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Ancienne gloire du championnat de France, le Racing Club de Strasbourg poursuit sa folle remontée en confiant les clés de la maison à une nouvelle tête pas si étrangère, Marc Keller. De quoi ambitionner un retour au premier plan ?

Hier soir, la nouvelle est tombée de la part de Marc Keller himself. A la tête d’un groupe d’investisseurs alsaciens, Marc Keller (seul français à pouvoir prononcer Karlsruhe sans se tromper) reprend le club qui l’a vu se révéler au grand jour, parvenant même à percer en équipe de France à la fin des années 90. Keller a déjà joué le rôle d’homme fort du club strasbourgeois au début des années 2000 lors d’une période prolifique : 2 coupes de la Ligue et une remontée parmi l’élite en 2002.

Lassé par le club, il était parti se réfugier sur le rocher monégasque après 5 ans de bons et loyaux services : « J’avais un engagement jusqu’à la fin de saison. J’ai décidé de l’honorer jusqu’au bout. C’est simplement la fin d’un cycle de cinq ans pour moi ». A Monaco, l’ambiance dans l’équipe est terrible. Le trio Jean Petit, Guy Lacombe et Marc Keller, est le premier montré du doigt par le président Jérôme Bontin. Il est remercié très rapidement : « La façon dont les dirigeants dépeignent la situation me choque. En gros, si Monaco est en L2, c’est la faute du trio Keller, Petit et Lacombe. Comme si eux n’avaient rien à se reprocher. Moi, je refuse d’endosser des responsabilités qui ne sont pas les miennes. La vérité, c’est que j’ai pris des positions qui allaient à leur encontre et on me l’a fait payer. Et d’autant plus cher que les résultats n’ont pas suivi. J’aurais dû arrêter les frais. J’y ai pensé. J’ai même présenté deux fois ma démission au prince Albert, en lui expliquant les choses. Deux fois, le prince m’a demandé de continuer. Je suis resté et j’ai fait une erreur. J’aurais dû m’en aller ». Bontin parti en 2009, Keller revient en Principauté dans le même rôle de manager pour quitter le navire un an plus tard. Depuis, il nous donne son avis sur Canal+.

Lors de la relégation administrative du club alsacien, un entrepreneur volontaire et fan absolu du club, Frédéric Sitterlé, avait repris le bazar pour un euro symbolique. Hier, il a donc cédé son oeuvre (plus réussi) à pour la même somme et des objectifs similaires : réunir les fonds nécessaires en vue de répondre aux exigences de la DNCG en matière de fonds propres et de garanties financières pour la saison à venir. En effet, le RC Strasbourg a toujours une dette estimée à plus de 1,4M€. De l’argent de poche pour un club de CFA. On pourrait racheter trois fois le championnat avec une telle somme. Le 26 juin prochain, c’est le grand oral financier auprès de la DNCG mais Marc n’a peur de rien : « Je lancerai dès demain une augmentation de capital afin de réunir les fonds nécessaires en vue de répondre aux exigences de la DNCG en matière de fonds propres et de garanties financières pour la saison à venir. Le groupe d’investisseurs qui m’entoure est déterminé à permettre au club de jouer en CFA la saison prochaine. Je tiens à remercier l’ensemble des collectivités et des différents partenaires du club qui ont contribué à la finalisation de cet accord ».

Parmi le groupe d’investisseurs drivé par Marc Keller, on trouve aussi un ancien président du club, Egon Gindorf, et l’ancien joueur et entraîneur tchèque, Ivan Hasek. Ca parle aussi de Sébastien Loeb, le pilote de rallye originaire de la région. Pendant longtemps, le nom de Christian Constantin, le président du FC Sion (nouveau club de Gattuso) a circulé. L’homme d’affaires suisse avait toujours nié en bloc les informations du Nouvelliste.

RC Strasbourg : Marc Keller pour le renouveau

Keller, c’est le mec qui a réussi à mettre un pion au Brésil en 97

Le frère de Marc, François, est le coach de l’équipe strasbourgeoise. Un des milieux de l’équipe, Steven Keller, aurait pu être de la famille. Il n’en est rien : le nom de Keller est très répandu en Alsace et ils n’ont aucun lien de parenté.