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Après 12 jours de phase de groupes, c’est repos jusqu’à samedi et le début des huitièmes. Pour vous faire patienter, PKFoot revient sur ce qu’il faut retenir de cette première partie de la compétition.

Des favoris en rodage

Cette année, pas de mauvaise surprise pour les gros. Avec un nouveau système où 4 des 6 troisièmes de groupe obtenaient leur ticket pour le tour suivant, le risque était assez limité. Néanmoins, personne ne s’est détaché en termes de jeu et d’efficacité : pour preuve, aucune équipe n’a remporté ses 3 matchs de poules.

La France, peut-être en raison du statut de pays hôte, est apparue brouillonne et, si le scénario des matchs a pu faire chavirer de bonheur les supporters, nous sommes loin d’avoir assisté au feu d’artifice annoncé au regard des joueurs offensifs présents sur la liste des 23. Le duel face à l’Irlande dimanche sera l’occasion de véritablement démarrer la machine.

L’Angleterre, fidèle à elle-même, tâtonne. Une égalisation inattendue des Russes à la 92ème, la victoire arrachée aux Gallois là aussi dans le temps additionnel : les fins de matchs ont également été agitées (comme sur l’ensemble du tournoi où 20 des 69 buts ont été inscrits après la 75ème minute – 7 après la 90ème).

On pensait trouver en l’Espagne le favori naturel : double tenante du titre, deux premiers matchs de groupe où la machine semblait se remettre parfaitement en ordre après la bévue du Mondial 2014, puis cette défaite face aux Croates, la perte de la première place de la poule, le penalty raté de Ramos, une confrontation avec les Italiens en 1/8èmes, qui ont soudain replongé les ibériques dans leurs questions, eux qui étaient invaincus à l’Euro depuis juin 2004.

Les Italiens, justement, que l’on range dans la catégorie des favoris de par leur histoire, mais que pas grand-monde n’attendait à une première place assurée dès la seconde journée ! Là aussi, après un match d’ouverture très enthousiasmant face à la Belgique, le faible fond de jeu proposé par la Squadra Azzura contre la Suède et l’Irlande a montré les limites d’une équipe qui semble toutefois toujours portée par un esprit de groupe et de sacrifice inégalables.

Dindon de la farce, l’Italie devra réaliser plusieurs exploits si elle veut aller loin dans cet Euro : en plus de l’Espagne, elle pourrait rencontrer les Allemands en 1/4 et la France ou l’Angleterre en 1/2 ! Un parcours à la Ninja Warrior pour les Transalpins.

On attend encore une grande Allemagne, mais elle a su faire le travail, comme les autres, et obtenir une première place qui lui offrira à elle aussi le plaisir de découvrir une partie de tableau colossale, où celui qui en sortira aura de grandes chances de remporter le trophée.

Les outsiders, c’est 50-50

On attend à chaque Euro un Portugal enfin au niveau sur la durée. Une nouvelle fois, le Portugal a déçu et a enfilé sa cape de sauveur de la nation grâce notamment à son inspiration géniale face à la Hongrie.

Auteur de 3 matchs nuls, les Lusitaniens sont la première équipe à se qualifier de la sorte pour la suite de la compétition, et peuvent remercier le nouveau système mis en place et qui a occasionné de sacrés maux de têtes lorsqu’il a fallu calculer les adversaires potentiels en 1/8èmes ou les quatre meilleurs troisièmes.

La Belgique, après s’être fait peur lors de sa défaite inaugurale face aux Italiens, s’est reprise et a décroché la deuxième place de son groupe. Comme durant le Mondial 2014, on attend encore une prestation collective aboutie de la part de nos amis francophones, dont le groupe composé de nombre de très bons joueurs tarde à développer le jeu d’équipe léché qu’on est en droit d’attendre.

Cependant, le jeu du tirage offre aux Belges une partie de tableau très ouverte, où le Croatie-Portugal déterminera qui sera son adversaire le plus dangereux pour une place en finale. Car en effet, et c’est la confirmation de cet Euro : la Croatie est bel et bien l’outsider numéro 1, ses 3 matchs l’ont confirmé. Solide, joueuse, elle a su renverser l’Espagne bien que menée au score. La Croatie s’ouvre une voie royale et au vu des performances du 1er tour, on voit mal le Portugal l’arrêter en si bon chemin.

De bonnes surprises et des supporters heureux

L’instauration de l’Euro à 24 équipes, si elle rajoute un tour supplémentaire entre 1er tour et les quarts, a donné un coup de fraîcheur et mis en lumière de petites nations qui ont crânement joué leur chance, avec plus ou moins de réussite. Si l’Albanie a décroché la première victoire de son histoire en compétition internationale, elle termine dans les deux plus faibles troisièmes (avec la Turquie) et n’obtient pas son sésame.

A l’inverse, que ce soit le Pays de Galles, l’Islande, la Hongrie, ou les deux Irlandes, tous ces pays découvriront l’ambiance de la phase à élimination directe. Mention spéciale aux Gallois qui terminent premiers de leur groupe, au nez et à la barbe du voisin honni anglais. Loin du football assez sommaire proposé en qualifications, leur fougue semble avoir libéré les partenaires d’un porte-étendard de cette réussite, avec 3 buts et une activité impressionnante.

Pour les autres, ce sont autant leur combativité sur le terrain, à l’image de l’Islande, véritable sensation depuis la phase de qualifications débutée il y a deux ans, que le soutien et la sympathie de leurs supporters que l’on retiendra. Mal parti en raison des violences entre hooligans anglais et russes à Marseille et à Lille, le tournoi permet d’exposer une autre toute image des supporters, en particulier des Irlandais, vraie bouffée de fraîcheur, autant ceux du Nord que ceux de la grande Irlande.

Un chant restera dans la mémoire collective comme l’hymne de cet Euro, qui plus est pour un joueur qui n’y a pas toujours joué une minute.

Voilà pour cette première moitié d’Euro ! Abstinence pendant deux jours, mais on espère un sursaut dès samedi, car malgré les surprises, l’enflammade sur la dernière journée, la moyenne de buts n’atteint même pas les 2 (1,92). La Ligue 1 hanterait-t-elle nos stades ?