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Platini : et maintenant, que vais-je faire ?

L'édito décalé

Platini : et maintenant, que vais-je faire ?

Tu pensais avoir connu assez de déboires, Michel. La rudesse d’une époque où les libéraux adverses avaient un Pepe et Khalid Boulahrouz dans chaque orteil. La cruauté du destin quand, par deux fois, la RFA boxait des deux poings les ambitions mondiales de ta génération dorée. L’horreur d’une finale européenne au Heysel où ton but victorieux paru bien dérisoire face à la bêtise « imbécile et meurtrière » de quelques hooligans.

Tu pensais avoir suffisamment marqué l’histoire de ton sport pour n’être cité qu’en tant qu’illustre du football. Joueur de légende, dirigeant émérite, tu défendais sur et en dehors du terrain une certaine idée fantasmée du football, quasi innocente, presque candide. À la tête de l’UEFA durant trois mandats, tu as porté contre vents et marées des réformes d’envergure et d’ouverture et permis, entre autre, à la France de redonner un peu de vigueur à l’amour populaire du ballon rond.

Mais cette affaire de contrat avec Blatter ? Très franchement, on ne sait pas quoi en penser.  Manipulation politique ? Crédulité ? Avidité ? Surement un peu de tout ça.

Quoi qu’il en soit, le mal est fait. Tu es venu remettre ton mandat de président à disposition de l’UEFA ce mercredi à Athènes et dire un au-revoir, à l’arrière goût d’adieu, aux instances du football. Te voilà devant ton ancienne cour, ému, à peine amer car surement résigné. Plutôt que de faire un esclandre, tu as  fait la part belle à ta passion, au fil rouge de ton existence. Tu as clamé que le football était « un jeu avant d’être un produit…un spectacle avant d’être un business » et ton dévouement pour sa cause.  Au bout de ce discours émouvant : des applaudissements respectueux, sans effusion aucune. Le divorce est consommé et, le jour même, l’ancienne dulcinée est déjà recasée.

Alors que ton héritage au sein de l’institution semble plus que jamais en péril, ton avenir dans le football professionnel est, quant à lui, définitivement compromis. Une Arconada partout.

Amateur de tacles à la carotide et de frappes de 45 mètres, penser à Van Bommel me rend aussi nostalgique que venimeux. Pour échanger des une-deux sur un terrain de district, tu peux me retrouver via le piaf bleu juste en dessous.

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