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Invité hier après-midi de l’émission Luis Attaque (RMC), Leonardo a répondu, avec brio, aux interrogations des supporters du PSG, secoués depuis l’affaire Ancelotti-Kombouaré. Le directeur sportif du PSG en a profité pour expliquer le dernier mercato estival et entre plusieurs justifications, il a évoqué la colonie « italienne » arrivée cet été (Menez, Sissoko, Pastore, Sirigu).

Pour cela, l’explication est simple « L’Italie vit un moment difficile, c’est pour ça qu’on a eu des opportunités de prendre Menez et Sissoko. La Rome était presque obligée de vendre Menez, la Juve Sissoko, Palerme Sirigu, Pastore. »

La Roma et la Juve avaient le couteau sous la gorge pour vendre Menez et Sissoko ? Faux. Les deux clubs italiens souhaitaient vendre ces deux joueurs pour plusieurs raisons. Jérémy Menez ne s’est jamais vraiment imposé dans la capitale italienne. Excellent entre Octobre et Janvier 2011 avec Ranieri, il a ensuite été mis au placard par Montella. ne comptant pas sur lui, Menez a été cédé. Quant à Sissoko, les dirigeants de la Juve se souviennent plus de son passage à l’infirmerie que sur les terrains. Pendant plusieurs périodes de mercato, la Juve a cherché à le vendre. Sans succès vu le salaire du malien. Jusqu’à l’arrivée du PSG qui a débarrassé la Juve d’un joueur sans arrêt blessé.

Sur Pastore, là encore, c’est une question de point de vue. Après une première année exceptionnelle à Palerme, l’argentin a plongé dans la deuxième partie de sa deuxième saison, comme plusieurs autres joueurs prometteurs du club de Zamparini : Ilicic et Bacinovic (qui ne s’en sont toujours pas remis). Ses six derniers mois ont été d’une faiblesse rare, un peu comme la période qu’il vit actuellement avec le PSG. Alors, dépenser 43M€ pour ce joueur était-il possible ? Pouvait-on prendre un tel risque ? Le PSG, avec des moyens financiers illimités, le pouvait. Le Milan, l’Inter et la Roma, tous intéressés, ne voulaient pas mettre autant d’argent vu ses dernières performances. Reste la question Sirigu. Mais là encore, la Roma ayant recruté Stekelenburg, la Juve ayant Buffon, Milan, Abbiati (et certains ont pu se rendre compte hier soir combien il était indiscutable dans les buts des Rossoneri depuis un an et demi), la Lazio, Marchetti et Naples, De Sanctis, où pouvait-il aller ? Etait-ce un cadeau de Zamparini pour faire allonger le PSG sur Pastore ?

L’Italie vit un moment difficile selon Leonardo. Certes, les clubs ne gagnent plus sur le plan européen, mais de là à dire qu’ils doivent vendre leurs meilleurs joueurs, il y a un long chemin. Le PSG a t-il recruté Thiago Silva, Zlatan Ibrahimovic, Daniele De Rossi, Giampaolo Pazzini, Esteban Cambiasso, Mirko Vucinic ou Giorgio Chiellini ? Non. S’il avait réussi, Leonardo aurait eu raison. L’été dernier, les clubs se sont simplement séparés de joueurs qu’ils ne souhaitaient pas conserver. Et s’ils sont partis d’Italie, c’est que personne n’en voulait. La nuance est essentielle.

Et puis, comment expliquer que trois clubs italiens (Juve, Roma, Naples) figurent dans le TOP 10 des clubs européens ayant le plus dépensé lors du mercato 2011 ? Ils sont sept dans le TOP 20 (Milan, Genoa, Lazio, Palerme). Demandé par toute la Premier League, Inler est resté en Italie. Idem pour Vucinic courtisé par plusieurs clubs anglais. Lamela est-il allé en Espagne ? Non, à Rome. On parle parfois de clubs ne pouvant plus proposer de gros salaires. Comparé à Manchester City et le duo ultra-endetté Barça-Real, c’est une certitude. Mais tous les clubs ont vu leur masse salariale augmenter entre la saison 2009-2010 et 2010-2011. Milan est passé de 130 à 160M€, l’Inter de 121,4 à 145M€, Naples de 28,3 à 41,2M€, la Lazio de 41 à 50,2M€, Palerme de 22 à 26M€ et la Juve est restée à 100M€,. Les clubs italiens demandent à payer les joueurs en plusieurs fois ? Comme partout. Le PSG va payer Menez en deux fois par exemple, alors qu’il a des moyens illimités.

Il ne s’agit pas de dire que tout va bien en Série A. Les stades sont délabrés et sonnent creux, il n’y a pas cette année encore d’italien dans la course au Ballon d’Or, les trophées européens échappent aux clubs transalpins, etc. Mais affirmer que les clubs doivent aujourd’hui vendre leurs joueurs (sous-entendu les meilleurs) est faux. Enfin, jusqu’à aujourd’hui.

Leonardo présente : « La crise des clubs italiens »

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