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Récit d’un week-end à Berlin au milieu de socios et tifosi

Ligue des Champions

Récit d’un week-end à Berlin au milieu de socios et tifosi

Quand j’ai reçu cette invitation de Nissan à assister à la finale de la Ligue des Champions à Berlin entre la Juventus et le Barça, j’étais partagé. D’un côté, je me disais que ça y est, l’aventure était encore au rendez-vous près d’un an après mon périple de 3 semaines au Brésil. D’un autre, je me demandais comment j’allais pouvoir profiter de cet événement en ne supportant aucune des deux équipes. Sur ce dernier point, j’avais tout faux.

Je dis que je ne supporte ni la Juventus ni le Barça, mais cela n’a rien d’insultant. J’ai toujours reconnu l’impact sportif de cette fabuleuse génération barcelonaise ou le charisme d’une Juventus éternelle. C’est juste que mon vécu dans le foot m’a éloigné de ces deux équipes avec un Barça trop facile et la relation tendue que le football français entretient avec son voisin transalpin.

Bref, dès le trajet en avion, le week-end s’organise. Je comprends rapidement que le reste de l’avion n’est pas là par hasard et affiche déjà ses couleurs en vue du match le lendemain. Ce qui m’a impressionné à Berlin, c’est cette vague blaugrana. Les Espagnols ont déferlé en nombre sur la capitale allemande pour lui faire prendre des teintes rouge et jaune. Une vraie auberge espagnole à grande échelle. Déjà cosmopolite, Berlin devient le centre de l’attention de toute l’Europe le temps de ce week-end. Les Italiens sont eux moins expressifs mais sont quand même nombreux à avoir fait le déplacement. Les regards se croisent dans les rues. Ca bombe le torse fièrement comme pour exposer son palmarès à son voisin. H-24.

Le jour de la finale, je me souviens surtout de la chaleur étouffante de Berlin. Le matin, j’ai profité d’un lever aux aurores pour aller faire un tour dans la boutique de l’Union Berlin, ce club de Bundesliga 2 à l’empreinte sociétale si importante, qui vient combler le vide abyssal du football berlinois. Rien à voir avec un match de Ligue des Champions mais ce retour plus terre-à-terre fait du bien à quelques heures de m’asseoir au milieu des 75 000 personnes du stade olympique de Berlin.

En route pour le stade, on accompagne des marées humaines en direction de l’ouest de Berlin. Maintenant que je peux comparer, je dirais qu’une finale de Ligue des Champions a l’avantage de drainer un flux de supporters des deux clubs, là où la Coupe du monde accueille des supporters de pays qui ne sont pas forcément sur le terrain.

Sur le parvis de l’Olympiastadion, les Catalans sont déjà à la fête. Nissan remporte largement l’animation de cette fan zone avec ses Juke toutes fenêtres ouvertes qui laissent des baffles cracher des décibels de musique entraînante. C’est marquant, pratiquement tous les supporters ont déjà le prochain maillot de Barcelone à bandes horizontales, alors que je croyais que son accueil serait compliqué chez des supporters conservateurs comme eux. Il est toujours bon de s’imprégner de cette euphorie collective qui est celle d’un match de football à enjeu. Tout le monde a quelque chose à dire à son voisin rencontré sur place, même si celui-ci vient de l’autre côté de l’Europe. Je me rappelle m’être fait toute la soirée cette remarque : « je comprends pourquoi on dit que le football est l’opium du peuple« . Plus rien d’autre ne comptait. Dans 90 minutes, nous allions connaître le prochain champion d’Europe.

L’entrée dans le stade est toujours un moment magique, voire solennel. De plus, le soleil était couchant. J’adore ce stade de Berlin, avec son virage non fermé qui laisse le soleil frapper la pelouse. Il me rappelle le stade de Salvador pour un mémorable France/Suisse en 2014. Le match commence dans 30 minutes, et pourtant les blaugranas font un bruit assourdissant et sautent de partout, à tel point que je n’arrive pas à différencier un supporter d’un autre au milieu de toutes ces écharpes. Côté Turinois, c’est bien plus réservé. On comprend pourquoi les Italiens vivent presque religieusement le football.

Dès l’énoncé des équipes, les applaudissements redoublent. Je ne m’entends même plus penser. Messi en évidemment en tête à l’applaudimètre, tout comme le reste du trio MSN. A la Juve, Buffon et Pirlo sont au dessus. Et cette hymne de la Ligue des Champions… si nous devions choisir une hymne international pour la paix dans le monde, il me semble évident qu’on pencherait pour cette musique.

Une fois le match commencé, j’ai tout de suite été marqué par cette différence de perception qu’on peut avoir entre « regarder un match à la télé » et « venir au stade » (combien de fois ai-je pu entendre mes collègues footophobes me dire qu’il est inutile de se déplacer alors que le match est télévisé…). C’est simple : il se dégageait une telle intensité qu’on avait l’impression de ne pas voir des joueurs sur le terrains mais pratiquement des demi-dieux. Chaque contrôle, chaque appel ou chaque passe étaient d’un niveau éblouissant et renvoyait une puissance difficilement explicable. Je me souviens d’une accélération de Carlos Tevez. Nous nous sommes regardés avec mon voisin de chez Nissan. Nous n’arrivions pas à expliquer de tels appuis et une vitesse d’exécution qui défiaient la physique.

Je restais aussi à longuement contempler les « off » d’un match. Ces petits moments que tu ne vois jamais à la télé : le comportement d’un banc de joueurs à quelques minutes de la victoire (et l’entraineur qui met sa montre sous le nez de l’arbitre assistant !), les remplaçants des deux équipes qui s’entrainent côte-à-côte, etc. Je me souviens d’un Llorente peu assidu dans son échauffement tellement il s’arrêtait à chaque demi-occasion :)

Récit d'un week-end à Berlin au milieu de socios et tifosi

Les Barcelonnais soulèvent la Coupe aux grandes oreilles, sous l’œil de sa réplique géante dans le virage de l’Olympiastadion

Si le résultat final n’a rien d’étonnant, il a le mérite d’avoir laissé planer le doute un maximum de temps. Assez en tout cas pour que le virage turinois sorte de son silence initié dès la 4e minute par Rakitic. Et même au-delà du match, je pourrai dire que j’ai vu le dernier match de sous le maillot du Barça. Son entrée à la place d’Iniesta était tellement empreinte d’émotion…

Récit d'un week-end à Berlin au milieu de socios et tifosi

Tout le stade, autant bianconero que blaugrana, a applaudi. Idem pour la remise du trophée, quand Pirlo a été chaleureusement applaudit par les supporters du Barça pour l’ensemble de sa carrière… ou que a été scandé par ce même virage ! Un signe pour le mercato ?

 

Pendant ces 3 jours, je me suis rappelé pourquoi je m’étais mis à aimer le football voilà près de 20 ans. Il ne s’agit pas de supporter une équipe mais plutôt de supporter un moment, celui qui rend cette compétition unique. A la limite, le score final n’a que peu d’importance, tant que le fan de football vit des émotions qui l’emmènent là où aucun autre sport ne peut le faire. L’impression de vivre des moments uniques.

Récit d'un week-end à Berlin au milieu de socios et tifosiJe tiens à remercier sincèrement Nissan qui, grâce à des projets et des personnes passionnés, est parvenu à me faire vivre ce genre de week-end idéal comme rêve chaque fan de football.

Sébastien est plongé depuis plus de 20 ans dans le football, à tel point qu’il est devenu arbitre de football. Débarqué sur Panam' avec les prétentions d'un Pancrate, il préfère maintenant cracher son venin sur son blog. Vous êtes dessus !

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