Coupe de France : 100 ans d’émotions

Dans Coupe de France 1917-2017, le roman du centenaire (Solar), le journaliste Chérif Ghemmour retrace la légende d’une compétition à part.

Elle a 100 ans et pourtant elle demeure toujours nettement plus désirable que sa cadette créée en 1995. La Coupe de France reste une épreuve mythique, dont la légende est racontée ici par le journaliste Chérif Ghemmour. Forcément, en plus d’aimer le foot, il faut s’intéresser un peu à l’histoire pour apprécier le bouquin de 400 pages. L’auteur commence d’ailleurs logiquement en revenant sur les circonstances de la création de l’épreuve en pleine Première guerre mondiale, en 1917.  » Dès la première édition, on observe, tour après tour, des surprises sensationnelles. Des favoris tombent face à des clubs réputés inférieurs (…). On l’appellera bientôt la magie de la Coupe de France« .

Une fois que le décor a été planté, Chérif Ghemmour découpe sa frise chronologique par grandes périodes :

  • 1919-1932 Paris contre la Province ;
  • 1933-1944 le professionnalisme et la guerre ;
  • 1945-1959 l’âge d’or…

A chaque fois, il met en exergue un joueur ou un fait marquant. C’est par exemple le cas de Marceau Somerlinck, défenseur lillois quintuple vainqueur de la Coupe de France dans les années 1950, manquant les deux finales perdues par son club en 1945 et 1949. Comme dans le cas de l’équipe nordiste, le palmarès de la Coupe de France épouse les trajectoires des clubs majeurs de chaque décennie (Reims, puis Saint-Etienne, OM, PSG).

Au-delà de simplement revenir sur l’aspect footballistique, l’auteur rappelle le contexte national, l’importance de la Coupe dans l’opinion comme lorsqu’il raconte l’anecdote de la disparition du trophée gagné par Nantes en 1979 :  » Les auteurs du vol sont en fait des sidérurgistes CFDT de Longwy qui avaient emprunté la coupe pour médiatiser leur combat contre la disparition des hauts-fourneaux de leur commune. Le trophée sera restitué au FC Nantes…« . Autre histoire insolite, en 1980, Monaco, futur vainqueur, était le seul représentant de la D1 dans le dernier carré (face au Paris FC, Orléans et Montpellier).

En 1992, Monaco aurait dû être finaliste, mais la finale prévue le samedi 9 mai n’a jamais eu lieu. Et pour cause, le 5 mai, Bastia recevait l’OM en demi-finale : « Le président bastiais Jean-François Filippi a alors l’idée d’agrandir la capacité de Furiani, qui ne peut abriter que 9 000 personnes. Les dirigeants du club décident ensemble de raser la petite tribune latérale Claude Papi et de la remplacer par une structure métallique (10 000 places) (…). A 16 heures, alors que les premiers supporters s’installent dans le stade, les travaux ne sont toujours pas finis (…). Le match commencera ainsi hors de toute légalité car sans avis valide de la commission de sécurité… (…). A 20h15, la tribune devient de plus en plus instable sous les trépignements frénétiques des fans bastiais. A 20h23, à sept minutes du coup d’envoi, un immense fracas de tempête résonne dans tout le stade… » Le bilan définitif s’établit à 18 décès et 2 357 blessés.

Qui dit Coupe de France, dit aussi belles histoires, fort heureusement. Les épopées de Calais ou Quevilly sont évidemment de la partie, faisant du football un des rares (le seul ?) sports où un petit peut parvenir à déjouer les pronostics en faisant chuter de grandes équipes. Même si, depuis trois ans, le PSG est le tenant du titre, devenant ainsi le recordman de l’épreuve (11 sacres) après sa victoire lors de la centième édition contre Angers. Il n’empêche que si le vainqueur est identique, la Coupe de France demeure la plus belle coupe nationale, avec toujours ce charme supplémentaire que n’aura jamais la Coupe de la ligue (supprimez la). Lisez ce livre si vous en doutez encore.

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