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La malédiction des champions du monde

Coupe du Monde

La malédiction des champions du monde

Somme toute, l’élimination allemande ne fait que confirmer une tendance établie depuis la Coupe du Monde 1998 : le tenant du titre – toujours composé du même noyau dur – implose lors de l’édition suivante en foirant complétement sa compétition. La consécration « Champion du monde » confère aux principaux artisans du succès, une place à part dans le panthéon footballistique national.

Ainsi, si ces derniers se refusent à une retraite internationale, duraille pour le sélectionneur, la fédération, la presse et tout un peuple de tourner le dos à LA génération ayant gravi le Tourmalet de l’Olympe. Ainsi, lors de la défense respective de leur titre, la France a reconduit 7 joueurs de son 11 titulaire vainqueur, l’Espagne 8,  le Brésil et l’Allemagne 6 – en on ne compte pas les départs à la retraite qui auraient permis à certains anciens de subsister. Depuis 1998, la durée de vie d’un héros est donc de 4 ans. Mais quelles sont les raisons qui expliquent d’une déchéance si précoce ?

Dis, c’est encore loin ?

Premier point : l’usure physique. Membres, pour la plupart, de grands clubs ultra concurrentiels, les champions subissent un calendrier local et international interminables durant 4 longues années (préparation, tournée, championnat, coupes, sélection nationale et rebelote)…. D’où l’intérêt de savoir dire stop quand on commence à rouler sur les jantes et qu’on est au summum… La fameuse défense des Bleus en 2002 en parfait exemple.

Attention, une défaillance physique ne saurait tout justifier. Il existe bien entendu un point de rupture mental symbolisée par le football espagnol. Du sacre en 2010 à l’élimination au premier tour en 2014, l’Espagne à tout raflé (clubs et sélection confondus) et, en toute logique, n’a RIEN changé. Après des années de succès et tant de trophées récoltés,  difficile de continuer à diluer les égos dans un collectif, à renouveler les efforts et les sacrifices pour une quête déjà réalisée et à retrouver la saveur l’inédit de celle-ci. Si certaines tensions internes, justifiées par la terrible concurrence Barcelone – Madrid, pourraient avoir fissuré la solidarité espagnole, c’est bien d’un manque criant de motivation, de grinta dont a souffert la Roja dans la quête d’un second titre mondial, qu’elle abordait pourtant en grand favori.

Bon, un dernier et j’y vais

Le maintien du sélectionneur est également à prendre en considération : lui aussi, devenu grand timonier du football national, a tout le loisir de demeurer à son poste après son succès – d’autant plus quand celui-ci est acquis dans un climat de défiance total. C’est à lui qu’il incombe de trouver l’alchimie des caractères, le juste équilibre des talents et le savant cocktail entre nouvelle et ancienne génération. Point commun de l’Allemagne, de la France (disons que Roger Lemerre faisait partie prenante de 98), de l’Italie et l’Espagne entre leur sacre mondial et leur piteuse élimination au 1er tour 4 ans plus tard ? Le maintien du même staff, qui n’aura pas su trouver les mots pour remobiliser sa sélection ou lui donner le nouvel allant nécessaire.

Mais comment tu parles à ton père ?

On ferait donc une conclusion évidente : l’immobilisme serait la principale cause de l’échec succédant à une victoire en Coupe du Monde. Toutefois, et pour nuancer légèrement le tableau, c’est également le départ de certains cadres qui engendrent cette chute.

Il est souvent fait mention de deux éléments pour qualifier une sélection « championne du monde » : l’ambiance – soit la connivence entre les membres d’une « famille », comme aime à s’appeler les membres de France 98 à chaque fois qu’il faut remettre une pièce dans le jukebox – et la génération « en or » – soit un panel de joueurs d’exception. Rien à redire, c’est vrai. Mais un troisième élément devrait émerger : l’émergence de leaders de vestiaire, êtres hybrides mi-coach, mi-joueur. Véritables socles du groupe par leur aura (Deschamps, Blanc), leur qualité de jeu (Rivaldo, Lahm, Pirlo) et leur grinta (Puyol), ils incarnent l’âme d’une équipe et s’évertuent à ce que les sélectionnés adhèrent à un plan de jeu élaboré par le coach, acceptent leur rôle bien spécifique dans le groupe et respectent la hiérarchie mise en œuvre… Autant de points vitaux pour assurer l’équilibre d’une sélection sur et en dehors du terrain et devenir le bras armé et la transfiguration physique du discours du sélectionneur. Ces « capitaines », souvent âgés ou conscients d’être proche de la rupture, ont grandement manqué à leur sélection lors de la Coupe du Monde suivante, les remplaçants sur le terrain et les leaders de substitution n’ayant pas réussi à reprendre le flambeau.

Tout ça pour vous dire

La meilleure manière de gagner une Coupe du Monde, c’est de ne pas gagner la précédente.

Amateur de tacles à la carotide et de frappes de 45 mètres, penser à Van Bommel me rend aussi nostalgique que venimeux. Pour échanger des une-deux sur un terrain de district, tu peux me retrouver via le piaf bleu juste en dessous.

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