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Récap Ligue des champions #12 : Salah étincelant, le réalisme de Madrid

Ligue des Champions

Récap Ligue des champions #12 : Salah étincelant, le réalisme de Madrid

On peut résumer les demi-finales de Ligue des champions par deux maximes : « Le football se joue à onze, et à la fin, c’est toujours Zidane qui gagne » et « You’ll never walk alone ».

Salah, l’émerveillement perpétuel

En football, il est plus difficile de distinguer un joueur dans un match qu’en basketball par exemple, où il n’y a que 5 joueurs par équipe. En résumé, aucune équipe n’est aussi dépendante d’un seul élément comme peut l’être Cleveland de LeBron James. Pourtant, même quelqu’un qui n’y connait rien aurait pu souligner la performance XXL de Salah face à la Roma. L’Egyptien a livré un match sublime, se battant comme un diable sur chaque long ballon qu’on lui a envoyé, jouant des épaules quand il fallait et sublimant ses occasions par une finition majestueuse.

Son premier but est un chef d’oeuvre de contrôle : l’attaquant de Liverpool sait parfaitement ce qu’il fait lorsqu’il profite du marquage large et nettoie la lucarne d’Alisson, logiquement impuissant. Son second but est à son image : une déviation intelligente, une action qu’il suit bien par un appel tranchant, et une finition d’une balle piquée qui caractérise le sang-froid nouveau de l’Egyptien dans le dernier geste. Collectif, il partage son triomphe par 2 passes décisives, où son coéquipier n’a plus qu’à pousser la balle au fond. Le niveau de jeu de Salah est inifiniment plus élevé qu’il ne l’était à Rome, où nous l’avions déjà élu recrue de la saison 15/16. Inutile de préciser qu’il est déjà la recrue de l’année en Europe cette saison.

Le Real Madrid italien de Zidane

Il y a des choses immuables dans la vie. Parmi elles, pour les Italiens, il y a le fait que la Juventus gagne toujours, même quand elle joue mal, même quand son adversaire la malmène, même quand on pense qu’elle ne le « mérite » pas, une notion à prendre avec des pincettes dans le sport de haut niveau. Cette donnée, Zidane, qui a passé un long moment en tant que joueur dans le Piémont, a réussi à la transposer à son Real Madrid. Même mis à mal, son équipe plie mais ne rompt pas, et finit toujours par s’en sortir. On l’a vu hier soir.

Le Bayern Munich, qu’on connait impitoyable, n’a pas réussi à concrétiser sa domination et ses nombreuses occasions face à la solidarité madrilène. A contrario, le Real a marqué presque par hasard, grâce au talent individuel de ses joueurs plus qu’à la suite de mouvements collectifs huilés. Ainsi, a profité d’un moment de flottement de la défense allemande pour marquer et ainsi limiter la casse avant la pause. En seconde période, c’est Asensio et Vazquez qui profitent d’une mauvaise relance de Rafinha pour crucifier le champion d’Allemagne et s’offrir une option pour la finale. Alors non, le Real n’a pas été flamboyant. Mais il est devenu tellement réaliste, tellement cynique, qu’il n’a plus besoin de l’être pour gagner. Et quand il l’est, c’est encore plus fort.

On a vu

  • L‘UEFA a voulu tenter d’être plus proche du peuple, avec un arbitre de touche qui dispose apparemment du même drapeau foireux que ceux qui officient le dimanche dans les ligues amateurs. Pas très sérieux en Ligue des champions.
  • Buteur, Mané a quand même été un peu fâché avec sa finition. Cela fait 2 passes décisives de moins pour Firmino, qui garde de belles stats.
  • Firmino a justement été excellent. Bien que ça ne soit probablement pas ce qu’il recherche, il va peut-être enfin obtenir la reconnaissance qu’il mérite auprès du grand public.

  • Klopp est béni des dieux : il perd un joueur sur blessure, et son remplaçant Wijnaldum montre un niveau de jeu presque inespéré. Non pas que le Néerlandais ne soit pas excellent, mais il a brillé dans un registre un peu différent de ce qu’il fait habituellement.
  • Que le score soit nul et vierge ou qu’il perde de 5 buts, Nainggolan se bat avec la même hargne de ninja

  • Liverpool a pris 2 buts quand Salah est sorti. Simple hasard ? Pas sûr, tant l’Egyptien est précieux dans la conservation du ballon, et permet au bloc de rester haut.
  • Quel âge a Ribéry ? Certainement pas 35 ans, si on en croit son match face au Real Madrid. Virevoltant comme en 2012-13, le Français a posé beaucoup de problèmes au double champion en titre.

  • Il faut croire que Deschamps a donné l’adresse de son marabout à Zidane : le Bayern a perdu Robben et Boateng sur blessure dès la première période. Autant dire que le Real avait les éléments qui allaient dans son sens.
  • Varane a encore été serein en Ligue des champions cette saison, comme à chaque match cette saison sur la scène européenne, exception faite du match retour contre la Juventus. Est-ce qu’il brille plus avec Ramos ? C’est une certitude. A voir s’il peut atteindre le même niveau sans l’Espagnol à ses côtés.

  • Heureusement qu’on ne le juge pas sur cet unique match, auquel cas Lewandowski aurait bien du mal à convaincre le Real Madrid de mettre le paquet pour le recruter. Le Polonais, habituellement si fort, n’a pas brillé.
  • On dit que le poste de numéro 10 est en voie de disparition. Pourtant, James est un régal pour les yeux. Toujours entre les lignes, une qualité de passe formidable, aucune touche de balle superflue : le Colombien n’a pas réussi à Madrid, mais on est ravis de le voir exprimer ses qualités à Munich.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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