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Moment d’histoire #3 : 1969, la Guerre du football

Culture

Moment d’histoire #3 : 1969, la Guerre du football

Il y a exactement 50 ans éclatait l’un des derniers conflits majeurs en Amérique latine, la « Guerre de Cent Heures ». En cause notamment : des rivalités sportives entre le Salvador et le Honduras.

Moment d’histoire #3 : 1969, la Guerre du football

Un climat électrique

Juin 1969 : lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1970, deux pays d’Amérique centrale s’affrontent dans un contexte délétère.

Le Salvador, Etat petit mais très densément peuplé, s’oppose au Honduras, qui présente une superficie plus importante et une densité de population sept fois moins élevée que celle de son voisin. Depuis plusieurs décennies, des milliers de paysans pauvres salvadoriens émigrent vers le Honduras pour y trouver des terres cultivables, ce qui provoque la colère des autorités locales. Le général Arellano, au pouvoir depuis 1963, accuse les Salvadoriens de coloniser son pays et ordonne l’expulsion massive des familles ressortissantes. En bref, la fin des années 1960 est marquée par un cycle de haine menaçant la paix dans la région… C’est finalement un match de football qui en scellera le sort.

Jeu dangereux

La rencontre passe par une confrontation aller-retour dont le vainqueur jouera sa qualification pour le Mondial mexicain. Le premier match se déroule à Tegucigalpa (capitale du Honduras), le 8 juin 1969. Perturbés la veille par le tapage des supporters locaux devant leur hôtel, les joueurs salvadoriens s’inclinent 1-0, sur un but inscrit à la dernière minute de jeu. C’en est trop pour Amelia Bolanios, une jeune fan salvadorienne qui se suicide d’une balle dans le cœur ; des funérailles nationales seront organisées par le gouvernement du Salvador.

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Une semaine plus tard, les rôles s’inversent : les Honduriens voient leur premier hôtel brûler puis subissent le même régime de privatisation de sommeil. A domicile, le Salvador l’emporte par 3 buts d’écart et, sur le chemin du retour, deux supporters visiteurs meurent dans des bagarres à la frontière pour rentrer au pays. La règle de la différence de but n’étant pas encore en vigueur à cette époque, les deux équipes se retrouvent à égalité. Une ultime rencontre est donc organisée sur terrain neutre.

Le 26 juin, à Mexico, les deux équipes se rendent coup sur coup sans parvenir à se départager. Au bout de la prolongation, c’est le Salvador qui finit par s’imposer grâce à un but de Martinez. A la sortie du stade, beaucoup de blessés, plusieurs morts et des hôpitaux bondés.

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Un dénouement tragique

Ce match mettra un terme définitif aux relations diplomatiques entre les deux Etats. Le 14 juillet 1969, un avion militaire salvadorien bombarde Tegucigalpa, marquant le début officiel de la guerre. Supérieure en nombre et en équipement, l’armée de terre du Salvador lance une série d’offensives le long de la frontière et contre les îles honduriennes dans le golfe de Fonseca. Le Honduras, lui, bénéficie d’une aviation redoutable qui détruit les dépôts ennemis de munitions et de carburant, ce qui contraint l’armée salvadorienne à l’immobilité. Sous la pression de la communauté internationale, un cessez-le feu est proclamé le 19 juillet. Le conflit n’aura duré que 5 jours, mais il faudra attendre 20 ans pour qu’un véritable traité de paix soit signé entre le Salvador et le Honduras. En tout, la guerre a fait plus de 3000 morts et 15000 blessés.

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Et le foot dans tout ça ?

Interrogeons-nous alors sur le rôle joué par le sport dans le conflit. S’il est aujourd’hui connu en Europe sous le nom de « guerre du football », les Sud-américains préfèrent parler de « guerre de Cent Heures » en référence à sa durée très brève.

Le match Salvador-Honduras a bien sûr eu une incidence sur la situation géopolitique dans la région. Pourtant, avec le contexte de départ, on peut légitimement penser que la guerre était inévitable. Dire qu’un match a déclenché la guerre, ce serait nier toutes les divisions économiques, sociales et ethniques qui préexistaient. Le ballon rond n’a été que le catalyseur de tensions anciennes, dans un continent où le foot est bien plus qu’un sport. Comme toute passion, le football reflète les excès des hommes, pour le meilleur… et pour le pire.

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Les derbys entre les deux équipes restent encore très tendus.

Passionné de foot depuis le Barça version Guardiola. Latéral gauche qui se rêve Jordi Alba ou Maxwell mais garde la vista de Lucas Digne.

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