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Lors du tirage au sort des groupes de la Coupe du monde 1998, le président de la Fédération US a qualifié le match USA/Iran comme « Mère de tous les matchs ». Ce fut le cas, autant politiquement que sportivement.

Petit rappel historique : les deux pays sont en froid depuis la révolution iranienne de 1979 et l’instauration d’une république islamique dans ce pays du Moyen-Orient. Et autant dire qu’en 1998 la situation ne s’est pas arrangée, les deux pays s’envoyant pas mal de noms d’oiseaux par médias interposés. Du coup, tout est bon pour en rajouter une couche, à commencer par le tirage qui indique une équipe qui reçoit et une autre qui se déplace, même dans ce contexte international.

Le media officer de la FIFA à cette époque, Mehrdad Masoudi, se rappelle que le leader suprême iranien et ayatollah Khamenei a donné l’ordre à son équipe de ne pas se déplacer pour initier la poignée de main réglementaire, comme il est indiqué dans le protocole de la FIFA pour les équipes déclarées comme « visiteuses ». La FIFA a joué les médiateurs en proposant aux USA de prendre les devants, ce qui n’est pas forcément un meilleur symbole.

USA/Iran à la Coupe du Monde 98 : un match sous haute-tension

Du pipi de chat à côté de ce que la FIFA a du anticiper en amont de ce match. 7000 billets ont été achetés par une organisation proche de Saddam Hussein pour déstabiliser le pouvoir iranien en place. Ils avaient prévu d’arrêter le match en espérant ne pouvoir être arrêtés vu leur grand nombre (7000 vs 42 000 places du stade).

Nous nous sommes appuyés sur les caméramen et journalistes présents sur place. Nous savions déjà qui seraient les fauteurs de trouble, quelles bannières éviter. Nous ne voulions pas que ce groupe utilise ce match à des fins politiques.
– Mehrdad Masoudi

Bien vu. Ces supporters commencent à rassembler une banderole géante à l’aide de velcro et en sont empêchés par les stadiers. De l’autre côté, une autre menace se présentait. Elle concernait un possible envahissement du terrain. Les forces de sécurité françaises, sur les dents tout au long de la compétition avec notamment l’agression du gendarme Nivel le jour même par des hooligans en marge d’Allemagne/Yougoslavie, recoivent l’ordre de n’intervenir qu’en cas « d’extrême nécessité ». Ce fut le cas, et les autorités font irruption dans le stade, sans que cela ne passe à la télévision pour éviter d’envenimer la situation.

« Le président de la fédération iranienne voulait que son pays se montre sous son meilleur jour. C’est pour cela que les joueurs sont entrés avec des roses blanches, symbole de paix en Iran » poursuit Masoudi.

Sur le terrain, les joueurs ont fière allure. L’engagement est total et le spectacle est au rendez-vous. Les Iraniens finissent par remporter la partie 2-1, leur premier succès en Coupe du monde. Si les deux pays ne parvinrent pas à sortir des phases de poules, cette victoire iranienne sonne comme une mini-Coupe du monde à Téhéran, où les joueurs seront accueillis comme des rock stars.

Le moment est si symbolique que le défenseur  en fera cette conclusion : « nous avons plus fait en 90 minutes que les politiciens en 20 ans ». Quelques mois plus tard, un match amical a eu lieu entre les deux équipes, tout aussi symbolique car il a demandé l’implication proactive des deux fédérations, mais « cela n’a pu se faire que grâce au succès du match de la Coupe du monde 1998 » conclut Masoudi.

USA/Iran à la Coupe du Monde 98 : un match sous haute-tensionRetrouvez les affiches des coupes du monde sur le site de notre projet Poster FC. Plusieurs affiches représentent cette compétition en France, dont celle superbe de The Stereo Typist, mais aussi celles en Angleterre, en Allemagne ou en Italie.

 

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