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Les Bleus, Thibaud Leplat en fait tout une histoire

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Les Bleus, Thibaud Leplat en fait tout une histoire

Dans Les Bleus, c’est nous (Solar) le journaliste Thibaud Leplat raconte plus d’un siècle d’Equipe de France de football.

La naissance du maillot bleu, la participation à la première Coupe du Monde, l’importance de la sélection sur le moral de la patrie, le dur métier de sélectioneur… le journaliste et écrivain Thibaud Leplat (souvenez-vous notamment de son essai sur Guardiola) utilise une approche historique pour mesurer l’influence de nos footballeurs tricolores sur le peuple français. Ce qui pourrait sembler rébarbatif est heureusement transcendé par une écriture poétique où l’on ressent les émotions procurées par le football. Les Bleus, c’est nous est vraiment un très beau livre, qu’on pourrait presque qualifier de livre d’art (240 pages en 24×32 cm) à l’échelle des écrits footballistiques.

Pour un ouvrage qui balaie plus de cent ans d’histoire tricolore, on aurait pu craindre une simple évolution chronologique, même si la première partie historique et « documentaire » transpire moins l’émotion que les matchs vécus ou revus par le journaliste. Le choix d’aborder les événements par thématique rend la lecture plus originale et pertinente, dans une approche bienveillante qui ne se focalise pas sur les polémiques. Ce livre parle à plusieurs générations à l’image du chapitre intitulé « le sauveur » qui revient sur des légendes du foot français: Kopa le dribbleur, Platini le tireur de coup-franc et Zidane le divin.

L’auteur revient évidemment sur quelques dates marquantes, glorieuses ou malheureuses, des Bleus. En voici quelques citations pour vous faire apprécier le style de Thibaud Leplat :

Coupe du Monde 1958 en Suède : « La France n’était pas championne du monde, mais elle avait séduit le monde. Ce qui, en 1958, était beaucoup plus difficile. Il faut lire les compte rendus de l’époque pour mesurer l’euphorie que ce succès suscita. Avec 23 buts marqués et 15 encaissés, la France avait trouvé beaucoup plus que la reconnaissance internationale, elle s’était trouvé un style. Celui du Reims de Batteux ».
Photo Kopa&co.

L’arbitre de France-RFA 82 : « C’est à Corver, l’arbitre aveugle de France-RFA 1982, que l’on devait notre éliminatin en demi-finale du Mondial à Séville. Mais c’est aussi à Corver que l’on dut la perfection dramatique du plus grand match de notre histoire. Séville fut un chef-d’œuvre d’injustice, la démonstration d’un arbitrage parfaitement scandaleux ».

France – Bulgarie 1993 : « Depuis ce jour d’élimination dans le dernier soupir, j’ai cessé de moquer les hommes qui se peignent le visage en bleu, ceux qui dessinent des coqs sur la joue de leurs enfants, qui se lèvent cinq minutes après le coup d’envoi pour entamer la première ola, qui partent avant la fin. Je ne ricane plus depuis que, le 17 novembre 1993, je pris ma tête entre mes mains et que, prostré sur mon siège en plastique rouge, je sentis mon père m’attraper délicatement le bras et me consoler pudiquement ».

La liesse de France 98 : « Nos grands-parents avaient eu la libération de Paris pour s’aimer et nos parents Mai 68 pour se défouler. (…). Jamais un tel match de football ne saurait se montrer digne de tels événements historiques. Heureusement d’ailleurs. (…). Une joie collective sans fondement historique et sans aucune transcendance politique, voilà ce qu’on était venus célébrer. C’est l’unique privilège de notre génération ».

La panenka de Zizou en finale de la Coupe du monde 2006 : « Ce jour là devant Buffon, il faudra le dire aux générations suivantes, on vit, en un seul coup de pied tapé à onze mètres de la ligne de but, à la fois le gouffre et le sommet qui composent un tel match (…). Il n’est pas une fois où, au moment de nous remémorer cette finale de Coupe du monde, imaginant les motifs secrets de cette décision, nous ne mesurons pas encore la solitude de cet homme qui, quelques secondes avant de taper le ballon, avait été le seul à savoir ce qui arriverait (….). Que se serait-il passé si le ballon, après avoir tapé la barre transversale n’avait pas rebondi du bon côté de la ligne de but ? »

Pour sa dimension historique, une écriture poétique et des photos splendides, ce livre a tout pour être le cadeau de Noël de référence pour les amoureux nostalgiques de l’Equipe de France et ceux qui ne demandent qu’à le devenir.

Passionné de football, j'adore analyser et décortiquer le milieu du ballon rond (stratégie des clubs, tactiques des entraîneurs, performances des joueurs...) en essayant d'apporter un regard décalé et en provocant le débat.

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