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Trophées UNFP : c’est quoi au juste, un beau but ?

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Trophées UNFP : c’est quoi au juste, un beau but ?

En début de semaine ont été décernés les trophées UNFP. Costards, statuettes dorées et noms qui claquent : comme à chaque fin de saison, ces oscars du football hexagonal désignent les meilleurs acteurs du championnat écoulé, catégorie par catégorie. Et comme chaque année, la remise des prix soulève son lot de débats et de mécontents.

Pour cette édition 2016/2017, beaucoup se sont demandés comment le titre de meilleur joueur avait pu échapper au champion monégasque Bernardo Silva, ou encore comment diable Yoann Cardinale avait pu être oublié de la liste des prétendants au poste de meilleur gardien de but. La critique, bien souvent, se porte sur la toute puissance de la statistique. Ainsi, on aura préféré récompenser la machine Cavani et ses 35 buts inscrits plutôt que le soyeux gaucher monégasque. Seulement, ce sont les joueurs eux-mêmes qui votent, alors pour une fois, on ne peut trop rien dire. Mais il est une catégorie qui échappe à ce mode de scrutin : celle du plus beau but. Pour désigner le golazo de l’année, le vote est confié au public. Nous avons donc le droit de nous écharper sur ce qui en fait la beauté. Ne nous gênons pas.

L’éloge du geste

Si il semble encore acquis que les palettes et les chiffres ne permettent pas de classifier les buts selon leur esthétique, tout le monde sera à peu près d’accord pour dire que certains buts sont « beaux ». Personne, par exemple, ne qualifiera le but de Bergkamp contre l’Argentine en 1998 de miteux. A partir de là, existe-t-il une recette du joli but ? Serait-ce une frappe d’enculé à la Chamakh dans la lucarne ? Une action personnelle où le nombre de reins cassés équivaut à la beauté du geste ? Ou encore un plat du pied bidon dans un but vide après une action collective de génie ? Sans doute un peu de tout ça à la fois, et chacun, selon son idée du foot, aura sa préférence. Mais soyons honnêtes, la dernière proposition est assez souvent oubliée. Il n’y a qu’à voir, les trophées UNFP ne récompensent pas une équipe, mais un buteur. Et à regarder encore de plus près la sélection de cette année, sur les cinq nominés, seuls deux buts viennent d’actions bien construites : ceux de Paris et de Bordeaux. Mais ce n’est pas ce qui est récompensé. Ce qui l’est, c’est le dernier geste : la madjer de Cavani et le retourné de Rolan.

Non, ce que nous considérons comme un beau but est dans l’immense majorité des cas individuel. Le beau but est un geste. Et ce qui fait lever les foules, c’est que ce geste est inattendu. Voire impossible. Le geste qui amène un but est, toujours, la bonne solution. Si il y a but, c’est que le geste était la bonne solution. Le beau but lui, vient du geste auquel personne n’aurait pensé, ou que personne d’autre que le buteur n’aurait réussi à ce moment précis. Le beau but relève donc de deux éléments essentiels : la technique, et l’inspiration. Oui oui, comme une œuvre d’art. En parlant d’art, le maître nous gratifiait il y a 15 ans de l’exemple parfait du beau but. Tout y est : l’équilibre, le timing, la puissance. Qu’on se le dise : le geste est parfait. Et n’importe qui n’aurait pas pu le mettre. C’est que le beau but, justement, est par essence difficile à planter. Ils est d’ailleurs bien souvent plus réservés aux techniciens qu’aux buteurs purs et durs, si tant est qu’il en existe encore.

Il semble y avoir une passion autour du lob.

Qui méritait vraiment le trophée UNFP ?

Mais revenons à nos moutons français. Le cru 2016/2017 nous a réservé une sélection de gestes assez variés : frappes en lunette, madjer, retourné, lob… C’est ce dernier qui a été récompensé (Depay contre Toulouse). Ce qui est évidemment une erreur. Il semble y avoir une passion autour du lob. Déjà en 2013, la sélection était modifiée à la dernière minute pour y inclure un lob de Saber Khelifa avec Evian. Mais pourquoi tant d’admiration ? Un lob, évidemment, est un geste fou, et celui de Depay l’est particulièrement. Il nécessite de l’instinct et des couilles. Mais il ne faut pas se laisser tromper par le vieil adage « plus c’est long plus, c’est bon ». A bien y réfléchir, l’espace entre un gardien avancé et son but est immense, si on pense à passer au dessus de lui. Le geste, finalement, requiert beaucoup moins d’adresse qu’une reprise de volée à l’entrée de la surface avec un gardien sur sa ligne. Entre la reprise de Zidane contre Leverkusen en 2002 et son lob contre le Bétis en 1995, lequel était le plus difficile à réaliser… ?

Mais si récompenser le lob est une erreur, inclure la madjer dans le top est carrément une escroquerie. Le plus souvent réalisée à deux mètres du but, elle n’est rien d’autre qu’une déviation (certes derrière la jambe d’appui) qui finit au fond. Pas de quoi en faire tout un plat. Quitte à inclure un but parisien dans ce top, pourquoi ne pas avoir pensé à celui de Meunier contre Lorient ? Contrôle, sombrero, contrôle poitrine au calme, et lob (!) du plat du pied filet opposé. C’est quand même autre chose.

Alors voilà, celui qui méritait vraiment de gagner le trophée, c’est bien sûr Ryad Boudebouz. On a beau le regarder 1000 fois, on ne comprend toujours pas d’où sort ce geste insensé, et les TROIS défenseurs angevins sont à l’heure actuelle toujours en train de chercher leurs appuis sur la pelouse de La Mosson. La suite, c’est juste une frappe en rupture petit filet alors que le gardien n’est pas si mal placé, même si lui aussi a un peu paniqué sur la première feinte. Ça, c’est un beau but. En toute bonne foi.

Supporter de Bordeaux, même depuis le départ de Cheick Diabaté, je reste avant tout amateur de beau jeu où qu'il se trouve. Comme tous les joueurs de district, je suis persuadé d'avoir été à deux doigts de passer pro, mais que je n'ai pas eu de chance.

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