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Buenos Aires : Football Passion

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Buenos Aires : Football Passion

Le football à Buenos Aires comme vous ne l’avez jamais vu ! Sebastian Frej, photoreporter polonais basé à Londres nous livre un regard passionné sur les supporters des différents (mais très nombreux clubs de Buenos Aires).

Le résultat est un imposant livre, fait uniquement de photos, de 259 pages (et encore plus de photos), sans légende, mais les photos parlent d’elles-mêmes. On y ressent le culte que la capitale argentine voue au football. Nous l’avons interrogé pour PKFoot.

  Buenos Aires : Football Passion

Tout d’abord, peux-tu te présenter et nous dire quel est ton travail autour du football et comment tu en es venu à faire un travail photographique si imposant autour du foot à Buenos Aires ?

Sebastian Frej : Je suis un photographe freelance, basé à Londres et qui travaille avec le club de Crystal Palace et d’autres clients dans le foot et le sport.

Quant à Buenos aires, depuis que j’ai vu, tout petit, à la télé, tous les maillots, les tifos et papelitos lancé par les supporters à Buenos Aires, je rêve d’aller voir ça de mes propres yeux.

Comment es-tu passé à l’acte et as-tu pensé à en faire un livre de photographies ? Combien de temps et de voyage ça t’as pris de réunir toutes les photos nécessaires ?

J’ai commencé en 2012 au cours du 1er de mes 4 voyages à Buenos Aires. J’ai assisté à une cinquantaine de matchs pour réunir tout le matériel. D’ailleurs la liste des matchs auxquels j’ai assisté est à la fin livre. Du 1er séjour je n’ai qu’une seule photo, c’était surtout pour reconnaitre le terrain pour ensuite y revenir équiper.

Comment tu t’es organisé sur place ? As-tu eu des contacts avec les barras bravas des clubs que tu as photographié ? As-tu eu des problèmes ces barras bravas (qui ont souvent une mauvaise réputation liée à la violence) ? Comment ont-ils réagi à ton projet et tes photos ?

Les deux premiers voyages j’ai réalisé des photos uniquement depuis les tribunes, puis les deux derniers, j’ai obtenu l’accréditions de le part de l’agence argentine des photoreporters, donc j’ai pu filmer du bord du terrain.

Je n’ai contacté aucun des groupes de supporters. En faisant ça je ne voulais pas attirer l’attention vu que la plupart des supporters en Argentine sont très liés et amis des photographes. Je ne voulais pas être influencé.

Il y a bien sûr les Barras Bravas avec lesquels il faut faire très attention et il ne faut surtout qu’il te chope en train de les photographier.

Je n’ai pas eu de problème majeur au stade. Une fois, j’ai vécu une situation très critique aux abords du stade du club San Telmo, mais ce n’est un jour de match. Heureusement tout s’est bien terminé et j’ai réussi à fuir. Ah, et aussi au stade de San Lorenzo, où j’ai pris des photos depuis les tribunes et où mon appareil photo a bien plus à quelques supporters et j’ai dû jouer au chat et à la souris avec eux.

Mais en général un photoreporter se trimballe avec une grosse valise sur roue pleine de matériel et il doit toujours faire très attention.

La couverture du livre est comme un fantôme avec la photo d’un supporter âgé qui semble regarder l’horizon (alors qu’il doit surement regarder son équipe jouer) avec en fond un très jeune supporter, comme dans l’ombre du vieux monsieur. J’interprèterai ça comme une certaine nostalgie de ta part, en voulant dire que nous sommes en train de perdre cette passion pour le foot, principalement en Europe. Etait-ce ton idée avec cette couverture?

Je suis content que tu m’aies demandé ça, cela démontre ta sensibilité. En effet oui, il y a de la nostalgie mais aussi le temps qui passe dans cette photo. C’est souvent les mêmes personnes qui regardaient le match de leur équipe étant enfant et qui maintenant continuent à la même place 60 ou 70 ans plus tard.

Quelle est la photo dont tu es le plus fier ? Quels supporters t’ont le plus impressionné ? Es-tu tombé amoureux de certains groupes de supporters ?

Vraiment, tous les supporters m’ont impressionné, il y en a pas qui se dégagent vraiment.

Concernant les photos, j’aime celle de la couverture, mais aussi deux photos (p.48 et 49) où l’on voit le portrait d’un supporter d’Huracan, puis sur la deuxième on le voit de dos sur une chaise roulante, accompagné de celle que l’on imagine être sa copine.

Et concernant la photo de la 4ème de couverture, se cache une histoire amusante. La veille du match j’avais connu à l’hôtel le joueur sur la photo (Gervasio Núñez qui a joué une saison au Wisła Krakow en Pologne). Et quand il est allé tirer le corner, il m’a vu et a été très surpris et il a commencé à rigoler parce que le gars qu’il avait connu la veille à l’hôtel était assis là, à un mètre du poteau de corner en train de le prendre en photo.

Quels sont tes prochains projets liés au foot ? Penses-tu aller voir d’autres supporters, en Amérique Latine ou ailleurs dans le monde ? Penses-tu pouvoir réaliser un travail similaire en Europe?

J’ai pas mal d’idées mais je ne sais pas encore ce qui va se concrétiser ou pas. Ce livre, « Buenos Aires : Football Passion » je l’ai entièrement  financé tout seul. C’est d’ailleurs très dur au moment lors de la dernière étape, pour trouver et négocier l’impression et la distribution. Les grandes sociétés demandent jusqu’à 70% du prix de vente (qu’ils aillent se faire voir !). Et je n’ai pas d’accès direct à tous les petits libraires, il y a donc beaucoup de travail. Je cherche d’ailleurs des libraires qui veulent bien vendre mon livre en France. A bon entendeur…

Concernant mes envies, je suis fasciné par les métropoles où il y a deux clubs qui se partagent la ville. Pourquoi ne pas aller à Asunción au Paraguay ou à Montevideo en Uruguay. En Europe, il y a beaucoup d’endroits intéressants, donc qui sait ? Peut-être qu’un projet intéressant sortira.

Quel est ton rapport au foot ? Joues-tu ? As-tu joué ? Quel club supportes-tu et quel type de supporter es-tu ?

Je n’ai quasiment jamais joué en club, à part quelques courts épisodes quand j’étais enfant.

Quel type de supporter suis-je ? Je pense assez fidèle. Je ne demande pas d’un club qu’il gagne des trophées chaque saison, je veux seulement que l’équipe ait du caractère et mette du cœur sur la pelouse. En Pologne je supporte le Zagłębie Sosnowiec (actuellement en deuxième division). Jusqu’à mon départ de Pologne il y a 20 ans, j’allais à tous les matchs à domicile et je souvent des déplacements. En Angleterre, en arrivant, je suis tombé amoureux de Crystal Palace, qui se substitue au Zagłębie, vu que je suis plus en Pologne.

A la fin du livre, on peut lire que tu le dédies à ton fils autiste et que les bénéfices iront sur son compte pour qu’il puisse réaliser ses rêves. Ses rêves sont liés au football, comme papa ?

Non, il ne montre pour l’instant pas de réel intérêt pour le foot. Pas encore en tout cas.

Assoiffé de foot depuis tout petit (en fait depuis le penalty raté de Roberto Baggio en finale de la World Cup 94), il se construit sa culture foot à travers ses voyages. Que ce soit par la Pologne, d’où il tire une partie des ses origines, mais surtout après avoir vécu le football en Amérique Latine. Il se passionne pour les passionnés du foot où qu’ils soient dans le monde. Il est président depuis 2012 d’un club de football multiculturel à Marseille.

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