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J’ai mal à mon Arsenal

Angleterre Arsenal FC

J’ai mal à mon Arsenal

Arsenal a pris une rouste. Encore une. Pour ceux qui ont grandi avec les Gunners des années 2000, c’est douloureux.

Premières passions

7 mars 2017, aux alentours de 23h, Londres. Le panneau d’affichage des scores de l’Emirates Stadium est catégorique. Arsenal 1 – Bayern Munich 5. Les mines, évidemment, sont défaites. Sur l’ensemble des deux matchs de ce 8e de finale de Ligue des Champions, les Gunners ont réussi deux coups de canon, et ont pris dix balles dans le buffet. 10 – 2 au total. Aplatis par la machine bavaroise, les Londoniens ont reçu une leçon de football. 180 minutes de souffrance, d’impuissance et de honte.

On aimerait se dire que c’est un coup de tonnerre, une erreur de parcours, ou un exploit comme nous en réserve parfois le football. Mais non, c’est bien pire que ça : c’est logique.

C’est d’une logique implacable, c’en est presque normal. Voir Arsenal se faire désosser par plus fort que lui est devenu banal. La chose est cruelle. Pour eux, d’abord, mais pour nous, aussi. Nous, ou tout du moins ceux qui, comme moi, aiment Arsenal. Cela peut d’ailleurs paraître étrange, cet attachement à ce club. Moi, je n’ai presque jamais mis les pieds à Londres, encore moins à l’Emirates ou a Highbury. Alors pourquoi ? Certes, c’est quelque chose d’un peu irrationnel –bien que l’irrationnel ait totalement sa place dans le foot– mais quand même.

L’équation est finalement assez simple :
être né au début des années 1990 + aimer le foot = Arsenal

Biberonnée à France 98 et aux vignettes Panini, cette génération s’émerveille devant la naissance de Titi Henry et prend un pied phénoménal avec le but de Wiltord en finale de l’Euro 2000. Deux joueurs d’Arsenal. Wenger a débarqué au club en 1996, et celui que le Evening Standard accueille par un ironique et légendaire « Arsène who ? » ferme vite un paquet de bouches et transforme l’équipe en machine à gagner, avec un bon accent français : Petit, Vieira, Pirès, et Wiltord et Henry donc. Pour un gosse de l’époque, la classe ultime est de taper dans un ballon avec un maillot d’Arsenal sur le dos, floqué Dreamcast ou Sega. L’attachement est sincère, les Gunners font rêver, avec en point d’orgue ce titre en 2004 raflé sans aucune défaite au compteur. Sur le terrain, on voit une bande de potes, ce sont des mecs sympas, à n’en pas douter, on aime Freddy Ljungberg et Dennis Bergkamp the unflying Dutchman. On les aime, vraiment. Cette équipe d’Arsenal, c’est un peu la revanche des gentils sur le football.

Les gentils loosers

Et puis justement, cette étiquette de gentil va commencer à leur coller un peu trop à la peau. On sent le vent tourner en 2006, avec cette finale de Ligue des Champions perdue contre le Barça à Paris. Un passage de témoin qui s’amorce. Les gentils commencent à perdre. A se faire humilier. En 2009, après une demi-finale de Ligue des Champions perdue contre Manchester United, Patrice Evra balance une saillie restée célèbre : « c’était onze hommes contre onze enfants ». Onze enfants, et des milliers d’autres qui avaient grandi avec les exploits des Gunners, qui commencent à désespérer.

Les bons joueurs fuient le club les uns après les autres, sans être vraiment remplacés. L’argent commence à couler à flots en Angleterre. Des équipes comme City ou Chelsea se construisent à grands coups de millions, et commencent à écraser la concurrence. Avec ses Blues, Mourinho produit un jeu cynique au possible. Mais Wenger reste fidèle à ses principes, droit dans ses bottes.

Finances saines, confiance aux jeunes, et l’envie de balancer du jeu, toujours.

On ne pourra pas lui enlever ça. Stick to it Arsène ! Et nous, on se dit que ça serait beau si Arsenal y arrivait, ça ferait une belle morale à l’histoire, même si de temps en temps on aimerait aussi mettre une claque à l’entraîneur alsacien. Et le pire, c’est que ça marche presque. Arsenal n’est jamais éjecté du Big Four. Mais il manque toujours quelque chose, ce petit truc qui fait gagner. L’an dernier, on y a cru, mais Leicester, venu de nulle part, l’a emporté. On serait presque tenté de parler de poisse.

Amour et trahison

Alors certes, on peut se consoler avec quelques FA Cups, mais il faut se le dire ; Arsenal est devenu un club de perdants. Chaque année nous en donne la confirmation, et l’occasion de mesurer l’écart qui s’est creusé entre eux et les top clubs européens, comme le Bayern. Les voir comme ça nous fait souffrir, nous qui avons l’impression d’avoir grandi avec eux, d’avoir toujours été là. D’un côté on se sent trahis, de l’autre on ne peut pas s’empêcher d’avoir pitié d’eux.

Et pourtant, on continue d’y croire, saison après saison. A se dire que cette fois, ça y est, c’est la bonne. On regarde Arsenal comme cette ex dont on se dit qu’elle va revenir, qu’au fond elle n’a pas changé. C’est assez cruel et douloureux, mais on sait que, quand même, on a passé de sacrés bons moments.

Supporter de Bordeaux, même depuis le départ de Cheick Diabaté, je reste avant tout amateur de beau jeu où qu'il se trouve. Comme tous les joueurs de district, je suis persuadé d'avoir été à deux doigts de passer pro, mais que je n'ai pas eu de chance.

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