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Coupe du monde : quels ingrédients pour faire une liste ?

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Coupe du monde : quels ingrédients pour faire une liste ?

Dans quelques jours, Didier Deschamps va annoncer sa liste des 23 pour la Coupe du monde en Russie. Dans le pays des 60 millions de sélectionneurs, son choix va forcément être débattu. Mais quels sont les éléments à prendre en compte ?

Le mérite : une notion obsolète

« Il n’est pas sélectionné alors qu’il a mis 20 buts et 10 passes décisives cette saison »
« C’est une honte de ne pas le prendre alors qu’il a été champion »
« Pourquoi le prendre alors qu’il n’a même pas fait une grande saison ? »

Ces remarques, autour de ce qu’on pense être le mérite, sont totalement infondées au moment de débattre sur la liste d’un sélectionneur. Evidemment, un joueur qui réalise un exercice de folie augmente ses chances d’être remarqué par le sélectionneur, mais ce n’est nullement sur la base d’un quelconque mérite. Deschamps, comme tous les gens qui travaillent dans le sport de haut niveau, n’a qu’un but : constituer l’équipe qui a le plus de chances d’aller au bout de la compétition. L’idée n’est donc pas de récompenser des joueurs pour leur saison, mais d’appeler ceux qui formeront l’équipe la plus difficile à battre. Une liste des 23 n’est pas un bulletin de notes.

A titre d’exemple, tout le monde attend le retour de Benjamin Mendy, en raison des prestations contrastées de Kurzawa ou Digne. Ici, on n’entend plus personne parler de mérite, et on souhaite même sa titularisation dès remise sur pied. Pourtant, il n’aura joué qu’une poignée de matches cette saison. Doit-on s’offusquer de cette volonté affichée du public ? Evidemment, non, car le but est, comme évoqué, de constituer la meilleure équipe.

La complémentarité, facteur essentiel

Passée l’évidence que le but est bien de constituer la meilleure équipe possible, un facteur doit être pris en compte avant toute chose : la complémentarité des profils. Le niveau intrinsèque du joueur et sa forme du moment sont importantes, mais pas autant que le fait qu’il puisse s’inscrire dans un projet de jeu commun. Le football est un sport collectif et les meilleures individualités ne constituent pas nécessairement la meilleure équipe.

Firmino est-il le meilleur numéro 9 d’Europe ? Non, car beaucoup lui sont supérieurs : Lewandowski, Suarez, Higuain, Icardi, Agüero, Kane… Et pourtant, c’est bien lui qui mène l’attaque de Liverpool, finaliste de la Ligue des champions. Et si vous demandez aux fans des Reds s’ils l’échangeraient contre un des joueurs cités précédemment, ils vous répondront que non. Ils ont compris que le Brésilien était précieux dans leur équipe car il avait la capacité de faire briller les autres, en particulier Salah et Mané. Cette complémentarité, qui vaut tout l’or du monde, est recherchée par Deschamps quand il aligne par exemple Giroud à Griezmann. Si on peut regretter qu’il n’essaie pas de développer une alternative avec Lacazette, on peut au moins comprendre son souhait de persister avec cette recherche de complémentarité.

Et la vie de groupe dans tout ça ?

Tant de fois, on a entendu que la vie de groupe était importante, au point d’irriter ceux qui imaginent le sélectionneur privilégier une bande de copains. Non, le sélectionneur ne va pas choisir un joueur juste parce qu’il est ami avec Griezmann, mais oui, il va faire attention à ce que son effectif ne soit pas divisé. Sans être les meilleurs amis du monde, les joueurs doivent au moins cohabiter ensemble, pendant un mois en cas de finale. Performer est plus facile quand on n’a pas d’animosité avec son collègue : c’est une évidence, acceptée dans le monde de l’entreprise. Le football fonctionne de la même façon, car il est joué par des êtres humains et non des robots.

Peut-on pour autant sacrifier un grand joueur pour cette fameuse vie de groupe ? Oui, c’est regrettable pour lui, mais évidemment, car le but reste comme évoqué de créer l’équipe la plus forte, et les joueurs sont plus solides quand ils sont solidaires les uns des autres. La France a bien gagné la Coupe du monde sans Ginola, meilleur joueur de Premier League la saison suivante et qui avait le niveau pour faire partie des 22 de l’époque . Et si on ne peut pas affirmer que les Bleus n’auraient pas gagné avec lui, on sait qu’ils l’ont fait sans lui, ce qui donne raison pour l’éternité à Aimé Jacquet. N’oublions pas qu’en 2016, la France n’était pas loin de gagner l’Euro avec une grosse performance de l’inattendu Sissoko en finale…

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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