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Critique de « Comment ils nous ont volé le football » ou la mondialisation par le sport

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Critique de « Comment ils nous ont volé le football » ou la mondialisation par le sport

Il n’est un secret pour personne, que depuis quelques années, le monde tend vers le capitalisme, la mondialisation, la libéralisation. D’autres procédés qui visent à enrichir toujours la même partie du monde, la même classe. Dans leur livre, Antoine Dumini et François Ruffin nous expliquent, d’une manière assez simple et abordable, cette mondialisation. Mais cette fois, au niveau du football. « Le ballon, comme un monde en plus petit ».

Années 1980 : le libéralisme des pelouses

« C’est la décennie folle, de l’argent-roi, où toute la société bascule dans le culte du profit. Le football se tape le même délire, avec ses droits télés faramineux, ses présidents escrocs, ses transferts indécents. On s’est habitués à tout ça, depuis ». Voilà comment sont décrites les années 80, ses années où le football commence à rentrer dans une nouvelle ère. L’exemple le plus flagrant de cette hyper-médiatisation est celui de Canal+. Pierre Lescure, alors patron du groupe (groupe dont les objectifs fixés par le pouvoir mitterrandien, avant son lancement, étaient de diffuser des séries éducatives grand public, de se tourner vers des problèmes de culture) prend une toute autre direction. L’argent, comme cause, encore. Car le groupe verra finalement son cours de bourse grimper grâce aux films X et au football. Voilà l'(excellente ?) idée que trouve l’homme d’affaires français pour lancer sa chaîne et accumuler les abonnés. Robert Louis-Dreyfus, le patron d’Adidas et de l’OM, résumera parfaitement la situation dans le journal L’Equipe du 5 mars 1999.

« Seules trois choses amènent des abonnés aux réseaux de télévision payante. Le cinéma, le foot et le porno. Si vous êtes dans ce métier-là, il faut donc en avoir au moins deux ». La chaîne possédait les trois, dont le football. Un sport qu’elle ne cessera, année après année, de mettre en avant, au nom de l’argent et du profit.

Années 1990 : la délocalisation du ballon

« C’est l’époque du Traité de Maastricht, où l’Europe abolit les frontières, où les usines de chaussures, de téléviseurs, d’automobiles se délocalisent. Pour le football aussi, les barrières sont abolies. La Coupe du Monde part à la conquête de nouveaux marchés. Les joueurs sont produits dans les pays du Sud. Et ils circulent d’un club à l’autre en mercenaires, sans patrie ».

L’argent commence à manquer, alors on explore de nouveaux horizons, ou plutôt de nouveaux investisseurs. L’Asie, l’Afrique, l’Amérique de Sud… Autant de continents plein de ressources, tant matérielles que financières. Dans cette mondialisation de masse, surgit alors l’exemple de la « Barclays Premier League ».

« Même en Birmanie, imagine-toi, sous la junte, dans un pays où les taxis sont des calèches, eh bien les gens se réunissent le dimanche, dans les cafés, pour regarder le championnat anglais ! Mieux, ou pire : je suis passé à Malacca, c’est au fin fond de la Malaisie. Là-bas, je suis tombé sur une boutique consacrée à 100% aux produits dérivés de Manchester United : les maillots, les écharpes, les photos ». Un copain de l’auteur lui explique cette histoire. Preuve de cette mondialisation, donc, et de cet export anglais pour gagner toujours plus.

La question que se pose l’auteur est : Que s’est-il passé pour que le football britannique s’exporte au bout du monde ? La réponse est simple, dramatique : deux catastrophes. La première, celle du Heysel, le 29 mai 1985, lors de la finale entre Liverpool et la Juventus. Bilan, 39 morts. La deuxième, à Sheffield, le 15 avril 1989. Bilan : 96 morts. Margaret Thatcher saute sur l’occasion pour moderniser le football anglais. Conséquence, l’élimination des classes populaires, leur éviction des stades. La place passe de 5 livres à 40. De nouveau, l’enrichissement des uns se fait au détriment des autres.

Pour les dockers de Liverpool

Malgré ce penchant capitaliste, il reste tout de même des joueurs qui se révoltent et font entendre la voix du peuple. C’est le cas de , ancien joueur de Liverpool.

Le 20 mars 1997, il est félicité unanimement par le football mondial pour un geste plus qu’honorable. En plein match, il signale qu’il n’y a pas faute sur lui, et donc pas pénalty. L’arbitre ne  revient pas sur sa décision, et décide de le siffler. L’attaquant le tire alors volontairement sur le gardien, qui l’arrête. Son coéquipier, qui traînait par là, la reprend et la met au fond. Pour ce geste, il reçoit le trophée du fair-play de la FIFA. Pourtant, quelques jours plus tard, plus exactement cinq jours, il est taclé pour un tout autre geste. « C’est une règle stricte que le terrain de football n’est pas le bon endroit pour des démonstrations de nature politique ». Voici les mots de la FIFA, qui montrent au monde entier son agacement. Les raisons de celui-ci sont les suivantes. Au printemps 1997, les dockers de Liverpool sont en grève depuis deux ans. Fowler, enfant du pays, exhibera alors un tee-shirt rouge après son but en quart de finales de coupe des coupes, avec l’inscription « 500 dockers de Liverpool congédiés depuis 1995 ». Un geste qui fera couler beaucoup d’encre. Le comité de discipline opte pour une amende de 2000 francs.

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Et c’est à ce moment, qu’intervient encore le business, et l’argent-roi. Plus grave que la politique, c’est le droit des marques qui est en cause. Pourquoi ? Car sur leur maillot, les joueurs ont détourné le logo « cK » de Calvin Klein, pour écrire « DocKers ». Le sponsor menace de porter plainte. Quand l’image est touchée, l’animal se fâche.

P.S : Une pensée pour Antoine Dumini, co-auteur de ce livre, et décédé en 2014, à l’âge de 26 ans.

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Passionné de foot de Paris à Lisbonne en passant par Liverpool, je suis plus doué pour en parler que pour le pratiquer.

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