Les 4 grands enseignements de cet Euro 2016

Comme lors de chaque tournoi majeur, nous avons observé des tendances nouvelles, qui pourraient écrire les contours de la prochaine saison. A moins que ça ne soit qu’un feu de paille, le football international étant sur le court terme (7 matches pour aller au bout) quand le football des clubs repose sur le long terme.

On n’a par exemple pas vu les défenses à 3 se multiplier après la dernière Coupe du monde, pourtant mises en avant au Brésil. Mais au cas où, on vous livre nos principales observations !

Plus de juste milieu

Autrefois, on mettait le numéro 10 au centre du jeu. Puis, parce que le jeu allait trop vite devant, le cerveau de l’équipe est descendu, avec l’avènement du regista. Le dépositaire du jeu n’était plus un milieu offensif, mais bien un joueur juste devant la défense, avec notamment Pirlo, Xabi Alonso ou Carrick. Lors de l’Euro, on est allé encore plus loin puisque la relance est désormais l’apanage du défenseur central, plus encore que tout autre milieu ! Ainsi, on a vu Bonucci, Hummels, Boateng et même Pepe être les premières rampes de lancement de leurs équipes, avec une mention spéciale pour la précision et la justesse des 2 premiers cités. L’Euro a vu les acteurs sauter la case du milieu. Les éliminations dès les huitièmes de finale d’Iniesta et Modric ont confirmé cette tendance.

Le football de possession n’est plus la vérité absolue

L’Espagne et le FC Barcelone ont érigé comme une vérité le fait qu’une forte possession de balle permettait de gagner. La Roja, après le fiasco de 2014, comptait montrer à nouveau sa supériorité technique sur le reste du Vieux Continent. Mais le parcours ibérique s’est arrêté dès les huitièmes de finale, avec un bilan de 2 victoires mais aussi 2 défaites. Dans le même ordre d’idées, on a vu Croatie et Allemagne chuter face au pragmatisme portugais et français. Non, le football de possession n’est pas devenu une hérésie en quelques années. Mais les équipes ne pouvant y prétendre ont appris à mieux le contrer.

Le numéro 9 n’est pas mort

Messi dans l’axe dans une équipe qui dispose de David Villa, Fabregas en pointe alors que Torres est sur le banc : là encore, le FC Barcelone et l’Espagne avaient introduit une nouvelle donnée, avec un numéro 9 qui n’en était pas un. Le but était simple : rendre l’ensemble plus fort collectivement, partant du principe qu’un renard des surfaces pur et dur participe moins au jeu, et dispose d’un profil moins complet. Ainsi, même au pays des bombardiers, on a vu Götze occuper la pointe. Mais l’Euro a réhabilité les attaquants de surface, dont le jeu en pivot et la présence dans la zone de vérité ont fait un bien fou à leurs équipes respectives. Griezmann n’aurait pas eu le même rendement sans Giroud, quand Gomez a énormément manqué à l’Allemagne face à la France. Non, le numéro 9 qui joue en pivot n’est pas devenu plus complet qu’avant. Mais on se rend compte qu’il reste très complémentaire avec les autres, et de ce fait, difficilement dispensable. L’entrée en jeu d’Eder, qui outre son but, a pesé sur la défense française, donne encore un peu plus de poids à cet argument.

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Parfois, il faut savoir foncer

Dans un football toujours plus sophistiqué, on apprécie évidemment les qualités de déplacement de Griezmann, toujours libre et disponible pour ses partenaires, toujours là où ses adversaires directs ne le suivront pas, grâce à son art de l’esquive. Mais dans ce jeu toujours plus aseptisé, on a aimé la spontanéité et la simplicité extrême de joueurs capables de percuter tout droit, tels des poulets sans tête, comme aiment à les surnommer les gens qui ne savent apprécier qu’exclusivement les joueurs raffinés (sans que cela n’ait forcément un lien avec leur qualité technique). Oui, on aime voir les percées primaires d’un Sissoko. Oui, Djibril période Auxerre nous manque… c’est mal ?

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