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Pourquoi prenons-nous du plaisir à voir les grands clubs perdre ?

Coupe de France

Pourquoi prenons-nous du plaisir à voir les grands clubs perdre ?

10 clubs de première division passés à la trappe en Coupe de France ce week-end ! Du haut de leur stades miteux, des camionneurs viennent taper des pros, des vrais. La stat a de quoi faire peur. Paradoxalement, le public s’en réjouit. Analyse d’un état d’esprit franco-français.

Cocorico !

Vous aussi, vous avez pleuré en 2000 quand Calais a perdu en finale contre Nantes au Stade de France. Vous aviez pourtant vibré à leurs exploits en éliminant les plus gros, dont Bordeaux. Vous vous réjouissiez donc de voir l’ordre établi flancher, vasciller. Rassurez-vous, vous êtes de bons français. Nous avons dans notre pays une culture à encourager les exploits. Nous n’aimons pas les vainqueurs au long cours. Nous n’aimions pas la suprématie de Lyon par exemple. Nous avons tendance à haïr les clubs pour qui tout réussit, quitte à resortir un bon vieux titre de Presse : « ils nous ont pris de haut ». Comme si un club de L1 allait voir en l’ES Quevilly une menace de premier ordre à quelques jours de rencontrer Manchester United, un vrai grand d’Europe.

Pour illustrer mes propos, on peut citer un autre sport, comme l’automobile. J’entends par-ci par-là des personnes ne plus aimer le rallye à cause de Loeb si arrogant. Pourquoi ?

Pro/Amateur

Un nouvel argument, relativement récent, fait adorer ces moments de Coupe de France, c’est le fait de voir vasciller le professionnalisme au profit de l’amateurisme. Pour beaucoup (trop) de français, les pros se limitent à la L1. Au delà de ce critère purement sportif, c’est tout un morceau de l’économie qui est suspendu aux exploits de ces coureurs du dimanche. Equipementiers, sponsors, municipalités, c’est d’un coup tout un système qui pue le fric qui est puni par ces défaites. Une sorte de combat de David contre Goliath en crampons.

Cela a tendance à accentuer le fossé qui sépare ces deux univers.Trop de clichés sont présentés sur les amateurs ou même sur les clubs présentés sur le papier comme largement inférieurs. Je me souviens d’un reportage sur l’AJ Auxerre avant de se rendre à San Siro cette année où nous voyions Mignot rêver devant les vidéos Youtube de Pipo Inzaghi et tous ses potes. Triste comparaison : l’AJ Auxerre est pro et le train de vie de ce club ferait baver le moindre club de district.

Commente-moi si tu peux

Les commentateurs savent jouer le jeu. Au moindre but d’une équipe amateur, on sent toute une chaine derrière la petite équipe. Si le club professionnel gagne, c’est une formalité. S’il perd, une normalité qui fait les gros titres : « Evian fait boire la tasse à Marseille », « Wasquehal a tendu un piège à Auxerre », « Monaco n’a rien vu venir à Chambéry ». Aucun juste milieu. La presse s’adapte à ses lecteurs. Les commentateurs suivent en « mignonisant » la Coupe de France. Les Bisounours 2011 s’appellent Chambéry, Wasquehal et Evian.

Rivalités exacerbées

La Coupe de France fait naître des rivalités innexistantes. Dès qu’un grand club se déplace chez un petit poucet, la population locale se sent immédiatement hostile au grand club. Avec parfois 800 kilomètres d’écart, on sait maintenant que Carquefou est le cauchemar de Marseille et le Paris FC celui de Toulouse. Certains derbys dans des tours plus lointains de Coupe de France étaient pourtant bien plus dantesques. Mais un derby en Coupe de France est aussitôt converti en « match pour la paix ». Ya pas à dire, la Coupe de France, c’est pas une compétition comme les autres…

Une triste réalité

La France est le seul pays à voir ses clubs de L1 tomber pour moitié au premier tour de la Coupe nationale. C’est un symbole fort de la pauvreté de notre championnat. Même en faisant jouer des équipes B, les clubs des autres pays du Big Five arrivent à se retrouver facilement jusqu’en 8èmes, minimum.

A notre décharge, nous pouvons citer les tours en phase aller-retour, qui permettent de corriger des erreurs passagères, comme en Espagne. Mais là où des clubs français perdent contre des clubs du 6ème étage (DH), rares sont les clubs du Big Five à perdre contre des clubs de 3ème étage. Il est facile d’imaginer qu’une refonte de ce système dans notre pays est sans doute déjà à l’étude face au manque à gagner que les présidents ont déjà dû remonter à la FFF.

Qu’est est belle cette Coupe… :)

Pourquoi prenons-nous du plaisir à voir les grands clubs perdre ?

« Viser Andrade, viser Andrade, viser Andrade, viser Andrade, … »

Sébastien est plongé depuis plus de 20 ans dans le football, à tel point qu’il est devenu arbitre de football. Débarqué sur Panam' avec les prétentions d'un Pancrate, il préfère maintenant cracher son venin sur son blog. Vous êtes dessus !

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