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Bilan Série A 2019/20 : la Juventus, encore et toujours

Italie

Bilan Série A 2019/20 : la Juventus, encore et toujours

Pour la 9e fois consécutive, la Juventus termine le championnat italien à la première place. Pourtant loin d’être impériale, la Vieille Dame profite d’une concurrence irrégulière, et globalement moins bien armée.

Un petit champion

Pour les fans de chiffres, il y a un constat clair. Avec seulement 83 points, la Juventus n’a clairement pas eu des résultats à la hauteur de ce qu’elle a fait lors des précédents exercices. Il faut remonter à la saison 2010/11 pour voir la Vieille Dame terminer avec un nombre de points inférieur. A l’époque, l’AC Milan gagnait le championnat, Zlatan en était le meilleur joueur, Robinho et Pato étaient encore un joueur de haut niveau, tandis que Nesta, Seedorf et Inzaghi faisaient partie de l’effectif. En dehors de cet aspect arithmétique, il y a aussi l’impression que le champion d’Italie ne sait plus à quoi il joue : les milieux manquent de créativité et de percussion, l’attaque repose sur les inspirations de Dybala et la capacité de Ronaldo à être décisif, la défense ne rassure personne quand Chiellini n’est pas là… L’apport de Sarri demeure inexistant, et on le voit mal implanter ses idées dans cet effectif qui ne semble pas taillé pour jouer comme le faisait son Napoli.

Au rayon des bonnes nouvelles, Rabiot revient bien après le confinement, Demiral a réussi une belle saison d’adaptation, Bentancur monte en puissance, et De Ligt a beaucoup appris, même s’il a connu des débuts difficiles. Evidemment, Dybala mérite aussi d’être mentionné, puisqu’il a été le seul à pouvoir faire rêver un peu les fans du club piémontais. Son toucher de balle est une embellie dans cet océan de tristesse.

Une concurrence qui se saborde toute seule

Est-ce que les autres clubs sont armés pour concurrencer la Juventus ? Pas du tout. Par contre, est-ce que plusieurs équipes sont capables de terminer l’exercice avec plus de 83 points, et donc de rafler la mise quand la Vieille Dame est aux abois ? Oui. Encore faut-il ne pas se saborder. Souvent concurrent sérieux de la Juve, Naples a trouvé le moyen de ne gagner qu’un seul match lors de 10 journées consécutives, entraînant le renvoi d’Ancelotti, et l’arrivée de Gattuso. Pas de remontée miracle au classement (le titre était de toute façon déjà trop loin), mais une Coupe d’Italie et quelques espoirs pour la prochaine saison.

Séduisante, l’Atalanta a parfois été victime de son propre jeu, extrêmement risqué. Si elle a charmé l’Europe, ce n’est pas à la Dea de concurrencer le champion en titre : elle n’est pas taillée pour ça, aussi bien qualitativement que quantitativement. On ne peut pas lui demander de faire mieux. La remarque ne vaut pas pour l’Inter, vite qualifiée d’équipe capable de titiller sa pire ennemie. Avec un duo Lukaku-Lautaro complémentaire, mais quelques postes peut-être pas au niveau, les Nerazzurri échouent à une seconde place qu’ils n’avaient pas obtenu depuis un bail. Conte ayant sorti la sulfateuse contre ses propres dirigeants, on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait, mais cela serait dommage de ne pas capitaliser sur cette belle saison. La Lazio, candidat crédible, a perdu son élan suite au confinement, perdant trop de points précieux.

Derrière ce quatuor de tête, l’AC Milan a vécu une belle fin d’exercice, en grande partie grâce à l’apport d’un Ibrahimovic increvable. Le Suédois a réveillé ses coéquipiers, puisqu’on n’avait pas vu Calhanoglu décisif depuis des lustres. La Roma a vécu une saison moyenne, mais garde des pépites comme Zaniolo et Pellegrini pour espérer des jours meilleurs. Plus bas dans le classement, Cagliari n’a logiquement pas tenu la cadence après un bon début, tandis que Sassuolo a montré des choses vraiment intéressantes dans le jeu.

Le meilleur joueur : le joyau de la Vieille Dame

Il a été difficile de choisir un joueur pour cette distinction. Les joueurs de la Lazio et Ilicic ont disparu après le confinement, ceux de l’Inter ont montré de belles choses mais pas suffisamment, tandis que cela aurait été disproportionné de récompenser Caputo. Le choix se porte donc sur Dybala, clairement le seul élément de la Juventus qui a été suffisamment créatif pour faire lever de leur siège les fans turinois. La Joya a déjà réussi des saisons plus prolifiques, mais il termine tout de même avec plus de 10 buts et plus de 10 passes décisives : un double-double qui confirme son importance dans le jeu de son équipe. L’Argentin a réussi à briller dans la bouillie de football proposée par les siens.

Le coup de cœur : la Dea, une équipe qu’on aime

Dans un monde logique, l’Atalanta devrait figurer dans le ventre mou du championnat. Heureusement, en football, des idées appliquées par des joueurs réceptifs permettent de sublimer des effectifs, et la Dea a de nouveau terminé en haut de tableau, avec un jeu toujours plus alléchant et risqué. Avec plus de 2,5 buts inscrits par match, le spectacle est toujours au rendez-vous. Le pressing fou de l’équipe les expose énormément, sans doute plus qu’il ne faudrait, mais ce n’est pas grave tant que cette formation peut en mettre un de plus. Les individualités ne sont pas forcément toujours à la hauteur, ce qui fait que le plan de jeu est d’autant plus ambitieux, et qu’on aime imaginer une telle équipe avec des joueurs plus fiables. Est-ce que Gasperini pourrait demander autant à des joueurs plus confirmés ? En dehors de ce contexte, quel serait le niveau maximal que peuvent atteindre Hateboer, Gosens, Ilicic, Gomez, Zapata et Muriel ? A vrai dire, on s’en moque, puisqu’on rêve de voir continuer longtemps cette belle aventure.

Le meilleur gardien : Szczesny, au niveau de l’équipe

Même si Strakosha n’a pas démérité, et que Donnarumma prouve qu’il n’est pas qu’un simple espoir, Szczesny mérite cette distinction. Le Polonais, qui a accepté de partager un peu de temps de jeu avec Buffon pour permettre au vétéran de battre le record de matchs disputés en Série A, est devenu un solide gardien, sobre et fiable. Il n’a pas le niveau de références comme Oblak, Alisson, Neuer ou ter-Stegen, mais il se montre présent sur le peu d’occasions que concèdent ses défenseurs. Son passage à la Roma lui a fait énormément de bien, et c’est un euphémisme que d’affirmer que son niveau actuel est très éloigné de celui qu’on a connu à son début de carrière, lorsqu’il n’était pas indiscutable à Arsenal.

Le joueur qui a le plus progressé : Luis Alberto, l’altruiste

On ne découvre pas Luis Alberto cette saison. L’Espagnol avait déjà réalisé des exercices aboutis en Série A, mais n’avait jamais semblé aussi épanoui que cette saison, tout du moins jusqu’à la pause du confinement. Avec un Milenkovic-Savic qui officie derrière lui, Luis Alberto a pu faire parler toute sa créativité et son don pour la passe juste. Avec 15 offrandes, il finit d’ailleurs second meilleur passeur du championnat, derrière un Papu Gomez stratosphérique. En dehors de ces statistiques, le meneur de jeu laziale a régalé par sa conduite de balle élégante et sa faculté à casser les lignes par le dribble.

La révélation : Boga, l’explosion

Les observateurs assidus de la Ligue 1 se souviennent de lui pour son passage à Rennes. Pas sûr qu’ils puissent le reconnaître en regardant ce qu’il a réalisé cette saison. Boga a littéralement explosé cette saison, dans une équipe de Sassuolo qui met un point d’honneur à être protagoniste et à ne pas subir les éléments. L’Ivoirien s’est abonné aux lucarnes de Série A, qu’il a nettoyé allègrement de sa frappe enroulée du pied droit, en partant côté gauche. Provocateur, il est le joueur qui affiche le plus grand nombre de dribbles réussis par match (3,9) en championnat italien. Avec 11 buts cette saison, l’ailier inversé continue sa progression au sein d’une équipe séduisante, où Locatelli et Caputo se montrent également intéressants.

La recrue : Lukaku fait taire tout le monde

C’est l’histoire de sa vie. Meilleur buteur de l’histoire de sa sélection, Lukaku a beau avoir cartonné en Premier League pendant des années, il a été accueilli avec scepticisme par certains observateurs, qui l’imaginent gros, lent, bourrin… Pourtant, le Belge est un des rares joueurs en Europe à « garantir » sa vingtaine de buts en championnat chaque saison, à condition que les blessures le laissent tranquille, et qu’il soit mis en bonne condition. Cette saison n’a pas fait exception, puisqu’il termine avec 23 buts en Série A au compteur. Excellent dos aux buts, mais aussi plus rapide qu’on ne le pense balle aux pieds, Big Rom a été un parfait complément pour Lautaro, et a déjà réussi à faire oublier Icardi. Oui, il n’est pas aussi complet que Lewandowski, ou aussi joli à voir jouer que Benzema. Mais il n’en reste pas moins un buteur fiable, et une jolie recrue puisqu’il a encore de belles années devant lui.

Le flop : Balotelli, why always him ?

Contrairement à Lukaku, Balotelli bénéficie toujours d’un accueil empli d’espoirs, et d’un certain enthousiasme dans la presse. Pourtant, l’Italien n’a pas les références du Belge : aucune utilité sans ballon, un impact physique faible malgré une carrure qui devrait lui permettre de se démarquer sur cet aspect, aucune saison référence en dehors de Nice, où là encore, il a été bon mais pas non plus exceptionnel… Brescia, qui comptait sur lui pour se maintenir, termine bon dernier du championnat. Balotelli, censé être revenu plus responsable, n’a pas spécialement aidé son club de cœur avec 5 buts en 13 matches. Pourtant, il devrait encore trouver un point de chute, puisque malgré l’accumulation de saisons médiocres, des clubs pensent pouvoir exploiter le talent qui sommeille en lui. Entretenir son personnage pour continuer à faire croire en ce fameux potentiel, malgré les échecs, n’est-ce pas là finalement le vrai talent de Balotelli ?

L’équipe-type

Szczesny – Hateboer, De Vrij, Smalling, Hernandez – Brozovic, Milinkovic-Savic – Ilicic, Dybala, Ronaldo – Immobile

On s’est déjà expliqué pour le poste de gardien. Sur les ailes, Gosens aurait pu y être, mais il fallait reconnaître la bonne saison de Hernandez à Milan, au moins sur le plan offensif. Smalling a été une bonne pioche pour la Roma, et devance ainsi Acerbi ou Demiral. Véritable patron défensif de l’Inter, alors qu’on attendait plutôt Skriniar ou Godin, De Vrij mérite amplement sa place. Au milieu, Bennacer a été très bon, mais reste moins fort que le double pivot choisi. Luis Alberto cède sa place de meneur de jeu à Dybala, tandis que l’Atalanta est représentée par Ilicic. Cela aurait très bien pu être Gomez, mais Ronaldo a tout de même signé une grosse saison, même si son total de buts est gonflé par les penaltys.

Boga, Kulusevski, Zaniolo et Pellegrini sont de beaux joueurs, mais pas assez face à cette concurrence. C’est horrible de ne pas récompenser Caputo, qui aurait pu être meilleur recrue ou joueur qui a le plus progressé, mais Immobile a égalé le record d’Higuain… là encore, bien aidé par les penaltys. Même s’il est loin de l’équipe-type, mention spéciale à Dzeko qui marque encore à 34 ans, tout comme le revenant Ibrahimovic, bluffant à 38 ans. De son côté, Chiesa a le talent pour y être chaque année, mais il doit le prouver sur toute une saison.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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