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« Cavani, El Matador », entretien avec Romain Molina

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« Cavani, El Matador », entretien avec Romain Molina

A l’occasion de la sortie du dernier livre de Romain Molina, « El Matador » (tu l’auras compris, parlant d’), on a posé quelques questions à l’auteur pour mieux comprendre ce bouquin et en savoir plus sur le buteur uruguayen. Rencontre avec un passionné nous parlant d’un acharné de football. 

Est-ce que cela a été difficile de convaincre le demi-frère de Cavani, Walter pour ce projet ?

Ah Walter, c’était une aventure ! Tout le monde le décrivait comme un « ours », un peu sauvage, et c’est vrai que de prime abord, on pourrait le croire (ne serait-ce que physiquement). Au début, ça a été compliqué. Il devait imaginer que je voulais faire un livre/biographie comme tant d’autres, alors que non, mon projet était différent, puisqu’il s’agissait d’un livre autour de Cavani et non sur lui. J’ai demandé à des amis de Walter de pousser un peu, puis quand on a parlé plusieurs heures de suite, on a vraiment accroché. Je crois que ça l’a fait marrer quand je lui ai sorti, directement : « Ecoute, je ne suis pas là pour dire que ton frère est un génie, je suis là pour écouter ce que les gens ont à dire. Donc s’ils me disent que c’est un con, je ne trahirai rien. » C’était ça le deal : totale liberté, et il a accepté. C’est même un peu dingue quand j’y pense car je ne l’ai jamais vu et il n’a pas cherché à lire une ligne. C’est un peu « à l’ancienne » comme on dit : quand il te donne sa confiance, elle est aveugle. Par contre, si jamais tu la trahis, c’est fini. J’aime bien ce genre de personnage.

C’était ça le deal : totale liberté, et il a accepté.

Walter est omniprésent dans le livre, à l’image de Cavani sur le terrain. Doit-on voir des similitudes entre eux ?

Quand cinq ou six personnes te disent : « Pour comprendre Edinson, il faut comprendre Walter », bon…. Ils ont connu les deux, les Arturo Del Campo (ancien président de Danubio), Gerardo Vonder Putten ou Emiliano Alfaro, qui ont joué avec les deux. Sans oublier leurs amis de Salto, leur ville de naissance. Dans la manière de concevoir le football et la vie en général, ils ont énormément de similitudes. Walter a toujours été le modèle et même l’idole d’Edinson ; ce sont ses mots. Juste une chose : Walter est bien plus costaud, du genre que s’il te file une droite, tu ne vas pas te relever avant un moment !

Après avoir passé quelques appels, j’ai vu qu’Edinson n’était pas un « boludo » comme on dit en Uruguay, un abruti.

Pourquoi avoir choisi d’écrire un livre sur Cavani ?

Quand on m’a présenté l’idée, j’étais un peu réticent. Encore une biographie, encore le PSG… C’est spécial une biographie, ce n’est pas un style que j’apprécie particulièrement même si celle-là, je l’ai faite à ma sauce et elle n’est pas comparable avec une biographie classique je pense. Donc ce qui m’a motivé, c’est simple. Après avoir passé quelques appels, j’ai vu qu’Edinson n’était pas un « boludo » comme on dit en Uruguay, un abruti. Je ne peux pas me donner autant pour écrire sur quelqu’un n’ayant pas un bon fond, je suis comme ça, je m’investis tellement que non, je ne peux pas. Ensuite, ce qui m’a motivé, c’est de parler de sa génération de la Sub20. Les Gerardo Vonder Putten, Gary Kagelmacher, Federico Laens, « el Picaro » Alfaro (surnom absolument génial, puisque ça peut être traduit par le coquin ou le rusé)… C’est surtout ça qui m’a motivé, et l’Uruguay. Diego Lugano, Sebastian Abreu, Diego Forlan et le cauchemar des jardiniers de Monaco, Diego Perez…

Et Edinson himself, tu as pu échanger avec lui sur ton projet ?

Oui, oui, il y a un entretien à la fin du livre. Entretien fait dans les dernières heures des dernières heures du bouclage, avec Edi m’appelant depuis le Venezuela où il préparait le match des qualifications à la Coupe du Monde. On a parlé une petite heure, tranquillement. Il est bavard quand même, je n’avais pas à le forcer.

Finalement dans toutes les personnes avec qui tu as échangé, qui parle le mieux de Cavani ?

Gustavo Dalto, un de ses formateurs à Danubio. Carlos Coronel, préparateur physique pour jeunes à Danubio. On a parlé 3h30 avec ce dernier, surnommé le « colonel » par certains. On a parlé de tout, sauf de Cavani presque, et c’était presque le meilleur moyen pour le connaître. J’ai choisi volontaire une approche socio-culturelle, en l’occurrence celle de « l’interior », c’est-à-dire tout ce qui n’est pas de Montevideo, capitale regroupant plus de 40% de la population et l’ensemble du football professionnel. Edinson lui-même se définit simplement comme un mec de l’interior, avec les influences que cela peut avoir sur son jeu ; je vous laisse lire l’ouvrage pour voir quoi exactement.

Sinon, je te rajoute Stefano Colantuono, Federico Balzaretti, Morgan De Sanctis, Diego Lugano, Juan Surraco, Bruno Montelongo, Elias Ricardo Figueroa, Gerardo Vonder Putten, Javier Pastore, Nicolas Bertolo, Gustavo Ferrin, Guillermo Giacomazzi… Chacun avait un bout de « son » Edi à raconter, et c’était passionnant.

Cavani – Neymar, à ton avis c’est vraiment compatible sur et en dehors du terrain ?

Sur le terrain, je pense qu’on l’a vu : oui. Ils ont beaucoup à s’apporter, et ils n’ont aucun intérêt à s’opposer dans une lutte de buts, d’égo ou que sais-je. Je trouve que ça va de mieux en mieux, niveau permutations notamment. Reste à régler un peu le jeu en première intention d’Edi, qui fait souvent un appel très rapide dans le vide (même si cet appel pourrait ouvrir une brèche derrière, il est vrai, sauf que dans ce cas précis, c’est rarement le cas ; enfin contre-exemple, son but à Guingamp avec la passe en profondeur de Neymar).

https://twitter.com/ECavaniOfficial/status/933464446025990145

En dehors du terrain, je pense qu’on s’en fout, non ? Chacun a sa vie privée, et il n’est pas compliqué d’imaginer que les deux sont totalement différents. Je vois mal Neymar partir à l’étang de Rambouillet avec ses bottes en caoutchouc et pêcher des poissons chats avec les intendants du club. Pas que ce soit mieux ou moins bien, c’est juste qu’ils ont des personnalités vraiment distinctes, et ça se voit dans leurs goûts en dehors du terrain.

Tu l’imagines comment Cavani après sa carrière ? Toujours dans le monde du foot ?

Dans sa ville de Salto et probablement dans un travail autour de la terre. Peut-être dans l’agriculture même, il a racheté des terres d’ailleurs dans sa région et suit des cours agraires.

Unai Emery, Edinson Cavani, quel va être le prochain visage du PSG à qui tu vas t’attaquer ?

Haha s’il reste cet hiver, potentiellement, tu me verras co-écrire un ouvrage autour de Javier Pastore, mais dans un style distinct. Une personne m’a proposé de co-écrire quelque chose, mais pour le moment on n’a signé nulle part, on va voir s’il reste et s’il y a un éditeur intéressé. Cela dit, on ira au bout du projet, et comme je te le dis, ce sera différent, ce ne sera pas une bio linéaire. Je tiens d’ailleurs à préciser que je bosse aussi sur des projets persos, n’ayant rien à voir avec le PSG ou une biographie. Mais si j’accepte aussi ce projet de co-écriture, c’est avant tout pour la personne me l’ayant demandée, car j’ai un grand respect pour elle, professionnellement et personnellement. C’est vraiment pour ça, pour l’aventure avec cette personne. Le sujet, le livre, le foot, c’est un prétexte pour une expérience à deux.

Né ballon au pied tel Olivier Atton, mais sans son talent footbalistique, j'ai décidé de me consacrer à cette grande religion qu'est le football. Fidèle au poste (de télé) devant la messe chaque dimanche matin à 11h chantant la marseillaise.

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