon 0-1 Lille

La semaine dernière, on déplorait que Lille ne soit pas plus conquérant lors de son match face à Dijon. Dans un double pivot Xeka-Sanches, qui doit sécuriser avant de se projeter – même si le premier l’a fait quelques fois, laissant le second couvrir – on déplorait un manque de créativité global… que le jeune Renato est capable de combler en partie, comme le prouve la fin de match où il évolue plus à droite, et surtout plus libéré, suite à l’entrée en jeu d’André. Galtier nous a entendu puisqu’il a mis son prodige à droite face à Lyon, laissant le soin à André et Soumaré de gérer l’entrejeu.

https://twitter.com/MahfuzRN04/status/1201985142744657920

Cette nouvelle position n’a absolument pas gêné Sanches, qui s’est baladé entre une position de milieu droit et de relayeur droit, couvrant une zone intéressante, et envoyant avec justesse Celik, son arrière droit, sur orbite. Il a également réussi à trouver Osimhen à 2 reprises dans la surface adverse sur la première période, obligeant notamment Lopes à une jolie parade. Sans ballon, il a été discipliné, faisant le pressing sur Koné, puis Rafael lors de la sortie du premier nommé pour blessure. Il a aussi bien coulissé quand Bamba faisait le pressing sur son latéral. Peut-on en déduire que tout va pour le mieux à Lille, victorieux à Lyon, avec un jeu légèrement plus convaincant que face à Dijon? Et bien non, pas totalement.

https://twitter.com/canelo_guzman/status/1201961288013885440

Car si on peut distribuer des bons points à Renato, on ne peut pas en faire autant pour les JoJo de Lille, à savoir Ikoné et Bamba. Certes, le premier a marqué un but, où sa prise de balle rappelle son talent. Mais il a aussi et surtout manqué d’impact, perdant tous ses ballons dès qu’un défenseur venait au duel, et n’arrivant pas à prendre son adversaire direct en vitesse une seule fois. Il a été décisif, c’est très bien, mais son talent fait que le public – et probablement le staff du club – place des attentes supérieures en lui. Marcelo ne sera pas toujours là pour offrir un but sur une mauvaise relance.

Bamba n’a pas fait mieux, bien au contraire : mauvais choix en attaque, peu d’impact défensif malgré une certaine volonté, et un manque de vitesse inexplicable quand on se remémore ses fulgurances l’année dernière, ou même à Saint-Etienne. Si la perte de Pepe est difficile à encaisser, elle le sera encore plus si les JoJo ne retrouvent pas le niveau qu’on leur prête. A eux de se remettre en route, pour redonner au Losc ce jeu explosif qui en a fait un dauphin séduisant du PSG la saison dernière. Car le seul apport de Renato ne suffira pas, d’autant plus que les longs ballons balancés sur Osimhen sont faciles à défendre, notamment quand on dispose d’un joueur comme Denayer, impeccable dans la lecture des trajectoires. Lille est sur la bonne voie, mais il reste du chemin.

P.S : je n’ai pas vu le match face à Brest, qui semble confirmer Renato à droite.

L’Atlético en panne

Match observé : Villarreal 0-0 Atlético Madrid

Les chiffres ne disent pas tout, mais ils trahissent au moins une partie de la vérité. Si l’Atlético continue à son rythme actuel, il terminera la Liga avec 62 points, un total indigne de son statut de grand d’Espagne. Avec 16 buts en 16 journées, et un nouveau 0-0 face à Villarreal, les Madrilènes sont inquiétants dans le jeu, puisqu’ils ne produisent pas grand-chose avec le ballon. On ne tombera pas dans le cliché en accusant Simeone de coaching défensif, puisqu’il ne l’est pas plus qu’auparavant. Néanmoins, les joueurs ont changé, et un Griezmann manque terriblement à l’appel.

https://twitter.com/AtletiFrancia/status/1203067794427908097

Face au sous-marin jaune, l’Atlético avançait avec un 4-4-2 classique, Koke évoluant à gauche, et Saul à droite. Polyvalents, ils peuvent évidemment jouer partout au milieu, mais les positionner sur l’aile en faux pied les incite à entrer dans le cœur du jeu, ce qui est une bonne chose a priori. Le problème, c’est que les latéraux Lodi et Arias n’apportent presque rien offensivement : même quand ils reçoivent le ballon, ils tardent à centrer, et aucun tir dangereux n’a fait suite à un débordement de leur part. Trippier, expert en ce domaine, est entré un peu tard pour compenser ce déficit dans les couloirs.

Vitolo, entré à la place de Partey, a offert une fin de match un peu plus intéressante. L’Espagnol prenait la place de Koke à gauche, qui partait prendre la place de Saul à droite, qui a lui glissé dans l’axe aux côtés d’Herrera. Sans remettre en cause le niveau de Partey – un des meilleurs joueurs de l’Atlético cette saison – ce nouveau milieu a permis quelques permutations qui ont ponctuellement gêné Villarreal, grâce au profil polyvalent de Vitolo, qui se marie bien avec Saul et Koke. On a eu quelques combinaisons, pas de quoi sauter au plafond, mais au moins a-t-on eu droit à un peu de vie avec le ballon. Cela ne résout malheureusement pas le manque de talent des attaquants. Trop d’opportunités potentiellement intéressantes ont été tuées dans l’œuf par un contrôle trop long ou un mauvais choix de Morata, parfaitement muselé par Albiol. Felix s’en sort mieux, avec une frappe sur le poteau notamment, beaucoup de mouvements pour essayer de créer du liant et même un caviar qui aurait dû être décisif pour Lodi. Malheureusement, en joueur d’évitement, il conserve quelques lacunes au duel, et a lui-même manqué de lucidité à la finition. Surtout, et c’est bien normal à son âge, il n’est pas encore Griezmann pour faire basculer ce type de rencontre. On comprend mieux les rumeurs incessantes au sujet de Rodrigo, encore énorme à la création ce week-end, avec Valence face à Levante.

Tant de lacunes ont forcément empêché l’Atlético d’espérer mieux, face à un Villarreal toujours séduisant, mais bien moins équipé en termes de talent, au moins supposé. Même si on les apprécie, il n’est pas normal de voir Anguissa rouler sur l’entrejeu madrilène, comme il n’est pas normal de voir Chukwueze mettre le feu à chaque accélération. Le mal qui ronge ce collectif semble profond, d’autant plus qu’un Lemar, qui pourrait contribuer à améliorer la situation, semble avoir le moral dans les chaussettes. Les Matelassiers galèrent, mais à quoi d’autre pouvait-on s’attendre d’une équipe qui a perdu Godin, Hernandez, Filipe Luis, Rodri et Griezmann cet été?

Thuram se fait un prénom

Match observé : Mönchengladbach 2-1 Bayern Munich

Si on regarde froidement le résultat, on peut se dire que le leader Gladbach a battu le Bayern, et que c’est un très symbolique passage de témoin. En regardant le match, la lecture est forcément différente, tant le champion en titre peut regretter de ne pas avoir capitalisé sur sa domination en première période. La pluie d’occasions aurait dû aboutir à un score large, a minima de quoi voir venir et de gérer le second acte.

On commence à identifier les bases du Bayern version Flick : une charnière avec Alaba qui casse des lignes via une qualité de passes assez folle, Davies qui met le feu à gauche, un milieu dont la créativité repose beaucoup (trop?) sur Thiago, et bien sûr Lewandowski pour conclure. Sur ce match, on peut déplorer l’absence de Gnabry, alors que Coutinho a disparu des radars. Avec ses certitudes, le Bayern a dominé la première période, à peine gêné en début de match par le pressing adverse qui empêchait les joueurs de se retourner. Les occasions se sont accumulés, mais pour la seconde fois consécutive après Leverkusen, l’efficacité n’était pas au rendez-vous, avec parfois un index de Sommer pour empêcher le ballon de franchir la ligne.

La seconde période sera beaucoup plus équilibrée, sans non plus totalement basculer du côté de Gladbach. Et si Bensebaini est l’improbable double buteur de la rencontre, on retiendra comme principale satisfaction côté vainqueur le gros match de Thuram. Celui qui porte le numéro 10 n’a pas perdu les qualités entrevues à Guingamp ou en équipe de France Espoirs : une certaine puissance, un sens du dribble aiguisé et une jolie mobilité. Il semble néanmoins un peu meilleur dans la répétition des courses, à moins que ça ne soit le fait d’être mieux entouré qui donne cette impression. En tout cas, il a rendu fou le pauvre Boateng, que son entraîneur a fini par faire sortir. Son remplaçant Martinez ne s’en sortira pas beaucoup mieux, puisqu’il concède le penalty suite à une faute sur lui. Parfois trop isolé sur le côté gauche, l’attaquant du Borussia n’est pas capable de bouffer la craie avec le brio d’un Coman, surtout s’il fait face à Kimmich. Par contre, il est intéressant quand il peut attaquer la profondeur, légèrement sur le côté gauche, dans l’espace entre le latéral et le central droit. Le début de saison lui donne raison quant à son choix de signer à Gladbach : Thuram s’est déjà fait un prénom en Bundesliga.

Et sinon

  • Déjà auteur de quelques frappes intéressantes face à Saint-Etienne, Cyprien a remis ça face à Metz. Le Niçois signe même un doublé suite à un penalty.
  • Mourinho l’a comparé à Ronaldo, on n’ira pas jusque-là mais quel but magnifique de Son face à Burnley. Le Sud-Coréen a remonté le terrain avec beaucoup de talent, pour s’offrir un des buts de la saison.

  • Buteur et passeur décisif, Keita s’est fait plaisir face à Bournemouth. S’il retrouve le niveau qui était le sien à Leipzig, il apportera une créativité qui manque au milieu des Reds, et va devenir encore plus fort.
  • Favre semble avoir trouvé un système qui fonctionne, au moins face aux formations modestes, comme l’atteste la victoire éclatante face à Düsseldorf. Affaire à suivre, car Dortmund n’est pas un modèle de continuité cette saison.
  • Quand De Jong le sert, suite à une très belle séquence du Barça, on ne s’imagine pas qu’il fera ça. Malgré un déclin visible au niveau de la répétition des courses ou d’appels moins tranchants, et même d’un duel mal négocié quelques minutes plus tôt, Suarez est encore capable de nous surprendre, comme sur cette talonnade improbable face à Majorque. De son côté, Messi a mis tranquillement son triplé.

  • Avec sa vitesse, Cuadrado ne doit jamais se jeter comme ça sur l’action où il prend le rouge. La Lazio fait tomber la Juventus, avec au passage un but magnifique de Milinkovic-Savic. Sergej nous gratifie d’un excellent contrôle sur l’action.
  • Vardy ne veut vraiment pas revenir en sélection? Sur ce qu’il montre à Leicester, avec un nouveau doublé face à Aston Villa, il pourrait jouer l’Euro. Même si son style si particulier, qui nécessite beaucoup de profondeur et qui est moins opérationnel face à un bloc bas, n’est pas forcément adapté à une compétition internationale, on aimerait le voir cet été.
  • Joaquin, 38 ans, a planté un triplé face à l’Athletic Bilbao, en une vingtaine de minutes. Et dire que l’emblématique capitaine du Bétis aurait pu en marquer un 4e s’il avait mieux négocié un joli ballon donné par Iglesias…
  • Des prises de balle pleine de détermination, des passes bien senties, un penalty provoqué et marqué, une frappe sur la barre… c’est quoi ce match de malade de Rashford face à City? Pour ne rien gâcher, son entente avec Martial est parfaite.  gagne le derby, et aura au moins le mérite d’avoir pris 4 points à Liverpool et City sur la phase aller.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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