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Equipementiers : les clubs de caractère rentrent dans le rang

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Equipementiers : les clubs de caractère rentrent dans le rang

Nous sommes au début des années 2000. Les clubs à forte identité se sentent obligés de se démarquer. Après le recrutement exclusif de joueurs locaux, les espagnols se mettent à fabriquer eux-mêmes leurs maillots, avec des marques créées pour l’occasion. En 2011, pratiquement aucun club ne joue les hors-la-loi. Analyse d’une pétard mouillé avec le Betis Seville.

Si en France les équipementiers se comptent sur les doigts de pieds d’un cul de jatte (Le Coq Sportif, … ?), en Espagne, la situation est différente. Les grandes multinationales Adidas et Nike se voient damer le pion par des marques ultra locales comme Joma et Rasàn.

En 2001 cependant, le plus basque des clubs espagnols a innové en sortant un maillot fabriqué par 100% Athletic qui fut – on vous le donne en mille – dédié à l’Athletic Bilbao. S’en suivent Almeria, Majorque (Reial) et le Betis Seville (RBB). Les sociétés sont crées à partir de rien et, si elles ne sont pas officiellement rattachées aux clubs, sont leurs fournisseurs exclusifs d’équipements.

En 2011, rares sont les clubs de Liga à jouer les originaux. La crise est passée par là et les clubs sont à l’affut de tous les moyens de renflouer leurs caisses, faisant passer leur balance annuelle devant leur personnalité. Les supporters, qui ont à l’origine très vite accepté un démarquage culturel, ont aussi très vite déchanté.

Ainsi, parmi les critiques émises, notamment par les supporters du Betis :

– un maillot vendu autant (voire plus cher) qu’une grande marque comme Adidas et Nike
Un maillot RBB du Betis 2011/12 se vend par exemple 55€

– des points de vente moins nombreux
Le Betis Seville est le 6ème club d’Espagne en nombre de supporters mais il n’existe que 60 points de vente du maillot RBB du club en Espagne alors qu’il était prévu d’utiliser le réseau de distribution de Kappa à l’origine. Autant dire rien ou pas grand chose, comparé aux 400 points de vente du FC Barcelone.

– des choix de matériaux plus que douteux
Si les supporters du Betis sont fanatiques, ils restent quand même attachés à des couleurs qu’ils ont du mal à accepter en 2009, lors de la création du maillot RBB du club. Avec une coupe ample, le maillot extérieur orange n’avait alors encore jamais été présenté dans l’histoire du club. Bilan : manifestation des supporters devant le siège. Pour info, le maillot RBB est pourtant fabriqué dans la même usine que … Kappa, leur ancien équipementier.

– des économies de production inexistantes
Annoncée comme économiquement avantageuse par les dirigeants à la signature des contrats, la production interne de maillots s’est avérée être un gouffre financier pour les clubs. Derrière les marques associées aux clubs se trouvent parfois des sociétés annexes qui dictent leurs lois.

Le nouveau président du Betis Seville, Gordillo, proclamé par les supporters fin 2010 suite au règne despotique de Lopera (qui a même nommé le stade à son nom), a essayé tant bien que mal de revenir à un équipementier populaire et se passer ainsi de Green Sport avec qui il était en conflit ouvert.

Le choix d’aller voir ailleurs ayant été pris en janvier 2011, il était alors trop tard pour renégocier un contrat avec Nike ou Adidas. Le président précédent avait scellé un contrat jusqu’en 2012 avec RBB qui prévoyait de fortes indemnisations en cas de rupture. Ainsi, le Betis est reparti un an de plus avec RBB. Plan foireux ?

La justice espagnol s’est penchée sur le cas du Betis Seville, de la création de RBB et de Lopera, instigateur de cet équipementier au moins aussi obscure que lui. Elle lui reproche aussi des travaux de stade non terminés, des salaires de joueurs farfelus, … 60 000 socios voulaient sa peau en 2009. Ils leur restent un maillot.

Equipementiers : les clubs de caractère rentrent dans le rang

Le logo du RBB avait fait scandale, ressemblant comme 2 gouttes d’eau à la Beckham Academy

Lors du Noel 2010, le maillot RBB du Betis Seville était pratiquement introuvable. 200 boites ont tout de même été retrouvées chez l’ancien président, Manuel Ruiz de Lopera.

Sébastien est plongé depuis plus de 20 ans dans le football, à tel point qu’il est devenu arbitre de football. Débarqué sur Panam' avec les prétentions d'un Pancrate, il préfère maintenant cracher son venin sur son blog. Vous êtes dessus !

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